La première gigafactory de batteries d'Afrique entre dans sa phase de mise en service au Maroc. Porté par le chinois Gotion High-Tech, le projet mobilise 1,3 milliard de dollars à Kénitra, avec une capacité initiale annoncée de 20 GWh par an.
Le groupe chinois Gotion High-Tech, spécialisé dans la fabrication de batteries pour véhicules électriques et le stockage d'énergie, a choisi le Maroc pour implanter à Kénitra la première gigafactory de batteries en Afrique, représentant un investissement de 1,3 milliard de dollars pour sa première phase.
La mise en service des équipements, annoncée à partir de la semaine du 20 octobre, ouvre la voie au démarrage progressif de cette unité industrielle.
Implantée dans la zone franche atlantique de Kénitra, l'usine est destinée à produire des cellules de batteries lithium-fer-phosphate (LFP), une technologie utilisée notamment dans les véhicules électriques et les systèmes de stockage d'énergie. La première phase prévoit une capacité annuelle de 20 gigawattheures (GWh), ainsi que la production de matériaux de cathode.
Un chantier lancé en septembre 2025
Le chantier a démarré en septembre 2025. Selon Gotion Power Morocco, la filiale marocaine du groupe, les bâtiments et les infrastructures de l'unité de fabrication de cellules sont désormais achevés, après treize mois de travaux. Plusieurs milliers de conteneurs en provenance de Chine ont été acheminés pour transporter les lignes de production et les équipements industriels.
La mise en service des équipements ne signifie toutefois pas que l'usine fonctionne déjà à pleine capacité. Cette étape doit permettre de tester les installations avant la montée en cadence de la production. Les premières ventes de batteries assemblées sont envisagées d'ici la fin de 2026.
Le projet vise plusieurs marchés, notamment le Maroc, le reste de l'Afrique, l'Europe, le Moyen-Orient et les États-Unis. À terme, le site doit également contribuer au développement d'une filière locale de batteries, au-delà de l'assemblage automobile.
La Banque africaine de développement mobilisée
Le financement du projet bénéficie aussi du soutien de la Banque africaine de développement (BAD), qui a approuvé en juillet 2026 un prêt de 100 millions d'euros en faveur de Gotion Power Morocco. L'institution prévoit également de mobiliser jusqu'à 141 millions d'euros supplémentaires auprès de partenaires financiers.
La BAD présente le projet comme une usine intégrée, allant des matériaux de cathode aux cellules et aux packs de batteries. Dans sa présentation du financement, elle retient une capacité de 10 GWh pour la première phase, avec une extension envisagée à 100 GWh. Cette estimation diffère des 20 GWh annoncés par Gotion pour la capacité initiale de l'unité de cellules.
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Le projet doit favoriser l'intégration industrielle locale. La BAD vise un taux d'intégration de 70 % et prévoit la création de plus de 600 emplois directs dans le cadre de la première phase. De son côté, Gotion Power Morocco indique avoir déjà recruté plus de 400 salariés marocains, dont des ingénieurs, des techniciens et des opérateurs, certains ayant suivi une formation dans les sites du groupe en Chine. À terme, l'entreprise table sur plus de 2 300 emplois directs.
Le projet de Kénitra s'étend également aux matériaux nécessaires à la fabrication des batteries. Le 28 septembre 2026, Gotion High-Tech et PowerCo, la filiale de Volkswagen spécialisée dans les batteries, ont annoncé une coentreprise au Maroc destinée à produire des matériaux actifs de cathode.
Jihen Mkehli
Publié le 19/10/26 14:52




