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Commerce extérieur de la Tunisie en 2024 : L’Europe omniprésente, l’Asie creuse les déficits

ISIN : TN0009050014 - Ticker : PX1
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La Banque Centrale de Tunisie (BCT) vient de publier une analyse approfondie de la balance des paiements et la position extérieure globale de la Tunisie pour l'année 2024. 

 

 

La répartition géographique du commerce extérieur de la Tunisie avec le reste du monde reste marquée, en 2024, par la forte prédominance des échanges avec les pays de l'Union européenne qui demeure le premier partenaire commercial du pays avec des parts respectives de 69% du total des exportations tunisiennes et de 43,4% du total de ses importations.

Les pays de l'Union du Maghreb Arabe (UMA) ont conservé, de leur côté, leur seconde place parmi les clients de la Tunisie en absorbant 8% de ses exportations. Par ailleurs, le groupe des pays européens hors Union Européenne, constitue le deuxième fournisseur de la Tunisie, avec une part de 17,9% du total de ses achats juste devant les pays non arabes d'Asie qui ont fourni 17,8% des importations.

Avec l'Union européenne, les échanges commerciaux ont dégagé un excédent de 7.720 MDT, en contraction de 1.461 MDT par rapport à 2023 suite à l'effet conjugué de la baisse des exportations (-1,8%) et de la hausse des importations (+2%). Il est à signaler que 82% des échanges bilatéraux de la Tunisie avec cette zone sont concentrés uniquement sur quatre pays, à savoir la France, l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne.

Evolution des échanges commerciaux avec L'Union européenne

 

En outre, environ 71% des ventes à destination de cette zone ont concerné des produits manufacturiers réalisés par des sociétés opérant sous le régime de transformation. Par ailleurs, les produits agricoles et ceux issus des industries agroalimentaires n'ont représenté que 10,6% du total des exportations vers l'UE, constitués pour l'essentiel des ventes d'huile d'olive.

Quant aux importations, marquées par une grande diversification, près des deux tiers ont été effectuées essentiellement par des sociétés sous les régimes de droit commun ou de la mise à la consommation assorties de règlements financiers.

Hormis les échanges réalisés sous les régimes de transformation, la balance commerciale avec l'Union européenne a dégagé un déficit de 9,7 milliards de dinars en 2024 (contre -8,5 milliards de dinars en2023), soit une aggravation de près de 1,2 milliards de dinars en relation avec le déclin des exportations de 3,1% qui s'est couplé avec la progression des importations de 3,6%.

S'agissant de la France, premier pays partenaire commercial de la Tunisie, elle a accaparé 22% des exportations totales de la Tunisie et a fourni 10% du total des importations en 2024. Les échanges commerciaux avec ce pays se sont soldés par un excédent qui est revenu, d'une année à l'autre, de 5.854 MDT à 5.164 MDT suite à la baisse des exportations (-4,6%) qui s'est conjuguée à une légère hausse des importations (+0,5%).

Il convient de noter que depuis une vingtaine d'années la balance bilatérale avec ce pays est structurellement excédentaire grâce notamment à une diversification accrue des exportations, composées principalement de produits manufacturiers, ainsi qu'à l'ampleur des flux des IDE réalisés par ce pays au profit de ces secteurs.

La France demeure aussi un débouché important pour certains produits agricoles (huile d'olive, dattes, agrumes…). Quant aux achats, ils ont concerné, surtout, les moyens de transport aérien et terrestre, les biens d'équipement et les produits pétroliers raffinés.

Il est à signaler que plus de 80% des exportations et 52% des importations avec ce pays sont réalisées sous le régime de transformation. Ainsi, en excluant les échanges commerciaux sous ce régime, le solde commercial avec la France serait un déficit de 1.364 MDT (contre -950 MDT en 2023).

