La dette publique de la Tunisie devrait poursuivre sa progression au cours des deux prochaines années pour s'établir à 156,7 milliards de dinars à la fin de 2026, contre 145 milliards de dinars en 2025, selon un document budgétaire dont ilBoursa a obtenu une copie.
Cette hausse, estimée à 11,7 milliards de dinars, résulterait principalement du financement du déficit budgétaire à hauteur de 11 milliards de dinars, ainsi que de l'effet des taux de change pour environ 650 millions de dinars.
En 2026, la dette publique totale serait répartie entre dette intérieure à hauteur de 100,2 milliards de dinars (64%) et dette extérieure à hauteur de 56,5 milliards de dinars (36%).
Malgré cette augmentation en valeur absolue, le poids de la dette dans le produit intérieur brut (PIB) devrait légèrement reculer, pour passer de 84,9 % en 2024 à 84 % en 2025, puis à 83,4 % en 2026, traduisant une amélioration relative de la situation grâce à la croissance nominale du PIB.
Structure de la dette publique selon la source
(en millions de dinars)
| 2024 | LF2025 | 2025E | LF2026 | |
| Volume de la dette intérieure de l'État | 73.103 | 85.984 | 88.061 | 100.218 |
| Part (en%) | 53,9 | 58,3 | 60,7 | 64,0 |
| Volume de la dette extérieure de l'Etat | 62.539 | 61.418 | 56.971 | 56.486 |
| Part (en%) | 46,1 | 41,7 | 39,3 | 36,0 |
| Dette publique totale | 135.642 | 147.402 | 145.032 | 156.704 |
| En % du PIB | 84,9 | 80,4 | 84,0 | 83,4 |
Le document précise également que, selon les hypothèses de financement extérieur pour 2025-2026, l'impact de la variation des taux de change serait limité : une hausse de 1 % du taux de change moyen des devises étrangères par rapport au dinar se traduirait par une augmentation de la dette publique de près de 593 millions de dinars, soit 0,32 % du PIB.
Parallèlement, la dette extérieure de l'État affiche une tendance baissière depuis 2023. Elle est passée de 66,9 milliards de dinars cette année-là à 62,5 milliards en 2024, et devrait poursuivre sa décrue pour s'établir à 57 milliards en 2025 puis 56,5 milliards en 2026.
Cette évolution s'expliquerait par une orientation progressive vers un financement accru sur le marché intérieur, dans un contexte de maîtrise prudente du risque de change et de recherche d'un meilleur équilibre du portefeuille de la dette publique.
Omar El Oudi
Publié le 21/10/25 19:52




