Plus de 92 GW de nouvelles capacités renouvelables pourraient être ajoutés en Afrique d'ici 2031, et l'Algérie devrait afficher la croissance la plus rapide du continent.
Le marché africain des énergies renouvelables pourrait changer de dimension au cours des cinq prochaines années. Les capacités installées devraient passer de 86,95 GW en 2026 à 179,66 GW en 2031, soit plus de 92 GW supplémentaires.
Selon Mordor Intelligence, elles progresseraient à un rythme annuel moyen de 15,62%, principalement sous l'effet du solaire photovoltaïque, dont les capacités devraient croître de 27,84% par an.
L'hydroélectricité reste aujourd'hui largement dominante, représentant 62,25% des capacités renouvelables installées en 2025. Mais la progression rapide du solaire et de l'éolien devrait réduire cet écart. Les deux filières réunies pourraient ainsi dépasser les capacités hydroélectriques dès 2029.
La baisse du coût des équipements contribue également à cette accélération. En Afrique du Nord, les projets solaires de grande taille attribués en Égypte et au Maroc ont atteint en 2025 des tarifs inférieurs à 0,03 dollar par kWh.
L'Algérie affiche la plus forte croissance attendue
Tous les marchés africains ne devraient pas avancer au même rythme. L'Algérie devrait enregistrer la plus forte croissance des capacités renouvelables entre 2026 et 2031, avec un taux annuel moyen de 42,51%. Le pays s'appuie notamment sur son important potentiel solaire et sur le développement de projets d'hydrogène vert destinés aux marchés extérieurs.
L'Égypte et le Maroc figurent également parmi les marchés appelés à jouer un rôle important. L'Égypte accélère dans le solaire, l'éolien et l'hydrogène vert, tandis que le Maroc vise une part de 52% de renouvelables dans son mix électrique à l'horizon 2030.
▐ Lire aussi : Sept ports africains parmi les plus performants au monde en 2026
La Tunisie n'apparaît pas parmi les marchés analysés individuellement dans le rapport africain, mais ses perspectives sont détaillées dans une étude spécifique de Mordor Intelligence. Le cabinet prévoit une progression de sa capacité renouvelable de 1,62 GW en 2026 à 5,02 GW en 2031, soit une croissance annuelle moyenne de 25,42%, supérieure à la moyenne africaine de 15,62%.
En Afrique subsaharienne, le Nigeria a financé en 2025 quelque 90.000 systèmes solaires domestiques et neuf mini-réseaux, avec l'objectif de porter à 30% la part des renouvelables dans sa production électrique d'ici 2030. Le Kenya s'appuie, de son côté, sur 985 MW de capacités géothermiques et 310 MW d'éolien pour accroître la part des renouvelables dans son approvisionnement électrique.
Le réseau électrique, nouveau défi
L'accélération des capacités pose cependant une question centrale : les réseaux africains seront-ils capables d'absorber cette nouvelle production ? Le problème est déjà visible sur certains grands marchés.
En Afrique du Sud, le réseau pourrait intégrer environ 2 GW par an de nouvelles capacités renouvelables intermittentes sans investissements supplémentaires importants dans les infrastructures. Les contraintes de réseau peuvent conduire à limiter une partie de la production.
À cette contrainte technique s'ajoute le risque financier. Mordor Intelligence estime que la volatilité des monnaies locales peut fragiliser la rentabilité de projets dont les équipements et une partie du financement sont libellés en dollars.
La hausse attendue des capacités renouvelables africaines ouvre ainsi un marché important pour les développeurs et les équipementiers. Mais la concrétisation de ce potentiel dépendra autant de la construction de nouvelles centrales que de la capacité des pays à financer les réseaux, sécuriser les investissements et garantir l'accès aux devises.
Jihen Mkehli
Publié le 17/09/26 14:11




