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La BNA retrouvera sa capacité à distribuer des dividendes à partir de 2020

ISIN : TN0003100609 - Ticker : BNA
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Le décollage de l'activité d'exploitation se confirme à la Banque Nationale Agricole (BNA). La banque publique continue à récolter les fruits de son programme de cession d'actifs au niveau de sa rentabilité et de ses fonds propres. Toutefois, la BNA devrait encore faire ses preuves au niveau de sa qualité du portefeuille.

C'est ce qui ressort de l'analyse élaborée par l'intermédiaire en Bourse Tunisie Valeurs et consacrée à la BNA. Celle-ci, a tenu jeudi dernier une communication financière pour faire le point sur les réalisations 2018 et annoncer sa stratégie de développement pour les années à venir.

La banque dirigée par M. Habib Ben Haj Gouider, entame une nouvelle étape de son développement. La banque compte procéder à une augmentation de capital en numéraire de 338 millions de dinars pour solutionner la question des dotations de l'Etat et accélérer la mise en place de son programme de restructuration.

Le business plan présenté en marge de cette opération semble séduisant et ses hypothèses réalisables. La banque devrait retrouver sa capacité à distribuer des dividendes à partir de 2020.

Faits et éléments saillants de 2018

Si l'on fait le bilan de la BNA trois ans après le démarrage de son programme de restructuration, le constat est plutôt mitigé. Sur le plan stratégique, la banque a pu consolider son assise financière et commencer la refonte de son organisation tandis que sur le plan financier, la BNA a pu renouer avec la croissance malgré un contexte conjoncturel et opérationnel particulièrement tendu. La qualité du portefeuille affiche des prémices d'amélioration mais elle reste sous surveillance.

A l'instar du secteur, la BNA a été affectée par l'assèchement des liquidités. L'encours des dépôts a enregistré une hausse timide de 2% à 7,8 milliards de dinars. La banque s'est tournée vers les dépôts d'épargne (+8% à 2,7 milliards de dinars) et les dépôts à terme (+2% à 2,9 milliards de dinars) pour compenser la décollecte accusée sur les dépôts à vue (-4% à 2,2 milliards de dinars).

La structure des dépôts a subi peu de changements sur l'année. Les ressources de la banque restent dominées par les dépôts onéreux et les contraignent à afficher un coût des ressources plus élevé que ses consœurs cotées (un coût des ressources de 5,4% pour la BNA contre 4,7% pour la concurrence cotée).

La banque a réduit la cadence sur le front des octrois de crédits. La croissance des engagements est ressortie à 6% à 9,3 milliards de dinars contre une envolée de 19% en 2017. Malgré cette réduction de voilure, le ratio de transformation global a poursuivi son ascension (+4 points de taux à 119%).

La dynamique commerciale de la banque s'est accompagnée d'une meilleure diversification sectorielle. L'encours des engagements affiche aujourd'hui une physionomie assez intéressante : une faible exposition aux secteurs pénalisés par la conjoncture (BTP, immobilier et tourisme). Par ailleurs, la BNA a renforcé sa présence dans le segment des crédits à la consommation, segment à faible risque et qui concentre, aujourd'hui, 17% de l'encours de crédits contre 1% quatre ans plus tôt.

Sans grande surprise la BNA a tiré profit de la hausse des taux au niveau de sa marge d'intérêt. Cette dernière a progressé de 27% à 332 millions de dinars. La réactivité de la banque est également perceptible au niveau de la marge sur commissions qui a bondi de 27% à 107 millions de dinars, profitant sans doute d'un relèvement des tarifs bancaires.

La bonne surprise est aussi venue du côté des autres revenus. Les produits de placement se sont appréciés de 16% à 114 millions de dinars. Conformément à son plan de relance, la banque a continué sa politique active d'investissement dans les bons du Trésor. Le portefeuille global des titres d'Etat a crû de 80% à 1,6 milliard de dinars contre 0,9 milliard de dinars à fin 2017.

