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La BTL s’explique sur sa contre-performance enregistrée en 2018

Suite à la parution ce mercredi 19 juin 2019 de notre publication sur l'analyse des états financiers de la Banque Tuniso-Libyenne (BTL) relatifs à l'exercice 2018 et intitulée " La BTL ou la banque qui vit au-dessus de ses moyens ", la Direction Générale de la banque a tenu à expliquer les raisons pour lesquelles la BTL a dégagé un déficit colossal de plus de 14 millions de dinars l'année dernière.   

En effet, créée en 1984 en tant que banque de développement, avant de devenir une banque universelle (à partir du 20 octobre 2005) la BTL a été appelée, selon la Direction Générale, à œuvrer dans un environnement où les règles de la concurrence loyale ne sont pas respectées dès le départ, ce qui a engendré des situations plus ou moins difficiles pour la quasi-totalité des ex banques de développement.

"Du fait de la structure de son actionnariat, le Business model de la BTL se basait depuis sa création sur l'allocation d'une bonne partie de ses ressources au financement des transactions commerciales avec la LIBYE qui a connu ces dernières années des situations d'instabilité affectant le volume et le rendement global de cette activité, d'où le constat d'un manque à gagner croissant en terme de produits et commissions malgré la courte reprise observée vers la fin de l'année 2018 qui demeure en deçà de la normale et des attentes des opérateurs aussi bien Tunisiens que Libyens", explique la banque.

Les fonds propres nets de la BTL s'élèvent à la fin de l'année 2018 à seulement 72 millions de dinars malgré l'augmentation de 30 millions de dinars réalisée fin décembre 2013, ce niveau des fonds propres est, hormis la BFT, le plus bas du secteur. Selon la banque, ce bas niveau des fonds propres conjugué à l'obligation du respect des ratios réglementaires de la BCT a généré des contraintes de taille à savoir :

- La contraction des enveloppes maximales des financements accordés aux opérateurs en respect des ratios de concentration (5%, 15 % et 25% des fonds propres nets) à un niveau devenu en deçà des besoins des opérateurs (commerçants ou industriels) s'approvisionnant de l‘étranger.

- L'augmentation du coût des ressources de la BTL et la baisse de sa marge d'intermédiation. En effet, le financement des opérations du commerce extérieur a permis à la BTL de détenir des positions longues en devises lui permettant jusqu'à 2017 de se refinancer auprès de la BCT à un coût relativement bas via la technique du SWAP, recours que la BCT a pratiquement arrêté en 2018, d'où l'obligation de recourir aux   dépôts des institutionnels et de la clientèle dans un environnement de surenchères jamais connues.

S'agissant des charges en termes d'intérêts constatées en 2018, la banque précise qu'elles comportent, contrairement à l'année 2017, les intérêts sur le financement de la construction du nouveau siège social pour 3,5 millions de dinars, tandis que les charges d'exploitation constatées comportent, également contrairement à l'année 2017, les frais généraux du nouveau et de l'ancien siège ainsi que les amortissements.

En outre, la Direction Générale de la BTL tient à indiquer qu'elle a été tenue de réserver des agios sur la relation CARTHAGE CEMENT (décision sectorielle) de 3 millions de dinars en 2018.

In fine, la BTL souligne la transparence adoptée par sa direction générale en 2017 et surtout en 2018 dans la couverture des risques sur des créances anciennes en constituant les provisions requises (individuelles ou à caractère général) sans window dressing.

Publié le 19/06/2019 18:37:01

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