
D'après les indicateurs publiés par le Gouvernement dans le projet de la Balance Economique pour l'année 2027, le secteur du phosphate tunisien devrait encore s'écarter nettement de ses objectifs en 2026. Les chiffres montrent un fossé entre le programme prévu et les résultats attendus.
Le document présente les indicateurs du secteur du phosphate, en millions de tonnes, pour trois niveaux : la production, les expéditions et l'exportation.
Pour la production, l'objectif de 2026 était fixé à 5,375 millions de tonnes. Le niveau attendu n'atteindrait que 3,4 millions de tonnes, soit un déficit d'environ deux millions de tonnes. La réalisation de 2025 s'établissait à 3,2 millions de tonnes : la progression annuelle serait donc très modeste.
Le programme des expéditions prévoyait 5,625 millions de tonnes, contre 2,5 millions attendus en 2026, soit moins de la moitié de l'objectif. Les chiffres de 2025 (2,8 millions de tonnes) laissent même entrevoir un recul par rapport à l'année précédente.
Quant aux exportations, le secteur reste marginal à l'international : 0,2 million de tonnes prévues comme attendues pour 2026, contre seulement 0,05 million de tonnes en 2025.
Indicateurs du secteur des phosphates (en million de tonnes)
Les difficultés du transport
Le document identifie deux obstacles majeurs sur le plan logistique :
- la capacité limitée de la Société nationale des chemins de fer tunisiens à répondre aux besoins de transport du phosphate commercial ;
- la faiblesse des quantités acheminées par camions vers les usines de transformation.
Les dérivés du phosphate également touchés
Pour la production de dérivés, l'année 2026 s'écarterait nettement de la trajectoire programmée. La production des principaux produits devrait reculer par rapport aux objectifs, en raison de trois facteurs :
- le recul de l'approvisionnement des unités du Groupe chimique tunisien en phosphate commercial ;
- la persistance de difficultés techniques et d'exploitation dans plusieurs unités industrielles ;
- les répercussions des tensions géopolitiques sur les marchés des matières premières.
Un secteur à relancer
Ces indicateurs confirment les fragilités structurelles d'une filière jadis pilier de l'économie tunisienne : un outil de production qui peine à monter en cadence, une logistique insuffisante et une chaîne de transformation affectée en amont comme en aval.
Sans amélioration du transport ferroviaire et routier ni remise à niveau des unités industrielles, l'écart entre les ambitions et les résultats risque de persister.
Omar EL Oudi
Publié le 19/10/26 17:09




