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Fraude et blanchiment : La Tunisie doit-elle passer de la défense en silos à l’intelligence financière collective ?

La Banque Centrale de Tunisie vient d'engager un chantier de modernisation de l'infrastructure informatique de la CTAF. Une actualité qui pose une question plus large : face à une fraude devenue digitale, instantanée et interconnectée, la défense du système financier tunisien peut-elle encore reposer essentiellement sur des dispositifs fonctionnant en silos ?

 

 

Par Hakim CHERIF

Directeur - ATB | Administrateur indépendant - MPBS

Auteur du roman professionnel " Avant l'incident "

 

La fraude financière change de nature. Elle reste parfois documentaire : faux justificatifs, identités falsifiées, dossiers manipulés ou documents contrefaits, mais son centre de gravité s'est déplacé.

Elle est désormais largement digitale, instantanée et capable de traverser plusieurs établissements en quelques minutes : ingénierie sociale, compromission de comptes, détournement de parcours d'authentification, fraude au virement, fraude à la carte, paiements instantanés, comptes mules ou encore manipulation des bénéficiaires.

Le problème n'est donc plus seulement de savoir si une banque sait détecter une fraude. La vraie question devient : que se passe-t-il lorsqu'une banque détecte un signal que les autres établissements ne voient pas encore ?

C'est précisément à cet endroit que les nouvelles expériences européennes deviennent intéressantes pour la Tunisie, mais surtout, contrairement à ce que l'on pourrait croire, la Tunisie ne part pas de zéro. Elle dispose déjà de plusieurs briques importantes. La question est désormais de savoir si ces briques peuvent évoluer vers une véritable intelligence financière collective.

La fraude ne travaille pas en silos

Imaginons un scénario simple. Un fraudeur contrôle un compte dans une première banque. Il reçoit ensuite des fonds provenant d'une victime cliente d'un deuxième établissement. Les fonds sont immédiatement transférés vers un troisième. Une partie est finalement retirée, dispersée ou réorientée vers d'autres comptes.

Pour chacune des banques concernées, la transaction prise isolément peut paraître relativement banale, mais lorsque l'on reconstitue la chaîne, le scénario devient beaucoup plus évident.

Chaque établissement possède une partie du puzzle. Le fraudeur, lui, exploite le puzzle entier. Il ne raisonne pas en banque A, banque B ou banque C. Il raisonne en parcours et parfois en réseau. C'est précisément pourquoi la prochaine génération de dispositifs de prévention ne pourra probablement plus se limiter à améliorer les outils de chaque établissement pris séparément.

La Tunisie possède déjà une première brique collective

Il serait faux d'affirmer que la Tunisie ne dispose d'aucun dispositif mutualisé de surveillance des transactions. La Société Monétique Tunisie joue notamment un rôle d'infrastructure dans l'écosystème monétique et dispose de capacités liées à la sécurité et au monitoring, mais une distinction doit être faite.

Il existe une différence entre surveiller un environnement transactionnel commun et faire circuler entre établissements l'intelligence issue des fraudes détectées par chacun d'eux. La deuxième logique est beaucoup plus ambitieuse. Elle consiste à faire en sorte qu'une information utile détectée dans un établissement puisse, dans un cadre sécurisé et réglementé, contribuer à protéger l'ensemble de l'écosystème.

Deuxième brique : la CTAF et le renseignement financier

La Tunisie dispose également d'un dispositif institutionnel transversal : la Commission Tunisienne des Analyses Financières (CTAF). Et c'est ici que la notion de blanchiment devient essentielle.

La CTAF est une cellule de renseignements financiers de type administratif, au cœur du dispositif tunisien de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, mais il faut être précis.

La CTAF n'est pas un service antifraude bancaire. Sa mission relève du renseignement financier et de la lutte contre les flux financiers illicites, mais fraude et blanchiment peuvent se rejoindre dans la réalité des flux.

