Plus de 10.000 milliards de dollars sont venus s'ajouter en seulement six mois, portant l'endettement mondial à un niveau record au premier semestre 2026.

La dette mondiale continue de grimper. En six mois, elle a augmenté de plus de 10.000 milliards de dollars pour dépasser 365.000 milliards de dollars au premier semestre 2026, selon les dernières données de l'Institute of International Finance (IIF).
Ce nouveau record porte sur l'endettement cumulé des États, des ménages, des entreprises financières et des entreprises non financières dans plus de 100 économies développées et émergentes. Il s'agit du sixième trimestre consécutif de hausse de la dette mondiale.
Les marchés émergents tirent la hausse
Les économies émergentes concentrent l'essentiel de cette progression. Leur dette a augmenté de 6 500 milliards de dollars au cours des six premiers mois de l'année, pour dépasser 110 000 milliards de dollars à fin juin. La Chine représente à elle seule une part importante de cette hausse, tandis que l'endettement des marchés développés a progressé beaucoup plus modérément.
La hausse reste toutefois inférieure à celle enregistrée un an plus tôt. Au premier semestre 2025, la dette mondiale avait augmenté de 21.000 milliards de dollars. L'IIF explique ce ralentissement par le niveau élevé des taux d'intérêt, l'augmentation du coût du service de la dette, la hausse des prix de l'énergie et les tensions géopolitiques.
La Chine et les États-Unis concentrent une large part de la hausse
La Chine et les États-Unis figurent parmi les principaux contributeurs à l'augmentation de l'endettement mondial. La dette totale chinoise a progressé de plus de 4.800 milliards de dollars sur les six premiers mois de 2026, pour atteindre 72.500 milliards de dollars.
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Aux États-Unis, l'endettement total a augmenté de 3.500 milliards de dollars sur la même période, à 111.800 milliards de dollars. Cette progression a notamment été portée par les secteurs financier et public. La dette fédérale américaine représentait ainsi 122,3% du PIB au deuxième trimestre.
La dette fédérale américaine a par ailleurs franchi pour la première fois le seuil de 40.000 milliards de dollars en août.
Un endettement porté par des dépenses structurelles
Pour l'IIF, la nouvelle vague d'endettement se distingue des précédentes, qui avaient été alimentées par des crises comme celle de 2008 ou la pandémie de Covid-19. La progression actuelle est davantage liée à des dépenses structurelles dans la santé, l'énergie, l'intelligence artificielle, les technologies de l'information et la défense.
Cette évolution pourrait maintenir les besoins d'emprunt à un niveau élevé dans les prochaines années, alors que le coût du financement reste une contrainte pour de nombreux emprunteurs. L'IIF souligne ainsi que la hausse de la dette ne constitue plus seulement une réponse temporaire à un choc économique, mais s'inscrit de plus en plus dans les besoins de financement de long terme.
La montée de l'endettement intervient également dans un contexte où les charges d'intérêts pèsent davantage sur les finances publiques. Dans les économies développées, les dépenses d'intérêts des États dépassent désormais, selon l'IIF, les montants consacrés mondialement à chacun des secteurs de l'IA, de la défense et des énergies propres.
Par ailleurs, l'IIF alerte sur les vulnérabilités qui pourraient apparaître si les coûts d'emprunt restent durablement élevés. La capacité des États, des entreprises et des ménages à absorber cette charge dépendra notamment de l'évolution des taux, de la croissance économique et des conditions financières mondiales.
Jihen Mkehli
Publié le 24/09/26 09:36




