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La Fed relève ses taux pour la première fois depuis 2023

Après plus de trois ans sans relever ses taux, la Fed a, sous la présidence de Kevin Warsh, relevé son taux directeur de 25 points de base, malgré les pressions répétées de Donald Trump en faveur d'un assouplissement monétaire.

 

 

La Réserve fédérale américaine a relevé mercredi 16 septembre son principal taux directeur de 25 points de base, à 3,75%-4%, renouant ainsi avec le resserrement monétaire après plusieurs mois de stabilité. Il s'agit de la première hausse des taux de la Fed depuis juillet 2023, mettant fin à plus de trois ans sans relèvement.

Le Comité fédéral de l'open market (FOMC) a approuvé cette décision à l'unanimité, par 12 voix contre 0, alors que l'inflation demeure supérieure à l'objectif de 2% de la banque centrale. Cette nouvelle orientation intervient également dans un contexte de pression de Donald Trump, qui plaide depuis plusieurs mois pour un assouplissement de la politique monétaire américaine.

 

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Selon les projections publiées à l'issue de la réunion, l'inflation PCE, indicateur privilégié de la Fed, devrait atteindre 3,7% en 2026, contre 3,6% anticipés en juin, avant de ralentir à 2,3% en 2027.

Parallèlement, la banque centrale américaine estime que l'activité économique continue de progresser à un rythme solide. Les dépenses des ménages restent résilientes, tandis que les investissements des entreprises et les gains de productivité demeurent soutenus. 

L'inflation au cœur de la décision de la Fed

Pour Kevin Warsh, à la tête de la Fed depuis mai 2026, le maintien de pressions inflationnistes élevées appelle un nouveau resserrement de la politique monétaire.

Lors de sa conférence de presse, le président de la Fed a estimé que l'inflation restait " trop élevée " et que les dernières données disponibles ne montraient pas d'amélioration suffisamment nette des tendances sous-jacentes.

La banque centrale doit notamment composer avec la remontée des prix de l'énergie, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les tarifs douaniers américains et la vigueur des investissements dans les infrastructures liées à l'intelligence artificielle contribuent également aux pressions sur certains prix.

Le message envoyé par la Fed ne se limite toutefois pas à la décision de septembre. Les nouvelles projections des responsables monétaires font apparaître une possibilité de nouvelle hausse avant la fin de l'année. Le scénario médian prévoit ainsi un taux directeur autour de 4,1% à la fin de 2026, ce qui correspondrait à un relèvement supplémentaire de 25 points de base. Les responsables anticipent ensuite une stabilité des taux en 2027.

Une nouvelle confrontation avec Donald Trump

Donald Trump réclame depuis plusieurs mois une baisse significative des taux d'intérêt américains. Le président américain avait auparavant multiplié les critiques à l'encontre de Jerome Powell, lui reprochant notamment de maintenir les taux à un niveau trop élevé. 

Il a ensuite choisi Kevin Warsh pour lui succéder à la tête de la Fed, alors même que ce dernier avait insisté, lors de sa procédure de confirmation, sur son indépendance et affirmé n'avoir pris aucun engagement concernant une éventuelle baisse des taux.

Quelques heures après l'annonce de la Fed, Donald Trump a de nouveau plaidé pour des taux à " 1% ou moins ", estimant que les conditions économiques américaines justifiaient un coût de l'argent beaucoup plus faible.

Interrogé sur ses échanges avec Donald Trump après la décision, Kevin Warsh n'a pas souhaité commenter les discussions avec le président. Il a toutefois réaffirmé le rôle de la Fed et sa responsabilité dans la préservation de la stabilité des prix.

Jihen Mkehli 

 

Publié le 17/09/26 09:18

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