La Tunisie reste parmi les marchés immobiliers les moins transparents au monde. Le pays se classe 74e sur 88 dans le Global Real Estate Transparency Index 2026.
Pour être considéré comme un marché immobilier transparent, un pays doit offrir aux investisseurs une information suffisamment accessible, fiable et lisible sur le fonctionnement de son secteur immobilier.
Cela concerne notamment les prix et les loyers, les transactions, la performance des actifs, la réglementation, mais aussi les données permettant d'évaluer les risques et les perspectives du marché.
C'est cette transparence que cherche à mesurer le Global Real Estate Transparency Index (GRETI) 2026, publié par JLL et LaSalle. L'indice évalue les marchés immobiliers à partir de plusieurs critères couvrant notamment la disponibilité des données, le cadre juridique et réglementaire, les conditions de transaction, la gouvernance des sociétés immobilières cotées et les informations liées à la durabilité.
Chaque marché reçoit un score compris entre 1 et 5. Plus le score est proche de 1, plus le marché est transparent. À l'inverse, un score qui se rapproche de 5 traduit un niveau de transparence plus faible, jusqu'à la catégorie " Opaque ".
L'indice distingue ainsi cinq niveaux, allant de " Highly Transparent " à " Opaque ", afin de comparer les conditions d'information et de fonctionnement des marchés immobiliers à l'échelle mondiale.
La Tunisie classée parmi les marchés opaques
Pour la Tunisie, le Global Real Estate Transparency Index 2026 fait apparaître un marché encore classé dans la catégorie des marchés " Opaque ". Sur les 88 pays et territoires évalués par l'indice, le pays occupe la 74e position, avec un score de 4,31 sur 5.
Ce niveau signifie que les investisseurs disposent encore d'un accès limité à des informations suffisamment nombreuses, régulières et comparables pour évaluer avec précision le marché immobilier tunisien et les risques associés aux opérations. À l'échelle africaine, la Tunisie se classe 11e sur les 19 marchés africains couverts par l'indice.
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Le sous-indicateur consacré à la performance des investissements place la Tunisie au 79e rang mondial. Il mesure notamment la disponibilité et la qualité des données permettant de suivre les performances du marché et des actifs immobiliers.
La Tunisie occupe son rang le plus faible sur les " Market Fundamentals ", à la 80e place. Cet indicateur porte sur les informations relatives aux principaux fondamentaux du marché, comme les loyers, les taux d'occupation, les valeurs immobilières ou encore l'évolution de l'offre et de la demande.
Sur les " Listed Vehicles ", qui concernent notamment la transparence des sociétés et véhicules immobiliers cotés, la Tunisie se classe 66e. Le pays atteint la 71e position pour le cadre réglementaire et juridique, tandis que le processus de transaction (" Transaction Process ") le place au 67e rang.
La dimension dans laquelle la Tunisie affiche son meilleur positionnement relatif est celle de la durabilité, avec une 55e place mondiale. Cet indicateur prend notamment en compte la disponibilité des informations relatives à la performance environnementale des bâtiments et aux enjeux de durabilité dans le secteur immobilier.
Afrique du Sud : le marché immobilier le plus transparent du continent
L'Afrique du Sud se distingue comme le marché immobilier le plus transparent du continent. Classée 29e au niveau mondial avec un score de 2,31 sur 5, elle est le seul pays africain à intégrer la catégorie " Transparent ". Ce positionnement s'explique notamment par un marché immobilier plus structuré, une disponibilité plus importante des données.
JLL souligne plus largement que la transparence repose notamment sur la profondeur des marchés de capitaux, la qualité des données disponibles et l'adoption des outils technologiques.
Derrière l'Afrique du Sud, le Kenya, classé 52e au niveau mondial, et Maurice, 56e, figurent parmi les marchés africains " Semi-Transparent ". Le Maroc occupe pour sa part la 59e place mondiale et complète ce groupe. Ces trois marchés présentent ainsi un niveau de transparence intermédiaire.
L'Égypte, 61e mondiale, ferme le Top 5 africain et figure dans la catégorie des marchés " Low Transparency ", aux côtés du Botswana (62e), du Nigeria (64e), de la Zambie (65e) et du Ghana (71e).
Pour ces marchés, la disponibilité, la qualité ou la comparabilité des informations immobilières restent plus limitées, ce qui réduit la visibilité dont disposent les investisseurs sur les performances, les fondamentaux du marché, les transactions ou encore le cadre réglementaire. Le Rwanda, classé 72e, bascule ensuite dans la catégorie des marchés " Opaque ".
Au total, dix marchés africains étudiés par le GRETI sont classés dans cette dernière catégorie : le Rwanda, la Tunisie, la Tanzanie, la Côte d'Ivoire, l'Algérie, l'Ouganda, le Sénégal, l'Angola, le Mozambique et l'Éthiopie. Plus de la moitié des marchés africains couverts par l'indice se trouvent ainsi dans la catégorie où la disponibilité et la lisibilité des informations immobilières restent les plus limitées.
Le Royaume-Uni, marché immobilier le plus transparent au monde
À l'échelle mondiale, le Royaume-Uni occupe la première place du classement des marchés immobiliers les plus transparents, avec un score de 1,24 sur 5. Il devance la France, l'Australie, les États-Unis et les Pays-Bas.
Ces marchés se distinguent notamment par la profondeur de leurs marchés de capitaux, la disponibilité et la qualité des données sur les fondamentaux immobiliers, ainsi que par un recours plus avancé aux technologies et aux outils numériques.
À l'autre extrémité du classement, l'Angola, le Mozambique et l'Éthiopie ferment le tableau, respectivement aux 82e, 85e et 88e rangs mondiaux. Ces marchés figurent dans la catégorie " Opaque ", qui correspond au niveau de transparence le plus faible de l'indice.
Leur positionnement reflète notamment une disponibilité plus limitée des données immobilières, ainsi que des informations moins approfondies sur les fondamentaux du marché, les performances des investissements, les transactions, le cadre réglementaire et la durabilité.
Jihen Mkehli
Publié le 24/09/26 15:44




