Dans ce classement inspiré du Mondial 2026, la Tunisie quitte la compétition dès les premiers tours, pénalisée par de profonds déséquilibres macroéconomiques et budgétaires.
La " Coupe du monde macroéconomique ", conçue par BMI, une division de Fitch Solutions, est une simulation qui compare la solidité économique des 48 pays qualifiés pour le Mondial 2026.
Plutôt qu'un classement classique basé sur un seul indicateur, l'exercice repose sur une approche originale inspirée du format d'un tournoi à élimination directe. Les pays sont comparés par paires selon des critères macroéconomiques précis, comme la croissance, l'inflation, le chômage, le déficit budgétaire, le solde courant ou encore le niveau de dette publique.
À chaque étape, l'économie la plus performante sur le critère retenu progresse dans la compétition, tandis que l'autre est éliminée.
L'Afrique dans la " Macro World Cup "
Selon la simulation " Macro World Cup 2026 ", plusieurs économies africaines affichent des trajectoires très divergentes dans ce classement inspiré du format d'un tournoi de football.
La Côte d'Ivoire s'impose comme la meilleure performance du continent en atteignant les quarts de finale, confirmant une dynamique économique jugée relativement solide dans l'exercice. Derrière elle, le Maroc, l'Algérie, le Cap-Vert et l'Afrique du Sud parviennent à franchir la phase des huitièmes de finale.
D'autres économies africaines, en revanche, connaissent un parcours plus court. L'Égypte et le Sénégal s'arrêtent en seizièmes de finale, tandis que des pays comme la Tunisie, le Ghana et la République démocratique du Congo sont éliminés dès la phase de groupes.
La Tunisie pénalisée par ses fragilités macroéconomiques
Dans les analyses de BMI, la Tunisie apparaît particulièrement pénalisée par plusieurs déséquilibres structurels qui limitent sa performance dans ce classement simulé.
Le premier facteur concerne la dépendance élevée au financement interne. L'État capte une part importante du crédit bancaire, réduisant mécaniquement la capacité des entreprises privées à accéder aux financements nécessaires à leur expansion. Cette situation freine l'investissement productif et limite le potentiel de croissance à moyen terme.
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S'y ajoute une forte rigidité budgétaire. Une large part des dépenses publiques est absorbée par les salaires, le service de la dette et les subventions, ce qui laisse une marge de manœuvre très limitée pour financer des projets d'investissement susceptibles de soutenir la transformation structurelle de l'économie.
Enfin, le pays souffre d'un environnement des affaires jugé peu attractif, avec un classement faible en matière de liberté d'entreprendre. Qualifiée d'économie " réprimée " dans certaines analyses, la Tunisie peine ainsi à attirer les investissements étrangers indispensables à la modernisation de son tissu industriel et à son intégration plus dynamique dans les chaînes de valeur mondiales.
La stabilité économique comme avantage décisif
Pour le reste du classement, le rapport du cabinet BMI précise que les économies avancées dominent largement la compétition. Les États-Unis, le Canada, l'Allemagne, la Suisse ou encore les pays nordiques atteignent systématiquement les phases finales, voire le dernier carré.
Leur position repose sur ce que BMI décrit comme une " solidité structurelle " : inflation maîtrisée, institutions financières crédibles et marchés du travail résilients.
L'Inde, l'Indonésie, le Vietnam ou encore le Mexique se distinguent par une croissance soutenue, souvent supérieure à celle des pays développés, leur permettant de progresser dans les premières étapes du tournoi.
À l'autre extrémité du classement, plusieurs économies sont éliminées dès les phases initiales. L'Argentine, la Turquie, le Nigeria ainsi que certains pays d'Afrique et du Moyen-Orient sont particulièrement exposés, selon BMI, à des fragilités structurelles : inflation élevée, instabilité monétaire et gestion budgétaire jugée imprévisible.
Autant de facteurs qui limitent leur capacité à résister aux chocs économiques et expliquent leur sortie précoce de la simulation.
Jihen Mkehli
Publié le 17/06/26 08:50