De son côté, l'Italie, a maintenu, en 2024, sa position en tant que deuxième partenaire commercial de la Tunisie en absorbant 19% de ses exportations et assurant 12% de ses importations. Les échanges commerciaux bilatéraux se sont soldés par un excédent commercial de 1.955 MDT (contre 1.384 en 2023) grâce à l'accroissement des exportations (+2,5%) et la baisse des importations (-2,4%).

L'augmentation des exportations est attribuable, essentiellement, à la hausse des ventes des produits énergétiques (+49,2%) qui ont franchi le cap de 1,6 milliard de dinars en 2024 ainsi qu'à la hausse notable des ventes d'huile d'olive (+41,5%).

Il convient de mentionner que 64% des exportations vers l'Italie sont réalisées sous le régime de transformation contre 41% pour les importations. Le déficit de la balance commerciale bilatérale, hormis les échanges réalisés sous le régime de transformation, a poursuivi sa contraction, en 2024, affichant un déficit de 1.487 MDT (contre -2.487 MDT une année auparavant).

Pour l'Allemagne, 3ème client de la Tunisie, les échanges commerciaux ont dégagé un excédent qui a légèrement baissé pour revenir, d'une année à l'autre, de 2.745 MDT à 2.363 MDT, résultat qui trouve son origine dans la progression des importations à un rythme plus soutenu que celui des exportations, soit 9,4% et 1,5% respectivement. L'essentiel des échanges commerciaux ont concerné les produits des secteurs des industries manufacturières.

La progression des exportations a concerné surtout les appareils et machines électriques (+1,2%) et les pièces de matériels de transport roulant (+3,7%) alors que l'augmentation des importations a été relevée au niveau des achats des ouvrages en cuivre (+46,3%), des produits pharmaceutiques (+32,4%) et de matériels de transport roulant (+13,5%).

En outre, il est à indiquer qu'avec l'Allemagne, 88% des exportations et 45% des importations sont effectuées sous le régime de transformation dégageant ainsi un excédent de 4.793 MDT. En dehors des échanges commerciaux sous ce régime, la balance commerciale avec ce pays passerait à un déficit de 2.430 MDT.

Avec l'Espagne, la balance commerciale a affiché un excédent qui s'est contracté de 46,2% pour revenir à 192 MDT. Ce résultat s'explique par la hausse plus accentuée des importations par rapport aux exportations (+6,1% et +0,4% respectivement). La progression des importations est attribuable, essentiellement, à celle des achats de matériels de transport roulant (+30,4%) et des ouvrages en cuivre (+26,2%) alors que la quasi-stagnation des exportations est due principalement à la régression des ventes d'huile d'olive (-14,5%) contre une hausse de celles des pièces et matériels de transport roulant (+31%).

Quant aux échanges commerciaux avec le reste des pays de l'Europe, dont l'essentiel a été effectué avec quatre pays en l'occurrence le Royaume Uni, la Suisse, la Russie et la Turquie, ils se sont soldés par un déficit global qui s'est contracté de 4,5% ou 531 MDT par rapport à 2023 pour revenir à 11,2 milliards de dinars et ce, en relation avec la stagnation des importations à partir de cette zone.

En particulier, l'excédent commercial avec le Royaume Uni a augmenté de 380 MDT pour se situer à 594 MDT en 2024, résultat qui trouve son origine dans la hausse des exportations de 35,5% et la baisse des importations de 3,9%. L'accroissement des ventes à destination de ce pays a concerné, principalement, les produits énergétiques (406 MDT contre 31 MDT en 2023) et les articles textiles confectionnés (+28,6%). Pour ce qui est du repli des approvisionnements, il est dû, essentiellement, à la régression des achats des machines et appareils mécaniques et électriques (-18,2%).

Pour la balance bilatérale avec la Turquie, elle a poursuivi son redressement en 2024 dégageant un déficit en contraction de 16,2% ou 551 MDT pour revenir à 2.844 MDT. Ce résultat est attribuable, principalement, à la baisse des importations de 8,9% revenant, d'une année à l'autre, de 4,1 milliards de dinars à 3,7 milliards sous l'effet particulièrement de la diminution des achats des ouvrages en bois (-53,7%) et des ouvrages en fonte, fer et acier (-33,9%).

