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La Tunisie parmi les trois marchés financiers les moins attractifs d’Afrique

Avec 45 points sur 100, la Tunisie se classe parmi les trois marchés financiers les moins bien positionnés d'Afrique.


 

L'édition 2026 de l'Absa Africa Financial Markets Index, publiée le 14 octobre, évalue le développement des marchés financiers dans 29 pays africains. 

Élaboré par le groupe bancaire Absa et le forum de réflexion OMFIF, avec le soutien de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, cet indice examine les conditions de financement des économies africaines et leur capacité à attirer les capitaux.

L'indice repose sur six piliers : la profondeur des marchés financiers, l'accès aux devises étrangères, la transparence des marchés et l'environnement fiscal et réglementaire, le développement des fonds de pension, l'environnement macroéconomique et la transparence des données, ainsi que le cadre juridique et l'application des normes.

La Tunisie, 3ème marché financier le moins attractif d'Afrique

Sur les 29 marchés financiers africains évalués par l'Absa Africa Financial Markets Index 2026, la Tunisie se classe 27e, avec un score de 45 points sur 100. Elle occupe ainsi l'avant-dernière place du classement, devant Madagascar et juste devant l'Éthiopie, ce qui la situe parmi les trois marchés financiers les moins bien positionnés du continent. 

Si son score reste proche de celui de l'édition précédente, son classement recule nettement. La Tunisie figurait à la 23e place en 2025, avec 44 points, contre 45 points en 2026. Elle perd ainsi quatre places en un an.

 

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Une précision méthodologique s'impose toutefois. Dans l'édition 2025, la Tunisie occupait la 18e place selon l'ancien mode de calcul. Avec la nouvelle méthodologie adoptée en 2026, l'indice Absa a recalculé les scores et les classements des années précédentes, ce qui a fait passer le pays à la 23e place pour 2025.

En effet, alors que les précédentes éditions évaluaient les pays en fonction de leurs performances relatives, le nouvel indice les mesure par rapport à des seuils de référence fixes. 

Par ailleurs, la Tunisie obtient son meilleur score dans la catégorie de la transparence des marchés et de l'environnement fiscal et réglementaire, avec 65 points. Le cadre juridique et l'application des normes recueillent 54 points, tandis que la profondeur du marché atteint 50 points.

L'accès aux devises étrangères obtient 44 points, alors que le pilier consacré à l'environnement macroéconomique et à la transparence des données se situe à 40 points. Le résultat le plus faible concerne le développement des fonds de pension, avec seulement 17 points sur 100.

Afrique du Sud, le marché financier le plus attractif 

À l'échelle du continent, l'Afrique du Sud s'impose comme le marché financier le mieux positionné, avec un score global de 85 points sur 100. Le pays se démarque notamment par la profondeur de son marché (92 points), son accès aux devises étrangères (90 points), ainsi que par son environnement fiscal et réglementaire et la transparence de son marché, deux dimensions dans lesquelles il obtient le score maximal de 100 points.

L'Afrique du Sud est suivie par Maurice, qui conserve sa deuxième place avec 77 points. La Namibie complète le podium avec 71 points, devant l'Ouganda (68 points), le Kenya (65 points), le Ghana et le Botswana (64 points chacun), le Nigeria (63 points), la Tanzanie (62 points) et le Maroc (60 points). 

Les progressions les plus importantes sont enregistrées par le Cap-Vert, dont le score gagne 7 points, le Ghana (+6 points) et la République démocratique du Congo (+5 points).

La présence de plusieurs pays d'Afrique subsaharienne parmi les marchés les mieux classés met en évidence le poids de cette région dans le développement des marchés financiers africains.

Toutefois, les performances s'expliquent moins par une appartenance géographique que par des facteurs structurels : profondeur des marchés de capitaux, diversité des instruments financiers, accès aux devises, poids des investisseurs institutionnels et qualité du cadre réglementaire. Les résultats restent donc très contrastés d'un pays à l'autre.

Jihen Mkehli

 

Publié le 19/10/26 10:17

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