Une fraude peut générer un mouvement financier suspect et les fonds peuvent ensuite être transférés, fractionnés, dispersés ou faire transiter par plusieurs comptes. A partir de ce moment, la question n'est plus seulement " comment empêcher la fraude ? ", elle devient également " où va l'argent et que révèle la circulation de ces fonds ? "

C'est précisément à cette interface que se trouve l'intérêt d'une meilleure circulation du renseignement financier.

L'actualité qui change la perspective

La Banque Centrale de Tunisie vient de lancer un appel d'offres national pour la mise à niveau de l'infrastructure informatique de la CTAF. Le projet couvre notamment la fourniture, la livraison, l'installation, la configuration, l'intégration et la mise en service des équipements matériels et solutions logicielles.

Il comprend également le transfert de compétences et la formation, ainsi que la mise à disposition des licences, l'entretien, le dépannage et le maintien en bon état de fonctionnement de la solution pendant cinq ans. L'appel d'offres est structuré en deux lots distincts.

L'annonce est loin d'être anodine. La CTAF est au cœur du dispositif tunisien de renseignement financier. Moderniser son infrastructure informatique revient donc à renforcer les capacités technologiques d'un maillon essentiel de la chaîne de lutte contre les flux financiers illicites.

Mais il faut rester précis. L'appel d'offres ne dit pas que la BCT est en train de construire une plateforme nationale de partage antifraude entre banques. Il serait donc excessif de lui attribuer cet objectif.

En revanche, il montre que l'infrastructure informatique de la CTAF est appelée à franchir une nouvelle étape en matière de capacité, de sécurité, de résilience et de traitement de l'information. Et c'est précisément à ce moment qu'une question stratégique mérite d'être posée :

Si nous modernisons aujourd'hui l'infrastructure qui porte une partie du renseignement financier tunisien, quelles capacités voulons-nous lui donner demain ?

L'Espagne vient de franchir une étape supplémentaire

Cette question n'est pas théorique. Le 15 juin 2026, Banco Santander, BBVA et CaixaBank ont lancé FrauDfense Check, le premier service opérationnel de leur société commune FrauDfense. Le dispositif est ouvert à la participation de l'ensemble du secteur financier espagnol.

Son originalité réside dans la logique collaborative. En effet, durant sa phase pilote, le dispositif a été testé sur différents cas d'usage liés notamment à l'entrée en relation, aux virements, aux paiements Bizum et aux cartes. Les établissements indiquent que le pilote a permis de prévenir des fraudes représentant plusieurs millions d'euros.

Ce qui change n'est donc pas simplement la puissance du moteur antifraude. C'est la quantité d'intelligence à laquelle ce moteur peut avoir accès. La question n'est plus uniquement " Que savons-nous de ce client ou de cette transaction ? ", elle devient " qu'avons-nous appris d'une fraude que d'autres établissements pourraient rencontrer demain ? "

C'est le passage de la sécurité individuelle à l'intelligence collective. Il ne s'agit pas de mettre les fichiers clients en commun. Il faut toutefois éviter une autre simplification. L'intelligence antifraude collective ne signifie pas nécessairement que les banques doivent mettre leurs bases clients intégrales en commun.

Le véritable enjeu est de définir :

  • Quelle information doit être partagée ;
  • Pour quelle finalité ;
  • Entre quels acteurs ;
  • Dans quel format ;
  • Pendant combien de temps ;
  • Avec quelles garanties de sécurité ;
  • Et avec quels mécanismes de correction en cas de faux positif.

Autrement dit, partager le signal ne signifie pas nécessairement partager toute la donnée : un compte signalé, un bénéficiaire à risque, une typologie de fraude, un indicateur technique et une combinaison de comportements, un schéma transactionnel.

Ce sont potentiellement ces éléments, et non l'ensemble du dossier client, qui peuvent enrichir un dispositif collectif.

La France a choisi une approche plus ciblée

La France offre un autre exemple. Depuis le 7 mai 2026, le Fichier national des comptes signalés pour risque de fraude (FNC-RF) est opérationnel sous la gestion de la Banque de France.

