À l'approche de l'hiver, les prix du gaz en Europe atteignent leur plus haut niveau depuis près de quatre ans.

Les prix du gaz en Europe ont atteint leur plus haut niveau depuis décembre 2022, sous l'effet des tensions géopolitiques, des perturbations des approvisionnements en gaz naturel liquéfié (GNL) et de réserves inférieures aux niveaux habituels à l'approche de l'hiver.
Le contrat à terme de référence sur le marché européen, le TTF néerlandais, a atteint 87,20 euros par mégawattheure le 13 octobre, poursuivant sa progression pour une sixième séance consécutive.
Les prix ont ainsi fortement augmenté depuis février, lorsqu'ils évoluaient autour de 32 euros par mégawattheure, avant la guerre au Moyen-Orient.
Le GNL qatari au centre des inquiétudes
La hausse des prix est liée à de fortes incertitudes sur les approvisionnements. Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz compliquent les expéditions d'énergie depuis le Golfe, alors que le Qatar figure parmi les principaux fournisseurs mondiaux de GNL.
Le détroit d'Ormuz constitue un passage stratégique pour le commerce énergétique mondial : environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de GNL y transite habituellement. Les difficultés de navigation et l'incertitude entourant la reprise des livraisons réduisent les volumes disponibles et renforcent les inquiétudes des acheteurs.
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Les marchés européens doivent également composer avec la concurrence des acheteurs asiatiques pour les cargaisons de GNL disponibles. Dans ce contexte, les fournisseurs alternatifs ne peuvent pas nécessairement compenser rapidement les volumes manquants, ce qui accroît la sensibilité des prix à toute nouvelle perturbation.
Des réserves insuffisantes avant l'hiver
La situation est d'autant plus délicate que les stocks européens de gaz restent inférieurs à leur niveau habituel pour cette période de l'année. Les installations de stockage étaient remplies à environ 73 %, contre une moyenne quinquennale proche de 89 %, selon les données citées par le Wall Street Journal.
L'Europe doit donc poursuivre ses efforts pour sécuriser ses approvisionnements alors que la demande de gaz est appelée à augmenter avec la baisse des températures, notamment pour le chauffage et la production d'électricité.
La combinaison de réserves moins abondantes, d'une offre mondiale instable et d'une forte concurrence entre acheteurs expose le marché à de nouvelles tensions au cours des prochaines semaines. L'évolution des prix dépendra notamment de la reprise des flux de GNL, de la situation dans le détroit d'Ormuz et des conditions météorologiques pendant l'hiver 2026-2027.
Jihen Mkehli
Publié le 16/10/26 08:06




