Malgré des flux de brut encore relativement soutenus depuis le Golfe, les risques d'attaques contre les infrastructures énergétiques et les navires dans la région ont propulsé les cours du pétrole à leur plus haut niveau depuis cinq mois.

Le baril de Brent a franchi la barre des 110 dollars, atteignant son plus haut niveau depuis cinq mois. Mardi 20 octobre, les cours du pétrole évoluaient à proximité de leurs sommets depuis mai.
Le Brent progressait de 0,47 %, à 110,07 dollars le baril, après avoir culminé à 110,70 dollars lors de la séance précédente. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, gagnait pour sa part 0,36 %, à 104,03 dollars pour le contrat à échéance novembre. Le contrat de décembre, plus activement négocié, avançait à 98,80 dollars.
La hausse reflète la prime de risque géopolitique intégrée par les marchés. Les opérateurs redoutent que les tensions militaires au Moyen-Orient ne perturbent davantage les infrastructures pétrolières et les routes maritimes stratégiques pour les exportations d'hydrocarbures.
Lundi 19 octobre, plusieurs attaques ont été signalées contre des installations énergétiques, des aéroports et des cibles militaires en Arabie saoudite, notamment un site d'Aramco à Yanbu et le champ pétrolier de Shaybah.
Selon la société de suivi maritime Kpler, au moins 18 navires auraient également été attaqués dans le Golfe au cours des deux dernières semaines.
Des approvisionnements encore soutenus, mais des coûts en hausse
La hausse des prix intervient pourtant alors que les flux de pétrole brut en provenance du Golfe ont partiellement résisté aux perturbations. Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a indiqué que ces flux étaient revenus à environ 80 % de leur niveau d'avant-guerre. L'offre de produits raffinés reste, en revanche, confrontée à des contraintes plus importantes.
Les coûts de transport ajoutent une pression supplémentaire. Les tarifs de fret des pétroliers atteignent des niveaux records, faisant grimper les coûts de transport.
Washington envisage d'autoriser le retour sur le marché légal de certains pétroliers sous sanctions, une mesure susceptible d'accroître les capacités de transport. Son effet sur les coûts et les délais d'approvisionnement reste toutefois difficile à évaluer.
Les perspectives d'un éventuel apport supplémentaire de carburants russes constituent un autre élément suivi par les opérateurs. Mais cette possibilité ne suffit pas, pour l'instant, à dissiper les inquiétudes liées aux risques de nouvelles attaques contre les infrastructures énergétiques du Golfe.
Les marchés restent ainsi particulièrement sensibles à toute évolution susceptible de réduire les volumes disponibles ou de compliquer leur acheminement.
Jihen Mkehli
Publié le 20/10/26 08:46




