À fin 2025, l'encours des crédits à l'économie atteint près de 123 milliards de dinars, en hausse de 3,1 % (contre 2,8 % un an plus tôt), selon le rapport de la BCT sur la supervision bancaire.
Cette accélération modeste masque des écarts nets. En effet, le court terme et le secteur public tirent la croissance, tandis que l'investissement privé et l'immobilier des ménages reculent.
Les ménages : l'habitat en recul, la consommation en hausse
L'endettement des particuliers atteint 30,5 milliards de dinars, contre 30,0 milliards à fin 2024, soit une quasi-stagnation (+1,7 %). Leur part dans l'encours total continue de baisser, de 25,2 % à 24,8 %.
La cause principale est le repli des crédits à l'habitat (-1,3 %, à 13,4 milliards de dinars), alors qu'ils progressaient de 1,1 % en 2024. À l'inverse, les crédits à la consommation augmentent de 4,1 %, à 17,2 milliards.
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Les dépenses courantes progressent de 7,9 %, les véhicules de 5 % et la catégorie " autres " de 16,2 %. Les découverts reculent de 1,7 %.
Un autre indicateur du rapport va dans le même sens : la part des nouveaux crédits au logement dans les nouveaux crédits aux particuliers est tombée à 19 % en 2025, contre 22,4 % en 2024.
Répartition de l'encours des crédits accordés aux particuliers par objet de financement
Les entreprises privées : du crédit de trésorerie plus que d'investissement
Au terme de l'année écoulée, les crédits aux professionnels s'établissent à 92,4 milliards de dinars, en hausse de 3,6 %. Les entreprises privées progressent de 2,7 %, contre 1,5 % en 2024, pour un encours de 74 milliards de dinars.
Cette reprise repose essentiellement sur les crédits à court terme finançant l'exploitation (+4,8 % après +1 %). Les crédits à moyen et long termes, ceux qui financent l'investissement, reculent de 0,5 %, alors qu'ils progressaient de 2,1 % en 2024.
Le rapport ne commente pas cet écart, mais il laisse penser que les entreprises empruntent surtout pour leur trésorerie plutôt que pour investir.
Répartition de l'encours des crédits par secteur
Le secteur public emprunte plus vite
Les crédits aux entreprises et administrations publiques augmentent de 7,5 % (contre 9,6 % en 2024), pour un encours de 18,4 milliards de dinars. Ce rythme reste près de trois fois supérieur à celui du secteur privé.
Dans l'industrie, ces crédits publics bondissent de 17,2 %, tandis que ceux du secteur privé n'augmentent que de 1,3 %.
Agriculture en tête, industrie et services stables
Par secteur, la plus forte progression revient à l'agriculture et à la pêche (+10,1 %, à 4,7 milliards de dinars). Leur part dans l'encours passe de 4,8 % à 5,1 %. Les services (+3,4 %) et l'industrie (+3,1 %) avancent à un rythme plus modéré, et leur part relative recule légèrement.
Dans l'industrie, le secteur privé sort de la zone négative : ses crédits reculaient de 0,3 % en 2024 et progressent de 1,3 % en 2025
Omar EL Oudi
Publié le 05/11/26 15:57