La BNA a affiché une amélioration notable de sa productivité sur l'année. La hausse du PNB a permis d'absorber l'augmentation des frais généraux (+20% à 266 millions de dinars) engendrée notamment par la dotation au fonds de garantie des dépôts bancaires (une cotisation de 20 millions de dinars). Le coefficient d'exploitation a reculé de deux points de pourcentage à 48%, s'alignant ainsi sur la moyenne du secteur.

Les efforts de couverture ont été en deçà des attentes. Malgré la constatation d'une enveloppe de provisions de 83 millions de dinars dont 20 millions requis pour la couverture du risque Carthage Cement, le taux de couverture a quasiment stagné à 53% et reste bien loin du seuil recommandé par la BCT. Rappelons que la BNA affiche au 30 juin 2018 une exposition totale de 75 millions de dinars à la cimenterie publique (soit 18% de l'exposition globale du secteur bancaire).

Si l'activité d'exploitation a affiché des performances moyennes, la surprise est venue du côté des bénéfices. Récoltant les fruits de son programme de cession d'actifs, la banque a dégagé une plus-value de 33 millions de dinars sur la vente de titres SFBT. Les prises de bénéfice ont permis de bonifier le résultat net (de 175 millions de dinars). Cette performance paraît en baisse par rapport à 2017 (baisse de 12%), mais en retraitant l'effet de cette plus-value exceptionnelle, le résultat net s'établit à 146 millions de dinars, soit un bond remarquable de 37% par rapport à 2017.

La stratégie de cession d'actifs a valu à la banque de consolider sa solvabilité. Le ratio de solvabilité global est revenu à 14,7% contre 12,4% en 2017 et 10,1% en 2015. Quant au ratio Tier 1, il s'est établi à 9,86% en 2018 contre 8% en 2017 et 7% en 2015.

Augmentation de capital : Un business plan séduisant des hypothèses réalisables

La BNA entame une nouvelle étape de son développement. La banque compte procéder à une augmentation de capital en numéraire, portant sur un montant total de 338 millions de dinars. Cette opération sera structurée à travers la conversion de la créance de l'Etat envers la banque en capital pour un montant 171 millions de dinars et la levée de fonds propres sur le marché de 167 millions de dinars.

Selon les analystes de Tunisie Valeurs, cette augmentation de capital poursuit trois principaux objectifs à savoir : continuer le plan de mise à niveau, poursuivre la relance commerciale et solutionner la question des dotations de l'Etat. En effet, le business plan dévoilé par la banque sur la période 2018-2022 en marge de la recapitalisation nous semble séduisant et ses hypothèses de croissance réalistes.

Distribution de dividendes à partir de 2020

Selon les analystes de Tunisie Valeurs, la croissance soutenue des bénéfices permettrait de renflouer la solvabilité de la banque (un ratio de solvabilité global porté à 13,3% en 2022 et un ratio Tier 1 de 10,9%) et de renouer avec la distribution des dividendes à partir de 2020 (un dividende de 0,500 dinar en 2020 qui sera relevé à 1,100 dinar à partir de 2021, soit un payout moyen de 14% à partir de 2020).

Au final, les analystes de Tunisie Valeurs estiment que la banque est sur la bonne voie mais elle devra, à leur avis relever trois défis majeurs : clôturer l'opération d'augmentation de capital, confirmer son trend de croissance profitable et restaurer la qualité de son portefeuille.

Télécharger l'analyse de Tunisie Valeurs

Publié le 29/04/2019 15:35:05

3 COMMENTAIRES SUR CET ARTICLE
El jadid


29/04/19 17:09
Vous avez parlé de tout sauf du crédit agricole !!!!
Mohamed amine


29/04/19 21:24
hhhhh nos PP parfois n'attend mm pas 2 semaines bna exercice 2018 ss dividendes 2019 ss dividende rdv en 2021 pour encaisser les dividendes de 2020
El jefe


29/04/19 22:38
Peut on sattendre a une hausse
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