L'agence souligne l'amélioration des indicateurs extérieurs, tout en pointant les importantes contraintes budgétaires qui continuent de peser sur le pays.

L'agence de notation américaine Fitch Ratings a confirmé jeudi 8 octobre 2026 la note souveraine à long terme de l'Égypte en devises étrangères à " B ", avec une perspective stable.
Cette décision intervient alors que les finances publiques restent sous pression et que les besoins de financement extérieur demeurent élevés.
Fitch souligne néanmoins plusieurs facteurs qui continuent de soutenir la note égyptienne, notamment le potentiel de croissance relativement élevé du pays, le soutien de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux ainsi que le poids de son économie par rapport aux autres pays classés dans la même catégorie.
Les indicateurs extérieurs s'améliorent
L'agence relève également une amélioration des indicateurs extérieurs au cours des derniers mois. Les réserves internationales brutes ont augmenté d'environ 5,5 milliards de dollars au cours des huit premiers mois de 2026, pour atteindre 54,4 milliards de dollars.
Les avoirs extérieurs nets de la Banque centrale d'Égypte ont, eux, progressé de 5,6 milliards de dollars en août, à 19 milliards de dollars.
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Fitch estime par ailleurs que le régime de change flexible a permis à l'économie égyptienne d'absorber une partie des chocs provoqués par les tensions régionales. Malgré une sortie de plus de 6 milliards de dollars d'investissements étrangers des titres de dette publique et une dépréciation de plus de 14 % de la livre égyptienne face au dollar pendant la crise, les flux de capitaux ont ensuite repris et une grande partie des pertes de change a été récupérée.
Le compte courant reste déficitaire
La situation extérieure demeure toutefois un point de vigilance. Fitch estime que le déficit courant a atteint 5,1 % du PIB au cours de l'exercice 2025-2026, contre 4,2 % un an auparavant, sous l'effet notamment de la hausse de la facture énergétique et de la dégradation de la balance commerciale.
L'augmentation des recettes touristiques et des transferts des Égyptiens établis à l'étranger a toutefois permis de limiter la dégradation. Fitch prévoit ainsi une réduction du déficit courant à moins de 3,5 % du PIB d'ici l'exercice 2027-2028, grâce notamment à la progression du tourisme et à une amélioration attendue de la balance commerciale.
L'inflation reste également sous surveillance. L'agence estime que les tensions sur les prix de l'énergie et des produits alimentaires continueront de peser sur l'économie, alors que l'Égypte est devenue importatrice nette de pétrole et de gaz. Fitch prévoit une inflation moyenne de 12,3 % pour l'exercice 2026-2027, avant un ralentissement sous la barre des 10 % l'année suivante.
Des finances publiques toujours fragiles
Fitch prévoit un déficit des administrations publiques de 5,8 % du PIB en 2026-2027, contre 5,3 % au cours de l'exercice précédent, notamment en raison de la hausse des charges d'intérêts.
L'agence table néanmoins sur une réduction du déficit à moins de 5 % du PIB en 2027-2028, grâce à la baisse attendue des coûts d'emprunt et à la mise en œuvre de nouvelles mesures fiscales.
La dette publique devrait également poursuivre sa décrue pour atteindre environ 72 % du PIB à la fin de l'exercice 2027-2028. Fitch souligne toutefois que ce niveau resterait supérieur à la moyenne des pays comparables notés " B ". Le poids des intérêts de la dette devrait, de son côté, passer de 63 % des recettes en 2025-2026 à 52 % en 2027-2028.
Malgré ces contraintes, Fitch relève la résistance de l'économie égyptienne. Le PIB a progressé de 5,1 % au cours de l'exercice 2025-2026, porté notamment par la reprise du tourisme, l'activité des industries exportatrices et la consommation privée.
L'agence prévoit toutefois un léger ralentissement à 4,7 % en 2026-2027, en raison notamment des pressions inflationnistes et de leurs effets sur la consommation et l'investissement.
Fitch n'anticipe par ailleurs pas la conclusion d'un nouveau programme avec le Fonds monétaire international après l'achèvement du programme actuel. L'agence s'attend néanmoins à la poursuite des principales orientations économiques, notamment le maintien de taux d'intérêt réels positifs, la réalisation d'excédents primaires élevés et la poursuite d'une politique de change plus flexible.
Jihen Mkehli
Publié le 09/10/26 08:23




