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Tunisie : L'activité bancaire peine à décoller au premier trimestre

ISIN : TN0009050014 - Ticker : PX1
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A l'image d'une économie en berne, l'activité bancaire peine à décoller. C'est ce qui ressort de l'analyse des indicateurs d'activité trimestriels des banques cotées élaborée par l'intermédiaire en Bourse Tunisie Valeurs.

Les Dépôts

Sur les trois premiers mois de l'année, le secteur a enregistré une légère collecte de 0,9% à 47,384 milliards de dinars. Toutes les maturités ont affiché un ralentissement de la collecte, mais ce sont les ressources longues (placements à terme et certificats de dépôts) qui connaissent l'essoufflement le plus marqué.

Face à une trésorerie de plus en plus serrée et une rémunération intéressante sur le court terme, les entreprises semblent privilégier les maturités courtes au détriment des placements stables.

Malgré une légère décollecte de 0,1%, la BIAT maintient sa position de leader en termes de dépôts avec une part de marché de 17%. La banque a enregistré une baisse de 2% de ses placements à terme. Toutefois, avec une structure majoritairement constituée de dépôts à vue (49%), la collecte de la banque reste peu sensible à ce type de ressources.

Belle avancée pour la Banque de Tunisie (BT) qui enregistre une collecte de 8,8%, la deuxième plus forte progression du secteur après l'UBCI (+11,5%). La BT semble démarrer une politique commerciale plus dynamique en 2016. A ce stade, la banque demeure en bas de tableau avec une part de marché de 6,5%.

Les crédits

L'évolution des encours de crédits est tout aussi morose avec une croissance 1,2% à 48,461 milliards de dinars. Malgré une baisse de 4,9% des engagements, BNA maintient sa première position en termes de crédits, avec une part de marché de 13,9% à 6,732 milliards. Un leadership de plus en plus contesté face à une concurrence privée plus agressive.

A un rythme moins soutenu que la collecte, l'UBCI continue à gagner du terrain (+6,9%), consolidant sa part de marché à 5,3%. Avec une croissance de 4,8%, la BH signe la deuxième meilleure progression des crédits à 5,486 milliards de dinars, des niveaux en ligne avec les projections affichées dans son business plan.

A l'image de la collecte, Attijari bank affiche une bonne dynamique de crédits et enregistre la deuxième meilleure croissance de la filière (+4,6%) dépassant le cap des 4 milliards de dinars. La politique de risque prudente mise en place par la banque n'a pas altéré sa réactivité commerciale. Grâce à la bonne qualité de son portefeuille (taux des créances classées de 8,7% couvertes à hauteur de 85%), Attijari a les bases nécessaires pour poursuivre sa percée commerciale.

Deuxième banque privée de la place, Amen Bank réduit la voilure alignant un quatrième trimestre de baisse consécutive de l'encours de crédits (-4% sur une année glissante). La banque semble vouloir "digérer" la forte croissance des années phares 2007-2014 (une progression moyenne de 19% sur la période), privilégiant la qualité du portefeuille à la course aux parts de marché.

Le Produit Net Bancaire

Boosté par la progression des commissions et des revenus de placement, le PNB de la place a enregistré sur le premier trimestre une croissance de 8,3% à 709 MDT. Ainsi, la part de la marge d'intérêt s'est nettement réduite, perdant 8 points de pourcentage par rapport au premier trimestre 2015 à 50,3%.

Dans un contexte d'essoufflement de l'activité bancaire "classique", les banques misent sur d'autres sources de revenus pour améliorer leur PNB. Sur l'année 2016, accentué par l'effet conjoint de la baisse du TMM et de la stabilité du TRE (Taux de Rémunération de l'Epargne) à 3,5%, Tunisie Valeurs s'attend à une poursuite de la baisse de la marge d'intérêt à l'échelle de tout le secteur bancaire.

Les fortes progressions du PNB émanent, essentiellement, des activités de placement. C'est le cas de la STB et de la BH qui voient leurs revenus de portefeuille grimper, respectivement, de 115% à 23 MDT et de 51% à 18 MDT. D'autres banques comme l'UIB ou la BT profitent plus d'une augmentation des commissions pour booster leurs PNB (+43% pour l'UIB à 18 MDT et +19% à 12 MDT pour la BT).

Dans une conjoncture difficile où les bonnes signatures se font rares, l'UIB et la BT semblent jouer la carte de la prudence, focalisant leurs efforts sur les commissions: une source de revenus récurrente qui ne manquerait pas de soutenir la croissance des deux banques dans les prochaines années.

Seules Amen Bank et BNA enregistrent un recul de leur PNB (-0,8% pour Amen Bank et -1,9% pour la BNA). L'amélioration des produits de placement et des commissions a été totalement absorbée par l'érosion de la marge d'intérêt (-16% pour les deux banques). Alors qu'Amen Bank jouit de la structure du PNB la plus équilibrée de la Place, la BNA se distingue par une plus forte exposition à l'activité de crédit (62% du PNB). La banque étatique dispose d'une importante marge de manœuvre pour diversifier ses sources de revenus et accroitre sa rentabilité.

A contre-courant de la tendance, l'ATB voit la contribution de sa marge d'intérêt se stabiliser à 38%, dans la continuité de sa stratégie, entamée depuis quelques années, orientée vers une activité bancaire plus classique. Une orientation qui permettrait à la banque de modérer son exposition aux activités de placement, particulièrement dans un environnement de hausse des taux. Rappelons qu'en 2015 la banque a réalisé la croissance du PNB la plus élevée du secteur (+17% à 203 MDT) grâce à une progression prononcée de sa marge d'intérêt (+47% à 79 MDT).

Publié le 10/05/2016 10:37:19

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