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L'Union européenne lance un plan d'envergure pour l'énergie propre en Méditerranée

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À l'occasion de la semaine européenne de l'énergie durable, la Commission européenne a officialisé le lancement de T-MED (Coopération transméditerranéenne pour les énergies renouvelables et les technologies propres).

Cette initiative majeure s'inscrit dans le cadre du Pacte pour la Méditerranée initié en novembre 2025. Porté par Dubravka Suica, commissaire à la Méditerranée, ce projet ambitionne de transformer la rive sud du bassin méditerranéen en un véritable hub mondial de l'énergie verte.

Un potentiel colossal face aux urgences géopolitiques

Entre crises énergétiques répétées et tensions au Moyen-Orient, l'Union européenne cherche à s'émanciper des énergies fossiles en exploitant le potentiel exceptionnel de la région MENA.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : une capacité technique de plus de 2 300 GW disponibles (soit le double de la capacité actuelle de l'UE) et des coûts de production de 30 à 40 % inférieurs aux tarifs européens grâce à un ensoleillement et des vents optimaux.

 

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À titre d'exemple, un haut fonctionnaire européen affirme qu'une fraction du désert algérien suffirait à couvrir l'intégralité des besoins en énergie de l'Europe.

Toutefois, malgré ces atouts, le renouvelable ne pèse que 1 à 3 % du mix énergétique de ces pays partenaires, et l'Afrique n'a capté que 2 % des investissements mondiaux du secteur en 2024.

La feuille de route et l'arsenal de T-MED

Pour combler ce fossé, l'UE cible trois objectifs clés : la sécurité énergétique, la compétitivité industrielle et la décarbonation. L'initiative s'appuie sur plusieurs leviers concrets.

A cet effet, une plateforme d'investissement verra le jour en septembre 2026. Grâce à 5 milliards d'euros de garanties européennes, l'UE espère générer jusqu'à 25 milliards d'euros d'investissements d'ici 2035 et créer 100 000 emplois.

Le projet s'appuiera également sur un accélérateur réglementaire pour réduire les délais d'obtention des permis (qui durent actuellement de 2 à 4 ans) et une modernisation des réseaux électriques et reconversion d'anciens gazoducs en corridors pour l'hydrogène (comme le projet South H2 Corridor entre l'Algérie et l'Europe).

Le dernier levier repose sur la création d'un agenda des compétences pour former la main-d'œuvre locale et signature d'au moins dix partenariats industriels euro-méditerranéens d'ici 2030.

Éviter le piège de l'échec "Desertec"

Ce projet rappelle inévitablement l'échec de Desertec il y a quinze ans. Bruxelles assure en avoir tiré les leçons : là où Desertec avait une approche trop privée et unilatérale, T-MED mise sur un portage politique fort et un partage équitable des bénéfices. Il s'agit d'un projet de codéveloppement régional et non d'une simple infrastructure d'importation.

Malgré cet enthousiasme, des réserves s'expriment sur deux points majeurs : le budget et le risque de dépendance. Pour le premier, les 25 milliards d'euros prévus semblent dérisoires face aux 75 à 120 milliards d'euros jugés nécessaires par la Commission elle-même d'ici 2030.

Quant au risque de dépendance, l'UE ne risque-t-elle pas de remplacer sa dépendance au gaz russe par une dépendance énergétique envers le Sud ? La Commission se veut rassurante, affirmant que la multiplication des routes, des technologies et des fournisseurs servira de bouclier.

O.E.O

 

Publié le 10/06/26 10:10

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