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Du commerce à l'industrie, le virage stratégique des investissements chinois en Égypte

Le lancement de la troisième phase de la zone industrielle sino-égyptienne TEDA et plusieurs nouveaux projets industriels chiffrés marquent la visite de Xi Jinping au Caire, la première du président chinois en Égypte depuis dix ans.

 

 

Le président chinois Xi Jinping a achevé mercredi 2 septembre sa visite d'État en Égypte, la première dans le pays depuis 2016. Outre le volet diplomatique, ce déplacement de deux jours a donné lieu à plusieurs annonces destinées à renforcer la présence industrielle chinoise en Égypte. 

Déjà implantée dans le pays à travers plusieurs projets industriels, d'infrastructures et d'énergie, la Chine cherche désormais à approfondir cette présence en faisant de l'Égypte une plateforme de production et d'exportation vers les marchés africains, arabes et européens.

Une troisième phase pour la zone industrielle TEDA

L'une des principales annonces de la visite concerne le lancement de la troisième phase d'expansion de la zone économique et commerciale sino-égyptienne TEDA, implantée dans la Zone économique du canal de Suez. Déjà forte d'environ 200 entreprises, la zone a attiré près de quatre milliards de dollars d'investissements, selon les autorités égyptiennes.

L'accord a été annoncé par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi lors de ses entretiens avec Xi Jinping. Cette nouvelle phase doit ouvrir davantage d'espace aux investissements et à la production dans plusieurs secteurs, notamment les énergies renouvelables, l'industrie automobile, le textile et les fibres chimiques.

 

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L'objectif est de faire évoluer davantage la coopération sino-égyptienne du commerce et des infrastructures vers la fabrication locale, l'intégration des chaînes d'approvisionnement et l'exportation. La nouvelle phase doit ainsi permettre d'accueillir davantage d'entreprises chinoises dans l'une des principales plateformes industrielles du pays.

500 millions de dollars pour un complexe de pneumatiques

Parallèlement à cette annonce, un grand projet industriel chinois a été dévoilé dans la zone de Sokhna. Le fabricant chinois de pneumatiques Zhongce Rubber Group (ZC Rubber) a signé une lettre d'intention avec la Zone économique du canal de Suez afin d'étudier la création d'un complexe industriel intégré de fabrication de pneumatiques, pour un investissement estimé à 500 millions de dollars.

Le projet devrait être construit sur une superficie d'environ 600.000 m² et réalisé en trois phases. Il doit produire des pneumatiques pour voitures et poids lourds, ainsi que développer des activités industrielles, de services et de logistique associées.

L'ambition est largement tournée vers l'exportation : environ 95% de la production prévue serait destinée aux marchés extérieurs, notamment au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe. Le projet doit ainsi utiliser la position géographique de l'Égypte et la proximité du canal de Suez pour constituer une base d'exportation régionale.

67 millions de dollars dans les produits médicaux

Un autre investissement chinois annoncé juste avant la visite présidentielle vient compléter cette nouvelle vague de projets industriels. Le groupe chinois Jieya prévoit d'investir 67 millions de dollars dans un complexe intégré consacré à la fabrication de produits médicaux et d'hygiène à usage unique dans la zone industrielle de Sokhna.

 

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Le projet, installé sur environ 160.000 m², doit créer quelque 450 emplois directs et atteindre une capacité annuelle de 8,1 milliards d'unités. Sa réalisation s'inscrit dans l'extension de la zone industrielle sino-égyptienne TEDA.

À eux seuls, les projets de ZC Rubber et Jieya représentent donc 567 millions de dollars d'investissements chinois annoncés ou en cours de concrétisation autour de la visite de Xi Jinping.

La production de batteries à l'étude

La coopération sino-égyptienne s'étend également à la filière des véhicules électriques. Le groupe égyptien Mansour et le chinois Tianneng Battery Group ont signé, le 2 septembre, un mémorandum d'entente pour étudier des opportunités de coopération et d'investissement dans la fabrication de batteries et les solutions de stockage d'énergie en Égypte.

Les deux groupes doivent notamment examiner la possibilité de produire localement des batteries au plomb pour automobiles, ainsi que des batteries au lithium destinées aux véhicules à énergies nouvelles. À ce stade, aucun montant d'investissement n'a été annoncé pour le projet Tianneng. 

Jihen Mkehli 

 

Publié le 03/09/26 10:05

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