D'une valeur de 658 millions de dollars, le projet doit permettre de produire 250.000 tonnes d'acide phosphorique par an et de générer plus de 3.000 emplois directs et indirects. Une grande partie de cette production sera destinée à l'exportation.
L'Égypte vient de lancer la construction d'un nouveau complexe industriel consacré à la transformation du phosphate. Il s'agit d'une unité destinée à produire de l'acide phosphorique à partir du phosphate extrait du plateau d'Abu Tartour, dans le gouvernorat de la Nouvelle-Vallée.
Le projet représente un investissement de 658 millions de dollars, et doit permettre au pays de renforcer la valorisation locale de ses ressources phosphatières.
Les groupes chinois China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) et East China Engineering Science and Technology Co (ECEC) assureront la réalisation du complexe, dont la livraison est prévue dans un délai de 30 mois. La production sera principalement destinée aux marchés extérieurs.
Une nouvelle unité tournée vers l'exportation
Le complexe sera implanté directement à Abu Tartour, l'un des principaux bassins phosphatiers du pays. Sa première phase doit permettre de produire 250.000 tonnes d'acide phosphorique à haute concentration par an, une matière première utilisée notamment dans la fabrication d'engrais phosphatés. La majeure partie de cette production devrait être destinée à l'exportation.
Le projet doit également générer plus de 3.000 emplois directs et indirects. Pour l'acheminement de la production vers les marchés extérieurs, l'Égypte prévoit notamment d'utiliser le port de Safaga, sur la mer Rouge, afin de faciliter les exportations et de générer des recettes en devises.
Une grande partie de cette production devrait être destinée à l'exportation. L'acide phosphorique produit à Abu Tartour pourra ainsi alimenter les marchés internationaux des engrais et de l'industrie chimique, dans un contexte où la demande mondiale pour les fertilisants reste étroitement liée aux besoins de l'agriculture.
Pour l'Égypte, l'objectif est surtout de remonter la chaîne de valeur du phosphate. Plutôt que d'exporter uniquement le minerai extrait à Abu Tartour, le pays cherche à le transformer localement en un produit industriel à plus forte valeur ajoutée. La production pourra ensuite être expédiée vers les marchés extérieurs depuis le port de Safaga, sur la mer Rouge.
De l'extraction à la transformation
Le gouvernement égyptien affirme désormais vouloir privilégier la transformation locale du phosphate plutôt que l'exportation du minerai à l'état brut, afin d'en accroître la valeur ajoutée et de développer une industrie des engrais davantage tournée vers les marchés internationaux.
Cette orientation s'accompagne d'une multiplication des projets industriels dans la filière. En avril, l'Égypte a notamment signé avec le groupe indonésien Indorama un contrat pour la réalisation d'un complexe d'engrais phosphatés dans la zone économique du canal de Suez, à Sokhna. La première phase représente 525 millions de dollars d'investissements et doit produire 600 000 tonnes par an.
Le pays avance également sur d'autres projets de transformation. En juillet, l'égyptien Genesis Mining a annoncé un programme d'investissement de 930 millions de dollars, destiné à développer une chaîne intégrée allant de l'exploration et de l'extraction du phosphate jusqu'à la production d'acide phosphorique et d'engrais. À terme, le projet pourrait atteindre une capacité de 20 millions de tonnes de minerai de phosphate par an.
Ces investissements répondent à un objectif : ne plus se limiter à l'extraction et à l'exportation du minerai, mais développer localement des produits à plus forte valeur ajoutée, notamment l'acide phosphorique et les engrais.
Jihen Mkehli
Publié le 26/08/26 12:33




