En Allemagne, une entreprise fait l'objet d'une procédure d'insolvabilité toutes les 19 minutes en moyenne. En juillet dernier, 2.373 procédures ont été enregistrées, un niveau record depuis juillet 2013.
L'Allemagne fait face à une vague de faillites d'entreprises à son plus haut niveau depuis 2013. En juillet 2026, 2.373 procédures d'insolvabilité ont été enregistrées, soit une hausse de 8 % sur un an.
Rapporté à l'ensemble du mois, ce chiffre équivaut statistiquement à une faillite toutes les 19 minutes environ, selon les données publiées le 9 octobre par l'Office fédéral allemand de la statistique (Destatis).
La situation continue de se dégrader pour les entreprises allemandes. En juillet, les tribunaux du pays ont enregistré 2 373 demandes de procédures d'insolvabilité, contre 2.197 au même mois de 2025.
Cette progression de 8 % porte le nombre de procédures enregistrées à son niveau mensuel le plus élevé depuis juillet 2013, lorsque 2 459 cas avaient été recensés.
Le rythme des défaillances reste ainsi soutenu dans la première économie européenne, confrontée à une activité économique fragile et à des difficultés persistantes pour une partie de son tissu productif.
Plus de 15.000 procédures en sept mois
Entre janvier et juillet 2026, les tribunaux allemands ont enregistré 15.185 demandes de procédures d'insolvabilité d'entreprises, soit une hausse de 6,9 % par rapport à la même période de 2025.
Les créances des créanciers associées aux procédures d'insolvabilité enregistrées sur ces sept premiers mois ont atteint environ 21,9 milliards d'euros.
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Ce montant reste inférieur aux 31,8 milliards d'euros relevés un an auparavant, ce qui suggère que les défaillances recensées en 2026 concernent, en moyenne, des entreprises aux engagements financiers moins élevés.
Des secteurs particulièrement exposés
Certains secteurs apparaissent plus vulnérables que d'autres. Sur les sept premiers mois de 2026, le transport et l'entreposage ont affiché le taux d'insolvabilité le plus élevé, avec 86 cas pour 10.000 entreprises.
L'hébergement-restauration suivait avec 70 cas, devant la construction, avec 63 cas pour 10.000 entreprises.
Destatis apporte toutefois que les procédures ne sont comptabilisées dans ses statistiques qu'après une première décision du tribunal compétent. Dans de nombreux cas, la demande d'ouverture de la procédure a été déposée près de trois mois auparavant.
Les données publiées le 9 octobre décrivent donc des procédures enregistrées en juillet, et non nécessairement des demandes déposées durant ce même mois.
Une économie fragilisée par les coûts et le manque de commandes
Derrière cette hausse des faillites, plusieurs facteurs se conjuguent. Après plusieurs années de stagnation et de récession, de nombreuses entreprises allemandes restent fragilisées par le ralentissement de l'activité, la hausse des coûts de l'énergie et des matières premières, ainsi que par une demande insuffisante.
La guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix énergétiques ont en effet accentué ces difficultés en 2026.
La faiblesse des commandes pèse également sur les revenus des entreprises. Selon l'enquête d'automne publiée le 8 octobre 2026 par Creditreform auprès d'environ 1 200 petites et moyennes entreprises, 26,4 % des entreprises interrogées ont signalé une baisse de leurs commandes, contre seulement 20,2 % faisant état d'une progression. La volonté d'investir est, par ailleurs, tombée à son plus bas niveau depuis vingt ans.
À ces difficultés s'ajoute le poids du financement. La faiblesse des revenus et des bénéfices réduit la capacité des entreprises à rembourser leurs emprunts, tandis que le coût du crédit alourdit leurs charges.
Les entreprises disposant de marges financières limitées sont particulièrement exposées lorsque les recettes ne suffisent plus à couvrir les dépenses courantes et les échéances de dette.
Jihen Mkehli
Publié le 12/10/26 10:27




