Après plusieurs années sans véritable activité d'exploration pétrolière en mer, la Mauritanie cherche à renouer avec son potentiel offshore, avec l'ambition d'attirer de nouveaux investissements dans ses ressources en hydrocarbures.
Après plusieurs années de ralentissement de l'exploration en mer, la Mauritanie cherche à attirer de nouveaux opérateurs internationaux pour valoriser son potentiel en hydrocarbures.
Le pays vient de conclure deux contrats d'exploration et de production avec le groupe américain Murphy Oil Corporation, portant sur les blocs offshore C10 et Tiof, dans le bassin côtier.
Signés le mardi 3 novembre 2026 à Nouakchott, les deux contrats ont été conclus par le ministre mauritanien de l'Énergie et du Pétrole, Mohamed Abdel Vetah, et Christopher Charles Olson, vice-président senior chargé de l'exploration et de la géologie chez Murphy Oil.
La cérémonie s'est déroulée en présence de la représentante de l'ambassade des États-Unis en Mauritanie.
Selon le ministère mauritanien de l'Énergie, les deux zones concernées disposent déjà de données géologiques importantes, qui devraient faciliter l'évaluation de leur potentiel pétrolier et gazier.
Les autorités n'ont toutefois pas encore communiqué les montants des investissements prévus, les programmes de travaux ou le calendrier des opérations. Les contrats ne constituent donc pas, à ce stade, une annonce de nouvelles réserves ni une décision de mise en production.
Murphy Oil entre dans un bassin encore largement à explorer
Fondée en 1950 et cotée à la Bourse américaine depuis 1956, Murphy Oil Corporation est une compagnie indépendante spécialisée dans l'exploration, le développement et la production de pétrole et de gaz.
Basée à Houston, au Texas, elle dispose notamment d'une expérience dans l'exploration offshore sur plusieurs bassins internationaux.
L'arrivée du groupe américain intervient après plusieurs années difficiles pour l'exploration pétrolière mauritanienne. Le pays avait connu une première expérience de production commerciale avec le champ offshore de Chinguetti, découvert en 2001 et entré en exploitation en 2006.
Mais le déclin de sa production a conduit à l'arrêt des opérations en 2017, avant le démantèlement progressif des installations.
Depuis, les activités d'exploration ont perdu de leur intensité, tandis que plusieurs compagnies ont quitté certaines zones d'exploration. Les coûts élevés des forages en mer, les risques géologiques et les investissements nécessaires pour transformer une découverte en projet commercial ont notamment freiné le développement de nouveaux gisements.
Le retour d'un opérateur international comme Murphy Oil constitue ainsi un signal pour le secteur, même si les résultats dépendront des campagnes d'exploration et de l'évaluation des ressources dans les deux blocs.
Un potentiel gazier important
La relance de l'exploration intervient alors que la Mauritanie cherche à mieux valoriser ses ressources naturelles. Le pays dispose notamment de découvertes gazières importantes, dont le champ de Bir Allah, situé entièrement dans ses eaux territoriales, ainsi que le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé avec le Sénégal.
Ce dernier constitue déjà une avancée concrète pour le secteur énergétique mauritanien. Développé par BP et ses partenaires, le projet GTA est entré en phase de production en 2025 et a permis à la Mauritanie de rejoindre le marché mondial du gaz naturel liquéfié.
Son développement doit également contribuer à renforcer la place du pays dans les échanges énergétiques internationaux.
Le potentiel de Bir Allah et d'autres découvertes offshore demeure, en revanche, soumis à des travaux d'évaluation et à la mobilisation de financements importants avant toute exploitation commerciale.
Jihen Mkehli
Publié le 04/11/26 10:42




