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Brahim SANAA : « Carthage Cement va sûrement concrétiser ses prévisions et respecter ses engagements »

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Résiliente face à une conjoncture nationale et internationale difficile, la société Carthage Cement a fait même mieux que le secteur en termes de production au titre des six premiers mois de l'année en cours. Son Directeur Général, Brahim SANAA, revient sur les réalisations de la société au premier semestre et dévoile les perspectives de 2022 et la relance du processus de cession.

 

 

Si vous nous donnez un aperçu sur le secteur du ciment en 2022 ?

Au cours des six premiers mois, CARTHAGE CEMENT a opéré dans un secteur lésé par plusieurs problèmes comme les retards enregistrés au niveau de la réalisation des grands projets, qui étaient supposés redonner un souffle au secteur du bâtiment.

Tout cela a causé un recul de 10% du secteur des ciments au premier semestre 2022 par rapport à la même période l'année 2021, elle-même, considérée comme étant une période désastreuse. En 2021, le secteur affiche 6 millions de tonnes écoulées sur le marché pour une capacité installée de 12 millions.

Toutefois, alors que le secteur a matérialisé un recul de 10%, CARTHAGE CEMENT a affiché une progression de 2% des ventes locales. Aujourd'hui, nous pouvons dire que la qualité de notre produit a fait ses preuves et que les performances se sont confirmées dans un marché constitué de cimenteries qui existent même depuis près d'une centaine d'années.

De plus, la qualité de services de CARTHAGE CEMENT reste également une locomotive de notre tour de force au vu du déclin observé par le secteur. En effet, chez CARTHAGE CEMENT, le temps d'attente du chargement peut être quantifié en minutes grâce à la mécanisation du processus de chargement. Cet atout revêt une grande importance pour notre clientèle puisque le gain de temps servira à produire plus de richesse.

La concordance de tous ces facteurs, à savoir la qualité du produit et du service, a alimenté la demande et nous a permis d'afficher une tendance inverse à celle du marché et d'afficher une stabilité respectable.

Quid de l'export ?

Nous avons également évolué au niveau de l'export. Nous sommes certifiés sur le marché européen et sommes habitués à livrer aux alentours de 25 mille tonnes chaque mois, dont la majeure partie est constituée de ciment.

En ce qui concerne les exportations de clinker, nous disposons d'un centre de broyage qui est opérationnel en Italie. Il représente l'un des fondements de nos stratégies à venir, en particulier en tenant compte de la taxe carbone qui sera conduite à partir de 2023 en Europe.

Cette taxe environnementale concerne le ciment et non pas le clinker. Nous pouvons ainsi exporter notre clinker pour produire du ciment en Italie. D'ailleurs nous avons de très bons retours qui se sont matérialisés en davantage de demandes sur le marché italien.

Quel impact de de la hausse des prix de l'énergie sur la cimenterie ?

Le secteur reste miné par l'envolée des prix de l'énergie électrique et calorifique. En 2020, nous nous procurerions le coke de pétrole à 90 dollars, contre des pics élevés qui oscillent jusqu'à 285 dollars cette année. Il subsiste une conjugaison avec la flambée des prix des produits de construction.

Il faut, en outre, prendre en considération le coût du transport maritime qui a été multiplié par quatre. Ces facteurs exogènes ont impacté notre secteur au vu du contexte mondial, duquel nous ne pouvons pas nous détacher et qui met à la peine l'activité locale.

Cependant, Carthage Ciment s'en est bien sortie car nous avons conjugué plusieurs solutions. Nous avons même suspendu temporairement de la production et nous avons utilisé notre stock stratégique pour maitriser les coûts. Nous avons, par ailleurs, substitué le gaz au pétrole, lorsque les prix de l'or noir se sont renchéris. Ces combinaisons ont comme résultat le maintien du rythme de notre activité.

Comment voyez-vous la situation au deuxième semestre ?

Concernant le deuxième semestre, la situation va s'améliorer incontestablement, sans oublier de souligner que sur les six premiers mois de l'année plusieurs facteurs restent à prendre en compte comme le mois de Ramadan qui ralentit l'activité. Cependant, le troisième trimestre est généralement marqué par la pleine saison qui s'étend des mois de juillet à septembre.

Carthage Cement va sûrement concrétiser ses prévisions et respecter ses engagements à l'image des deux dernières années. Cela ne sera pas sans difficulté mais nous avons amélioré nos paramètres jusqu'à fin septembre. Nous sommes à un état de réalisation de nos projections de 92%.

Il nous importe de montrer à nos actionnaires que nous sommes fiables ainsi qu'une enseigne de référence malgré les freins existants comme ceux liés à la logistique portuaire. Il est nécessaire d'instaurer un rapport de confiance avec les personnes qui ont cru en Carthage Cement et qui ont mené la réussite de notre augmentation de capital en avril 2020 et ce, en dépit de la crise sanitaire qui était en cours.

Au terme de l'année 2022, nous tablons sur un chiffre d'affaires de 365 millions de dinars, un Résultat Brut d'Exploitation (RBE) de 130 millions de dinars et un résultat net aux alentours de 40 millions de dinars.

Aujourd'hui, nous sommes à 24% de part de marché local malgré le contexte économique complexe. Nous tenons à respecter la totalité de nos engagements grâce à nos équipes qui travaillent de près sur la réalisation de nos objectifs. 

Qu'en est-il de la relance du processus de cession ?

Tout en signalant que le processus est géré par Al-Karama Holding, je peux affirmer que le dossier est sur la table de la Ministre des Finances. Il est vrai que les deux premières opérations n'ont pas abouti mais je peux confirmer que les équipes du ministère des Finances travaillent sur le dossier à plusieurs niveaux, soit au niveau de la vocation du terrain, mais aussi pour la préparation d'une feuille de route pour choisir le meilleur moment pour une cession réussie.

Nous n'avons plus droit à l'erreur et pensons que le contexte international reste en notre faveur étant donné qu'il est devenu quasi-impossible de produire du clinker en Europe.

Propos recueillis par Omar El Oudi

Publié le 28/09/22 10:34

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