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PLF 2027 : La BCT appelée à nouveau au secours du Trésor

 

Le projet de loi de finances (PLF) 2027 prévoit un budget de l'État de 68.895 millions de dinars (MDT) de dépenses pour 54.280 MDT de recettes. Il dégage ainsi un déficit de 14.615 MDT, soit environ 21,2 % des dépenses.

Sur les 54.280 MDT de recettes attendues, 49.600 MDT proviendraient de la fiscalité. L'impôt reste donc la principale source de financement de l'État, loin devant les autres ressources.

Le besoin de financement total est estimé à 28.122 MDT. Il doit couvrir le déficit budgétaire et le remboursement de 13.307 MDT du principal de la dette.

Pour y faire face, le gouvernement prévoit de lever 19.845 MDT sur le marché intérieur et 6.877 MDT à l'extérieur. Le recours à l'endettement domestique reste ainsi dominant.

Un coup de pouce exceptionnel de la BCT

L'article 12 du projet autorise, à titre exceptionnel, la Banque centrale de Tunisie (BCT) à consentir à l'État des facilités de trésorerie de 9,8 milliards de dinars (9.800 MDT).

Ces facilités seraient sans intérêts, remboursables sur 15 ans avec un différé de 3 ans. Elles dérogent à l'article 25 de la loi de 2016 sur le statut de la BCT.

 

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Ce n'est pas la première fois que l'État se tourne vers son institut d'émission. L'article 25 de la loi n° 2016-35 du 25 avril 2016, qui fixe le statut de la BCT, interdit en principe à la Banque centrale de financer directement l'État.

La Tunisie y a pourtant eu recours, en 2020 puis en 2024, pour honorer ses engagements financiers. En décembre 2024, l'Assemblée des représentants du peuple a approuvé, par 86 voix contre 15 et 18 abstentions, une facilité de 7 milliards de dinars pour 2025.

La ministre des Finances avait alors invoqué les besoins pressants du premier trimestre, marqué par des échéances de dette de 9 milliards de dinars. La loi de finances 2026 a ensuite porté cette mesure exceptionnelle à 11 milliards de dinars, sans intérêts et remboursables sur quinze ans, dont trois ans de différé.

Parallèlement, deux propositions de loi examinées en avril 2025 par la commission des finances de l'ARP visent à réviser le statut de la BCT, notamment son article 25, pour permettre un financement direct de l'État dans des limites de durée et de montant.

Omar EL Oudi

 

Publié le 15/10/26 16:30

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