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Dette auprès du FMI : L’Afrique concentre près d’un tiers des encours mondiaux

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Alors que plusieurs pays africains continuent de faire appel au Fonds monétaire international pour soutenir leurs équilibres financiers, l'endettement du continent auprès de l'institution atteint 38,6 milliards de dollars.

 

 

Les pays africains cumulent actuellement 38,6 milliards de dollars de dette envers le Fonds monétaire international (FMI). Un montant qui représente 31,5 % de l'encours mondial des prêts de l'institution, selon la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, lors du sommet " Africa Forward " organisé à Nairobi, au Kenya.

À l'échelle mondiale, l'encours total des crédits accordés par le FMI à ses pays membres s'élevait à environ 122 milliards de droits de tirage spéciaux (DTS) à fin juin 2026, soit près de 170 milliards de dollars selon les taux de conversion du FMI. La part africaine représente ainsi un peu moins d'un tiers des financements actuellement mobilisés auprès de l'institution.

Lors de son intervention à Nairobi, Kristalina Georgieva a toutefois souligné que la situation n'était pas uniforme sur l'ensemble du continent. Plusieurs pays africains ne disposent aujourd'hui d'aucun recours auprès du FMI, notamment le Nigeria, la Libye, l'Érythrée, le Botswana, le Mozambique, l'Algérie, Maurice, l'Afrique du Sud, le Zimbabwe et l'Eswatini.

 

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Selon elle, cette absence de dette auprès de l'institution s'explique par des trajectoires économiques différentes selon les pays. Certains États ont pu compter sur d'importantes recettes issues de leurs ressources naturelles, notamment les hydrocarbures, tandis que d'autres ont adopté des politiques budgétaires et économiques leur permettant de limiter leur recours aux financements du Fonds.

L'Égypte, premier débiteur africain du FMI

Derrière le montant global de 38,6 milliards de dollars d'encours africains auprès du FMI, les situations restent très contrastées selon les pays. L'Égypte s'impose aujourd'hui comme le principal débiteur africain de l'institution de Bretton Woods. Le pays concentre à lui seul plusieurs milliards de dollars d'engagements, à la suite des différents programmes de soutien conclus avec le Fonds depuis 2016.

L'Égypte est suivie par plusieurs autres grands emprunteurs africains. L'Angola figure parmi les principaux débiteurs du continent, avec un encours auprès du FMI dépassant 2,2 milliards de DTS (droits de tirage spéciaux), soit plus de 3 milliards de dollars selon le taux de conversion utilisé, après son programme d'aide conclu à la suite de la chute des cours du pétrole et des tensions sur ses équilibres macroéconomiques.

 

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Le Kenya compte également parmi les pays africains les plus exposés aux financements du FMI. Nairobi a longtemps bénéficié d'un programme pluriannuel avec l'institution, combinant un Mécanisme élargi de crédit (EFF) et une Facilité élargie de crédit (ECF), destiné à renforcer ses réserves de change et soutenir ses réformes budgétaires. Malgré l'arrêt de ce programme, le pays conserve encore un encours important envers le Fonds, estimé à 4 milliards de dollars.

La Tunisie, un programme FMI gelé mais une dette toujours due

D'autres pays africains figurent également parmi les principaux débiteurs du FMI, notamment la République démocratique du Congo, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Sénégal, le Cameroun ou encore la Tunisie. Les situations restent toutefois très différentes selon les trajectoires économiques et les programmes conclus avec l'institution.

La Tunisie, pour sa part, dispose encore d'un encours auprès du FMI d'environ 332,5 millions de DTS, soit près de 450 millions de dollars, selon les dernières données financières publiées par le Fonds.

Cet encours provient principalement de l'instrument de financement rapide approuvé en 2020, d'un montant d'environ 745 millions de dollars, destiné à soutenir l'économie tunisienne face aux effets de la pandémie de Covid-19.

 

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Le pays avait également conclu en octobre 2022 un accord avec le FMI dans le cadre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC/EFF) portant sur près de 1,9 milliard de dollars sur quatre ans. Toutefois, après le déblocage d'une première tranche d'environ 400 millions de dollars, le programme n'a pas progressé, les revues suivantes ayant été suspendues en raison de divergences sur la mise en œuvre des réformes économiques prévues. Les financements restants n'ont donc pas été décaissés.

Plus largement, plusieurs économies africaines ont eu recours aux financements du FMI afin de répondre à des tensions sur leurs équilibres macroéconomiques : manque de liquidités extérieures, besoins de financement budgétaire, choc sur les recettes d'exportation ou encore nécessité de restaurer la confiance des investisseurs internationaux.

Jihen Mkehli

 

Publié le 28/07/26 10:53

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