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Décrochage de la Bourse, une correction technique porteuse d'opportunités, selon Tunisie Valeurs

ISIN : TN0009050014 - Ticker : PX1
La bourse de Tunis Ouvre dans 16h13min

 

Le parcours du marché des actions est jalonné d'une succession de phases d'expansion et de correction. Une hausse continue n'est pas un bon signe. Il en va de même pour une baisse ininterrompue. À moyen terme, le marché oscille, cherchant un juste équilibre entre l'offre et la demande de capitaux.

Jusqu'à la mi-juillet, le marché affichait une forme éclatante, pulvérisant tous les records : records de capitalisation, de performance et de volumes d'échanges. Au terme de la semaine du 17 juillet 2026, le TUNINDEX a franchi le seuil des 21 000 points, correspondant à une ascension spectaculaire de 60 %.

Puis est venue une phase de correction, amorcée lors de la séance du 20 juillet 2026. Un mouvement de prises de bénéfices, qui s'est autoalimenté, a fortement malmené les actions cotées.

Les pressions vendeuses se sont exercées sans discernement, n'épargnant quasiment aucune valeur. Elles ont atteint leur paroxysme au cours de la séance d'hier, le marché ayant décroché de 3,5 %, au point de déclencher le mécanisme d'interruption de la cotation (" coupe-circuit ").

Parmi les principales causes de ce retournement de tendance : la publication du décret n° 148 de l'année 2026, fixant les conditions et les critères d'octroi des financements d'honneur de faible montant par les banques, conformément aux dispositions de la nouvelle loi sur les chèques.

Une baisse disproportionnée

Le décrochage d'hier constitue, à nos yeux, un simple accident de parcours pour un marché en pleine phase de re-rating. Le réveil de la demande, la résilience des sociétés cotées, leur remarquable capacité d'adaptation face aux vents contraires, ainsi que le pipeline soutenu des introductions en bourse programmées d'ici la fin de l'année, confortent plutôt la thèse d'une poursuite de la revalorisation du marché au cours des prochains mois.

A notre sens, la sévère décrue du marché, accusée hier trouve son origine dans deux principaux facteurs :

1) Une réaction exagérée

La mesure relative aux crédits honorifiques a été introduite par la loi sur les chèques, entrée en vigueur en août 2024 (loi n° 41-2024 du 2 août 2024). Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Les experts et les analystes de la place ont longuement débattu de l'impact de ces crédits sur les banques, poids lourd et pace-setter du marché des actions tunisien.

Nous-mêmes avons traité cette question à plusieurs reprises dans nos précédentes publications consacrées au secteur bancaire. Dès lors, ce changement réglementaire aurait dû être largement intégré dans les anticipations des investisseurs et reflété dans les valorisations boursières des valeurs bancaires.

2) La configuration actuelle de la demande sur le marché des actions tunisien

Le développement d'un marché financier repose fondamentalement sur la qualité et la structure de sa demande. En Tunisie, la Bourse de Tunis demeure marquée par un certain déséquilibre : une présence historiquement dominante des investisseurs particuliers, face à une implication limitée des investisseurs institutionnels locaux.

Cette configuration a longtemps pesé sur la liquidité, la profondeur et la stabilité du marché des actions, favorisant des comportements souvent mimétiques et une volatilité accentuée, alternant phases d'euphorie et périodes de morosité.

Une prise de bénéfice légitime

Certains investisseurs opportunistes préfèrent surfer sur la vague baissière actuelle pour " écrémer " leurs portefeuilles et sécuriser leurs plus-values. L'idée consiste à procéder à une " cash extraction ", afin de se repositionner ultérieurement sur des valeurs, affichant des valorisations plus attractives. D'autres investisseurs, plus anticonformistes, y voient au contraire une opportunité de déployer une stratégie d'investissement à contre-courant, considérant la baisse du marché comme une fenêtre de tir pour acquérir des titres à des niveaux de valorisation plus abordables.

Quelle que soit l'approche d'investissement adoptée, les capitaux ne sortiront pas de la Bourse dans le contexte actuel. Ils y resteront investis.

La rareté des opportunités d'investissement alternatives, offrant une fiscalité aussi avantageuse que les placements boursiers, la liquidité des actions cotées, l'absence de contraintes liées à un ticket d'entrée minimum sur la Bourse, ainsi qu'un contexte marqué par un climat des affaires exigeant, la rigidité de la réglementation des changes et le ralentissement du secteur immobilier, devraient continuer à favoriser un arbitrage en faveur des actions cotées.

Gardons la tête froide, restons investis 

La correction actuelle du marché aura pour effet de redistribuer les cartes de l'investissement en bourse. Loin d'être une menace, nous considérons cette décrue comme une opportunité. Celle de pouvoir se repositionner sur des valeurs à des prix plus raisonnables. Cette décrue nous semble ainsi disproportionnée et déconnectée des fondamentaux des sociétés cotées surtout pour les actions de valeur qualitative.

En tant qu'investisseur, il faut garder la tête froide dans cette période fluctuante en évitant les décisions précipitées et en privilégiant une analyse rigoureuse des fondamentaux. Les marchés réagissent souvent avec volatilité à court terme, mais il est essentiel de rester focalisé sur une vision de long terme, en diversifiant les portefeuilles et en s'appuyant sur une analyse stricte des risques financiers.

Les investisseurs de long terme avec une approche équilibrée et disciplinée peuvent non seulement effacer leurs pertes éventuelles des cycles baissiers momentanés, mais aussi profiter de l'accélération ultérieure du marché.

Malgré ce contexte empreint de volatilité, nous voyons des opportunités d'investissement claires sur la Bourse de Tunis. Les récentes notes de recherches publiées par TUNISIE VALEURS dévoilent des convictions affirmées sur une sélection de valeurs dont les fondamentaux sont nettement plus solides que ne laisse présumer leur cours. Des actions suffisamment liquides, offrant une fiabilité, une bonne visibilité et une marge de sécurité face aux aléas de la conjoncture.

Par Tunisie Valeurs

 

Publié le 29/07/26 12:22

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