La Tunisie recule fortement dans le classement mondial de la liberté d'investissement. Avec un score tombé à 20 points en 2026, son plus bas niveau historique, le pays occupe désormais le 164e rang sur 175 économies évaluées.

La plateforme The Global Economy, s'appuyant sur les données de la Heritage Foundation, un think tank conservateur américain, a publié l'Indice de liberté d'investissement 2026.
Il s'agit d'un classement qui mesure le degré de liberté dont disposent les investisseurs dans 175 pays, en évaluant notamment les obstacles et restrictions susceptibles de limiter les investissements étrangers et nationaux.
Avec une moyenne mondiale de 53 points, l'indicateur prend en compte plusieurs facteurs, notamment une bureaucratie pesante, les restrictions sur la propriété foncière, les risques d'expropriation sans compensation équitable, les contrôles des changes et des capitaux, les problèmes de sécurité ainsi que le manque d'infrastructures de base nécessaires à l'investissement.
La Tunisie pénalisée par ses faibles scores
Sur les 175 pays évalués, la Tunisie se classe au 164e rang en matière de liberté d'investissement, un positionnement particulièrement bas, d'autant plus que son score a atteint en 2026 son plus faible niveau historique.
Selon les données de The Global Economy, la Tunisie obtient 20 points en 2026, contre 30 points en 2025, soit une baisse de 10 points en un an. À titre de comparaison, la moyenne mondiale s'établit à 53 points sur les 175 pays évalués. Sur la période 1995-2026, la Tunisie affiche un score moyen de 45 points, avec un niveau record de 70 points en 1995.
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Plus largement, les indicateurs associés à la liberté économique montrent des performances différentes pour la Tunisie. Le pays obtient son meilleur score en matière de liberté monétaire, avec 72,4 points, devant la liberté d'entreprendre (59 points). Les droits de propriété et la liberté du travail atteignent chacun 56 points, tandis que la liberté commerciale s'établit à 55 points.
En revanche, plusieurs domaines restent nettement bas. La Tunisie obtient 42 points pour la liberté face à la corruption et 30 points pour la liberté financière. La liberté d'investissement, avec seulement 20 points, figure ainsi parmi les principales faiblesses du pays, tandis que la liberté fiscale affiche le score le plus faible, à 16 points.
Au total, la Tunisie obtient 48 points pour l'indice global de liberté économique, un niveau qui traduit un environnement économique encore marqué par d'importantes contraintes, notamment en matière d'investissement et de fiscalité.
Les économies africaines les plus libres
À l'échelle africaine, le Maroc apparaît comme le pays offrant le niveau de liberté économique le plus élevé. Il se classe 17e au niveau mondial, avec un score de 80 points, en nette progression par rapport à son niveau de 65 points en 2019 et à sa moyenne historique de 68 points.
Le Royaume affiche ainsi 80 points en matière de liberté d'investissement et autant pour la liberté financière, tandis que la liberté monétaire atteint 79,6 points. La liberté d'entreprendre se situe également à un niveau élevé, avec 72 points, tout comme la liberté commerciale, qui s'établit à 70 points.
Le Royaume est suivi par Maurice, classée 36e au niveau mondial, puis par le Burkina Faso (51e), l'Égypte (52e) et le Mali (54e). Le classement se poursuit avec le Cap-Vert (62e), le Tchad (63e), le Gabon (69e), le Ghana (72e) et le Rwanda (83e).
Cette hiérarchie fait ressortir la présence de plusieurs économies d'Afrique subsaharienne parmi les pays africains les mieux classés en matière de liberté économique. À l'inverse, plusieurs grandes économies du continent occupent des positions nettement plus éloignées, à l'image de l'Algérie, classée 141e au niveau mondial.
Bahreïn, l'économie arabe la plus ouverte
À l'échelle mondiale, le Luxembourg occupe la première place du classement avec 95 points, s'imposant comme l'économie la plus libre parmi les 175 pays évalués. Cela s'explique notamment par un environnement particulièrement favorable aux investissements, à l'activité des entreprises et aux échanges internationaux.
Le Luxembourg est suivi par Bahreïn, qui constitue le pays arabe le mieux classé, avec un score de 90 points. Le royaume affiche notamment un niveau très élevé de liberté d'investissement, à 90 points, ainsi qu'une forte ouverture aux capitaux et aux activités économiques. Le Danemark, l'Estonie et l'Irlande complètent le haut du classement.
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Le Top 10 est également composé des Pays-Bas, de Singapour, de la Belgique, de la Finlande et de la Suède, autant d'économies caractérisées par un environnement relativement ouvert aux entreprises, aux investissements et aux échanges.
À l'autre extrémité du classement, plusieurs pays affichent des niveaux extrêmement faibles de liberté économique. L'Érythrée et la Corée du Nord obtiennent toutes deux un score nul et occupent respectivement les 173e et 174e places, tandis que le Venezuela ferme le classement, à la 175e position, avec également 0 point.
L'Iran, avec 5 points, se classe 171e, tandis que le Soudan figure lui aussi parmi les derniers pays du classement, en raison notamment de restrictions très fortes sur l'activité privée, les investissements et les mouvements de capitaux, ainsi que d'un environnement institutionnel peu favorable aux investisseurs.
Jihen Mkehli
Publié le 07/09/26 11:17