Quant à la hausse des exportations (+29,2%), elle a été engendrée, essentiellement, par la vente des produits énergétiques vers ce pays pour un montant de 145 MDT contre des exportations nulles en 2023. Les ventes d'engrais ont de leur côté affiché une progression de 58,1%.

Avec la Russie, le déficit commercial structurel a diminué de 20,7% ou de 1.404 MDT pour revenir à 5.384 MDT en 2024, reflétant ainsi la baisse du niveau des importations qui est revenu à 5,4 milliards de dinars (contre 6,8 milliards une année auparavant) alors que la valeur des exportations demeure pratiquement insignifiante (62 MDT seulement en 2024) et ce, en dépit de sa progression de 14,2%.

La baisse des importations en provenance de la Russie résulte essentiellement de l'absence d'achats de pétrole brut en 2024, (contre 864 MDT en 2023). Les approvisionnements en produits pétroliers raffinés ont également reculé, revenant de 4.005 MDT en 2023 à 3.801 MDT en 2024.

Avec les pays de l'Union du Maghreb Arabe (UMA), le déficit de la balance commerciale s'est creusé de 66 MDT pour atteindre 1.739 MDT. En particulier, avec l'Algérie, le déficit commercial s'est légèrement contracté (-20 MDT) suite à la progression des exportations à un rythme plus accentué que celui des importations (+37,6% et +7,9% respectivement).

La hausse des ventes a concerné essentiellement les machines et appareils mécaniques (+72,2%) et les pièces détachées de matériels de transport roulant (+126,7%) alors que l'augmentation des approvisionnements a été portée par le gaz naturel et l'électricité (4.136 MDT et 915 MDT respectivement contre 3.874 MDT et 691 MDT en 2023).

En revanche, les échanges commerciaux avec la Libye ont affiché des baisses de 7,5% pour les exportations et de 54,8% pour les importations engendrant un léger repli de l'excédent commercial bilatéral de 14 MDT. Concernant la régression des ventes vers ce pays, elle a résulté principalement de la baisse des exportations de ciment (-34,6%) et des produits hygiéniques (-28%).

Le repli des importations a concerné, essentiellement, les achats des produits énergétiques (-72,3%). Le déficit commercial structurel avec les pays asiatiques hormis les pays arabes s'est élargi de 1.431 MDT ou 12,3% pour s'élever à 13,1 milliards de dinars représentant ainsi 69% du déficit commercial global.

La balance commerciale avec la Chine a poursuivi sa détérioration, en 2024, dégageant un déficit de 9,1 milliards de dinars, en élargissement de 7,8% en relation avec la progression des importations de 7,8% trainée par la hausse des acquisitions de matériels de transport roulant (+60,9%) et celles des machines et appareils mécaniques (+11%). Quant aux exportations, dont le niveau demeure faible (76 MDT), elles ont augmenté de 15,3%.

La balance commerciale avec les pays arabes hors UMA a dégagé au terme de l'année 2024 un déficit qui s'est légèrement creusé (-31 MDT ou -1,5%) pour se situer à 2.114 MDT suite à la régression des exportations (-9,4%) suite au repli des ventes vers les Emirats Arabes Unis et l'Arabie Saoudite (-41,4% et -9,4% respectivement). Quant aux importations, elles ont baissé de 1,9% en relation, notamment, avec la forte baisse des achats auprès des émirats arabes unis (-23,8%) qui a concerné principalement les matières premières et demi-produits (-32,6%).

En revanche, les importations auprès de l'Egypte ont augmenté, à un rythme plus important que celui des exportations, soit 16,6% et 8% respectivement pour atteindre 1.178 MDT et 169 MDT en 2024.

 

Publié le 04/12/25 15:52

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