Le dispositif permet aux prestataires de services de paiement de partager des signalements concernant des IBAN identifiés comme suspects, afin de renforcer la prévention collective de la fraude aux virements.

Les banques peuvent ensuite retraiter ces alertes avec leurs propres sources d'information afin d'alimenter leurs systèmes de lutte contre la fraude. La Banque de France indique notamment qu'elles peuvent avertir leur client lorsqu'un IBAN destinataire est suspect et, dans certaines situations, bloquer l'émission d'un virement lorsque l'IBAN est confirmé comme frauduleux.

La logique est donc simple : une banque identifie un risque ; le système permet aux autres de ne pas devoir nécessairement le redécouvrir seules. L'Espagne expérimente une approche plus large. La France a commencé par un dispositif ciblé sur les IBAN suspects, mais les deux expériences reposent sur une même conviction :

L'information antifraude gagne en valeur lorsqu'elle sort du silo dans lequel elle a été découverte. Et la Tunisie ?

C'est ici que notre réflexion devient particulièrement intéressante. La Tunisie possède déjà la BCT, avec son rôle de régulation et de supervision, la CTAF, avec sa mission de renseignement financier, la SMT, avec ses infrastructures monétiques et ses fonctions de sécurité et de monitoring, les banques, avec leurs historiques transactionnels, leurs dispositifs KYC et leurs propres systèmes de détection, et les établissements de paiement, qui prennent progressivement une place plus importante dans l'écosystème financier digital.

Les différentes briques existent donc. Ce qui est beaucoup moins visible publiquement, c'est l'existence d'un dispositif tunisien comparable à FrauDfense Check permettant à plusieurs établissements de partager de manière structurée et dynamique des signaux couvrant simultanément les identités, les bénéficiaires, les comportements, les parcours digitaux et les transactions.

Cela ne signifie pas qu'aucun mécanisme interne, confidentiel ou sectoriel n'existe. Cela signifie simplement qu'aucun dispositif tunisien présenté sous cette forme n'a été identifié dans les informations publiques consultées.

Cette nuance est essentielle. La vraie question n'est donc plus " faut-il centraliser ? ", elle est beaucoup plus précise : comment faire dialoguer intelligemment les infrastructures qui existent déjà ?

Prenons le cas d'un compte mule. Une banque peut détecter un comportement suspect. Une autre peut observer des transactions similaires. La CTAF peut recevoir des déclarations ou informations liées à certaines opérations suspectes.

Un autre établissement peut, de son côté, avoir déjà identifié le même bénéficiaire ou un schéma comparable. Mais si ces informations restent cloisonnées, chacune conserve seulement une partie de la réalité.

Imaginez maintenant qu'un système permette d'identifier la convergence de ces signaux, dans le respect du cadre juridique applicable. Le compte n'est plus seulement " suspect " dans une banque, il devient un élément d'un schéma de risque observé à l'échelle du système. C'est là que la puissance de l'intelligence collective apparaît.

Le véritable saut sera le temps réel

Il ne suffit toutefois pas de partager, il faut également partager à la bonne vitesse. Une information reçue plusieurs jours après une fraude peut être utile pour l'enquête. Une information reçue avant l'exécution d'un virement peut empêcher la fraude.

Un signal reçu au moment de l'entrée en relation peut empêcher l'intégration d'un profil à risque alors qu'un signal disponible au moment de l'authentification peut contribuer à empêcher une compromission.

Le véritable enjeu de la prochaine génération de dispositifs sera donc la combinaison de trois éléments : interconnexion, intelligence et temps réel.

De la fraude au blanchiment : le chaînon manquant

C'est ici que la présence de la CTAF change profondément la réflexion. La lutte contre la fraude et la lutte contre le blanchiment ne doivent pas être confondues. Elles répondent à des finalités et à des cadres différents. Mais elles peuvent se rencontrer dans le parcours d'un même flux financier.

Une fraude peut produire des fonds illicites qui peuvent être transférés vers des comptes mules. Ils peuvent être fractionnés, circuler entre plusieurs établissements et être mélangés à des flux apparemment légitimes. Puis, ils peuvent ressortir du système sous une autre forme.

