La cimenterie publie ses états financiers intermédiaires au 30 juin 2026. Le déficit net recule, mais la société reste lourdement affectée par l'arrêt de sa production de clinker, en vigueur depuis octobre 2023.

Le premier semestre 2026 de la Société Les Ciments de Bizerte (SCB) se lit en demi-teinte : un déficit en recul, une marge brute encore négative mais en nette amélioration, et un plan de restructuration validé au niveau gouvernemental.
Dans le même temps, l'endettement continue de s'alourdir et les capitaux propres s'érodent.
Un déficit en recul, un chiffre d'affaires en baisse
La société clôture le semestre sur une perte nette de 22 millions de dinars (MD), contre 26,7 MD un an plus tôt (chiffre publié en 2025), soit une réduction d'environ 18 %. Après prise en compte de l'effet des modifications comptables, le résultat s'établit à -23,7 MD.
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Les revenus ressortent à 14,8 MD, en repli de 20 % par rapport aux 18,6 MD du premier semestre 2025. Les ventes de ciment s'élèvent à 16 MD avant ristournes, contre 19,7 MD l'an dernier.
Une marge brute qui s'améliore nettement
Le principal motif de satisfaction tient à la marge brute. Toujours négative, à -0,8 MD, elle s'améliore de 1,8 MD par rapport à celle de la même période de 2025 (-2,6 MD). Le coût des ventes recule de 26 %, passant de 21,2 MD à 15,6 MD.
La valeur ajoutée brute atteint 2,4 MD, plus de trois fois son niveau de l'an dernier (0,7 MD). L'excédent brut d'exploitation reste négatif, à -4,4 MD, mais gagne 1,8 MD. Le résultat d'exploitation s'établit à -16,5 MD, contre -22,1 MD au premier semestre 2025.
Autre élément positif, les charges de personnel et les frais d'administration reculent (3,9 MD contre 4,2 MD pour ces derniers). Les revenus du quai usine, eux, fléchissent légèrement, à 1,8 MD contre 2 MD.
Le clinker, au cœur des difficultés
Le four de cuisson est à l'arrêt depuis le 15 octobre 2023, faute d'approvisionnement en coke de pétrole et en briques réfractaires, liée à un manque de moyens de financement.
Pour maintenir son activité et préserver sa part du marché local, la société a acheté 59 882 tonnes de clinker au cours du semestre. Ces volumes demeurent toutefois insuffisants pour lui permettre d'honorer l'ensemble de ses engagements.
Cette situation se traduit par une sous-activité dont le coût atteint 11,1 MD pour la production vendue et 0,4 MD pour les stocks. La capacité normale de production a été réestimée à 900 000 tonnes par an.
Un plan de restructuration validé
Principale avancée du semestre, le plan de restructuration élaboré par un cabinet externe a été finalisé et approuvé par un conseil ministériel restreint. Il prévoit un programme d'investissement en trois phases :
- le redémarrage, dans les meilleurs délais, de la ligne de clinker via la remise en exploitation du four ;
- la modernisation progressive des équipements ;
- l'optimisation énergétique et environnementale, ainsi que la mise à niveau des systèmes d'information.
Le plan procède en deux étapes financières. La première est la consolidation des dettes bancaires : la BIAT, l'ATB, l'Amen Bank et la BH ont soumis des propositions, et les contrats sont en cours d'étude. La seconde est l'octroi de nouveaux crédits dans le cadre d'un pool bancaire dont la Banque de l'Habitat serait chef de file, une étape conditionnée par l'achèvement de la première.
Une trésorerie négative
Le flux de trésorerie d'exploitation ressort à -3 MD, alors qu'il était positif (+2,8 MD) un an plus tôt. La trésorerie de clôture est de -10,5 MD, contre -7,7 MD à fin 2025. Côté financement, la société a encaissé 3,2 MD de crédits à court terme et remboursé 1,3 MD, ainsi que 0,4 MD de crédits à moyen terme.
Dans leur rapport d'examen limité daté du 23 septembre 2026, les co-commissaires aux comptes attirent l'attention sur une incertitude significative quant à la continuité d'exploitation, liée à l'arrêt du clinker et à un taux de sous-activité très élevé.
Omar EL Oudi
Publié le 06/10/26 15:50




