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La BIAT présente son étude sur les industries culturelles et créatives en Tunisie

ISIN : TN0001800457 - Ticker : BIAT
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C’est à son siège, à l’avenue Habib Bourguiba, que la BIAT a tenu ce mardi 6 novembre 2018 une conférence pour dévoiler une étude présentant un état des lieux des industries culturelles et créatives (ICC) en Tunisie. Regroupées dans ce qu’on appelle l’économie créative, ces ICC qui ne constituent que 0,6% du PIB de la Tunisie, ont été étudiées pour faire valoir leur potentiel et leur impact sur l’économie nationale.

L’étude présentée par Ahmed Amine Azouzi, Directeur de Pathé Tunis City et expert dans les médias et les industries culturelles, a pour vocation de cerner le secteur de la culture et de la créativité pour l’accompagner dans une logique économique et business. Durant sa présentation, il a essayé de répondre à la question de savoir comment les ICC peuvent avoir un impact économique important sur le pays.

Durant son mot d’ouverture, Elyes Ben Rayana, Responsable de la Banque de Financement et d'Investissement au sein de la BIAT, a rappelé que la BIAT est un mécène de la culture depuis une dizaine d’années. Il a également avancé que cette étude a pour but d’ouvrir une réflexion sur l’orientation de la stratégie culturelle de la Fondation BIAT. « La culture est un volet fondamental pour le développement d’un pays et la BIAT en tant que banque tunisienne cherche à pérenniser les ICC en élaborant les meilleurs business model qui leur permettront d’être rentables économiquement », a-t-il déclaré, ajoutant que plusieurs des obstacles actuels peuvent être résolus grâce à des Partenariats Publics Privés. 

Ahmed Amine Azouzi a de prime abord défini les ICC comme étant « Tous les secteurs d’activités qui ont pour objet la création, le développement, la production, la reproduction, la promotion, la diffusion, la commercialisation de biens, services et activités ayant un contenu culturel, artistique et patrimonial ». Il a mis en avant que les ICC contribuent à hauteur de 0,6% au PIB de la Tunisie, un taux très faible qui ne reflète pas l’effervescence culturelle croissante en Tunisie.

L’analyse et le diagnostic qui ont été entrepris dans l’étude prouvent que le secteur des ICC est encore sous développé en Tunisie et que l’arsenal législatif et administratif ralentit l’investissement dans ce secteur.  

Le constat qui en découle est que « La Tunisie a un potentiel important de demande qui reste non activé et qui attend d’être amorcé. Le manque de données et de transparence des transactions culturelles freine les investisseurs privés et, de son côté, l’Etat doit réactualiser son rôle de facilitateur en prenant en compte les évolutions économiques, technologiques et sociétales ». 

L’étude a mis en exergue que la scène créative tunisienne regorge de talents dont la force est encore inactive. Le plus grand point faible du secteur des ICC réside dans les dysfonctionnements « dans les maillons en aval qui amènent le produit à l’utilisateur final » ce qui crée un blocage dans le développement de l’économie créative. D’un autre côté, l’utilisateur de biens culturels a un accès géographique limité à ces biens, il manque d’informations et d’infrastructures culturelles. 

A la fin de la présentation de l’étude, Ahmed Amine Azouzi a énuméré 7 recommandations pour pousser en avant l’économie créative tunisienne et la rendre plus performante. Il s’agira de:

  • Investir dans les canaux de distribution et l’accès aux biens et services créatifs 
  • Renforcer la présence des biens créatifs dans l’éducation et les médias 
  • Accélérer le développement de l’écosystème digital créatif 
  • Encourager une concurrence saine entre tous les acteurs créatifs 
  • Mettre les données au centre de l’économie créative tunisienne
  • Faire porter l’économie créative par le privé et le public 
  • Remettre à jour le cadre légal tunisien 

Rôle de la BIAT dans le développement des industries culturelles et créatives

Au vu de cette étude, la BIAT a pris les devants pour contribuer à la définition et à la mise en œuvre des actions nécessaires à l’accompagnement de ce secteur, considéré comme un levier de croissance économique pour la Tunisie. Plusieurs actions ont d’ores et déjà été entreprises.

Tout d’abord, le lancement en juillet 2018 d’une offre dédiée au secteur du cinéma dans un objectif d’apporter aux producteurs un accompagnement sur mesure. Concrètement, l’offre de la BIAT s’articule autour de trois véhicules de financement : Un crédit d’accompagnement à la trésorerie à court terme, un crédit d’investissement à hauteur de 10% du budget global du film avec un plafond de 150.000 dinars et une formule de prise de participation dans le film à hauteur de 10% du coût global plafonnée à 50.000 dinars.

La BIAT a également parrainé plusieurs initiatives culturelles notamment celles qui contribuent à la démocratisation de la culture, à l’instar de la première édition du festival du cinéma méditerranéen Manarat. L’objectif est d’amorcer l’offre et de permettre aux tunisiens d’avoir un accès facile et souvent gratuit aux œuvres culturelles locales et régionales.

Pour sa part, la Fondation BIAT pour la jeunesse s'apprête à lancer un projet destiné à soutenir l’émergence des industries culturelles et créatives en Tunisie. Le projet vise à identifier, soutenir et accompagner les meilleures initiatives créatives, permettant ainsi de contribuer activement au développement de ce secteur à fort potentiel. Pour rappel, la Fondation BIAT pour la jeunesse s’est donné pour principale mission la promotion de la jeunesse tunisienne à travers une quinzaine de projets concrets. A ce jour, plus de 35 mille jeunes tunisiens profitent de ses actions.

La BIAT s’est traditionnellement dotée de moyens pour explorer et comprendre les enjeux économiques des différents secteurs économiques en Tunisie. La connaissance des différents aspects du marché local et des potentialités sectorielles lui permet de jouer pleinement son rôle dans le développement de l’économie nationale en tant qu’acteur financier et national majeur.

Méthodologie de l’étude

Plus de trente entretiens ont été menés avec des acteurs économiques, culturels, gouvernementaux, locaux et internationaux qui ont livré leurs observations du fonctionnement du secteur créatif ainsi que leurs visions des potentiels et freins économiques. L’analyse des statistiques disponibles est venue compléter ces entretiens avec un travail de benchmarking de pays aux configurations comparables à la Tunisie.

K.H

Publié le 06/11/18 14:10

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