Le fraudeur cherche à obtenir l'argent et le blanchisseur cherche ensuite à rendre sa circulation moins visible ou à lui donner une apparence légitime. La capacité à détecter le premier phénomène peut donc produire des signaux utiles à la compréhension du second.

C'est précisément pourquoi la qualité et la rapidité de la circulation du renseignement financier deviennent stratégiques.

La donnée ne suffit pas, il faut une gouvernance

C'est probablement le point le plus difficile. Construire une plateforme technique est une chose alors que décider de ce qu'elle peut faire en est une autre.

Qui peut alimenter le système ? Qui peut consulter un signal ? Quel niveau de preuve faut-il pour classer un compte comme suspect ? Comment distinguer un faux positif d'une véritable fraude ? Combien de temps conserver l'information ? Comment permettre à une personne ou à une entreprise injustement signalée de faire rectifier une information ? Quelle autorité assure la gouvernance ? Quelle responsabilité en cas de décision erronée ?

Ces questions sont aussi importantes que la technologie elle-même. Une intelligence financière collective ne peut fonctionner que si elle repose sur une gouvernance clairement définie. Et c'est peut-être là que la modernisation de la CTAF prend tout son sens

Encore une fois, il faut rester prudent. L'appel d'offres lancé par la BCT ne dit pas que la prochaine infrastructure informatique de la CTAF deviendra une plateforme nationale antifraude.

Mais il intervient dans un contexte où les besoins de traitement, de sécurité, de résilience et de circulation de l'information financière deviennent de plus en plus importants. Il serait donc dommage de penser uniquement en termes de capacité informatique.

La vraie question devrait être celle des usages futurs de cette capacité. Une infrastructure moderne peut traiter davantage de données. Mais une architecture réellement pensée pour l'avenir peut également permettre de mieux les exploiter, de mieux les croiser et, lorsque le cadre juridique le permet, de mieux faire circuler les signaux utiles. C'est une différence majeure.

De la conformité à l'intelligence du risque

Cette évolution rejoint d'ailleurs une transformation plus large du secteur bancaire tunisien. La conformité et la gestion des risques ne peuvent plus être considérées uniquement comme des fonctions intervenant après la décision, elles doivent progressivement être intégrées dans la décision elle-même.

Mais demain, une nouvelle question pourrait apparaître : quel est le risque que nous ne voyons pas parce que l'information nécessaire se trouve chez un autre acteur ? Cette question dépasse le traditionnel contrôle interne, elle introduit une dimension écosystémique dans la gestion du risque.

Le risque n'est plus seulement celui de la banque, il peut devenir celui du réseau financier auquel elle appartient. Le paradoxe est que le fraudeur a déjà adopté cette logique. C'est peut-être le point le plus important.

Les fraudeurs n'attendent pas que les banques mettent en place une architecture collaborative. Ils utilisent plusieurs établissements, exploitent plusieurs canaux et combinent ingénierie sociale, compromission, comptes mules, transferts successifs et moyens de paiement différents. Ils savent parfaitement que chaque établissement ne voit qu'une partie de la chaîne. Leur avantage vient précisément de cette fragmentation.

Pourquoi la défense devrait-elle rester fragmentée ?

La Tunisie ne doit pas nécessairement copier l'Espagne, elle pourrait même partir de sa propre architecture.

La SMT dispose déjà de compétences en matière de sécurité et de monitoring, la CTAF possède déjà une fonction nationale de renseignement financier, la BCT dispose de la capacité réglementaire et institutionnelle, les banques disposent des données transactionnelles et comportementales et les établissements de paiement enrichissent progressivement l'écosystème.

Et aujourd'hui, la BCT engage un chantier important de modernisation de l'infrastructure informatique de la CTAF, avec un accompagnement prévu sur cinq ans, incluant notamment intégration, maintenance et transfert de compétences.

Les conditions d'une réflexion existent donc déjà. Il ne s'agit pas de créer une copie tunisienne de FrauDfense mais plutôt de se demander si les prochaines infrastructures financières tunisiennes doivent être conçues pour permettre davantage de coopération intelligente entre les acteurs.

Vers un radar collectif du risque ?

On pourrait imaginer, à titre prospectif, un système dans lequel les établissements ne transmettraient pas leurs bases clients, mais certains signaux normalisés de risque.

Une banque détecte un bénéficiaire fortement associé à des opérations frauduleuses. Le signal est partagé dans un cadre sécurisé. Une deuxième banque rencontre le même bénéficiaire. Son système de scoring intègre l'information, et une troisième détecte un comportement similaire.

Le système commence à reconnaître un schéma. Ce qui était trois anomalies indépendantes devient alors une typologie de risque identifiable. Le système ne se contente plus de détecter une transaction, il apprend à reconnaître un scénario.

Et cette capacité pourrait, selon le cadre juridique et les finalités retenues, servir à la fois la prévention de la fraude et l'amélioration du renseignement financier.

Une opportunité pour la place tunisienne

Cette évolution ne doit d'ailleurs pas être considérée uniquement sous l'angle défensif. Une meilleure intelligence collective du risque pourrait réduire les coûts de détection, accélérer l'identification des nouvelles typologies de fraude et améliorer progressivement la qualité des modèles utilisés par les établissements.

Elle pourrait également éviter que chaque banque réapprenne seule les mêmes leçons. Si une nouvelle technique de fraude apparaît dans un établissement, pourquoi faudrait-il attendre qu'elle frappe les autres pour qu'elles commencent à l'identifier ? L'intelligence collective transforme alors une faiblesse individuelle en capacité collective.

Le véritable enjeu n'est donc plus la quantité de données puisque la Tunisie dispose déjà d'une quantité considérable d'informations financières. Le défi est ailleurs : comment transformer ces données en signaux ? comment transformer ces signaux en intelligence ? et surtout, comment faire circuler cette intelligence suffisamment rapidement pour qu'elle devienne préventive plutôt que simplement corrective ?

C'est peut-être cela, finalement, la prochaine étape de la transformation numérique de la finance tunisienne : pas davantage de données mais davantage d'intelligence autour de la donnée.

La Tunisie a les briques, il faut maintenant les faire parler

L'Espagne vient de mettre en production une plateforme collaborative de prévention de la fraude ouverte au secteur financier, alors que la France dispose depuis mai 2026 d'un fichier national permettant le partage de signalements d'IBAN présentant un risque de fraude.

La Tunisie dispose déjà de ses propres mécanismes : infrastructures monétiques, dispositifs de monitoring, renseignement financier et systèmes internes de contrôle, et la BCT vient désormais d'engager une nouvelle étape avec la modernisation de l'infrastructure informatique de la CTAF.

Il serait donc prématuré d'affirmer que la Tunisie est en train de construire son propre système d'intelligence antifraude interbancaire, mais il serait tout aussi dommage de ne pas profiter de cette phase de transformation pour réfléchir à ce que pourrait être la prochaine génération de notre dispositif.

Car le fraudeur ne respecte ni les silos bancaires, ni les frontières entre les canaux, ni les organigrammes. Il peut passer d'une banque à une autre, d'un compte à un autre, d'un moyen de paiement à un autre, et parfois d'un pays à un autre.

La défense, elle, ne peut plus se contenter de regarder chaque transaction isolément, elle doit apprendre à regarder le réseau. La fraude est déjà collaborative et le blanchiment exploite lui aussi les interconnexions du système financier.

La prochaine étape pour la finance tunisienne sera peut-être de faire de la défense un effort collectif et du renseignement financier une véritable intelligence du réseau.

 

 

Cette analyse constitue un point de vue personnel. Elle ne prétend pas décrire l'ensemble des mécanismes internes, confidentiels ou non publics pouvant exister au sein des institutions financières tunisiennes.

 

 

Publié le 27/08/26 10:36

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