Face aux mobilisations du mouvement GenZ depuis fin septembre, le gouvernement a choisi de renforcer ses investissements dans la santé, l'éducation et la protection sociale.
Le gouvernement marocain a dévoilé un budget de 15 milliards de dollars pour l'exercice 2026, dédié aux secteurs stratégiques de la santé et de l'éducation.
Selon Nadia Fettah Alaoui, ministre de l'Économie et des Finances, ce budget marque une hausse de 18 % par rapport à l'année dernière.
Présentant le projet de Loi de finances 2026 lors d'un Conseil des ministres présidé par le roi Mohammed VI, la ministre a détaillé les mesures prévues pour renforcer l'offre en infrastructures de santé. Parmi elles : l'achèvement des travaux de construction et l'équipement du Centre Hospitalier Universitaire Ibn Sina à Rabat, ainsi que la mise en service de deux nouveaux Centres Hospitaliers Universitaires à Agadir et Laâyoune.
Dans le domaine de l'éducation, l'accent sera mis sur l'accélération de la généralisation de l'enseignement préscolaire, le renforcement des services d'appui à la scolarité et l'amélioration de la qualité de l'enseignement.
Une réponse aux aspirations sociales de la jeunesse
Cette décision vise à répondre aux revendications exprimées par le mouvement GenZ 212, qui dénonce le décalage entre les investissements dans les événements sportifs internationaux et le secteur touristique et les besoins fondamentaux de la population.
" Ce que nous avons entendu des protestations de la jeunesse, c'est qu'ils veulent une meilleure éducation et un meilleur accès à la santé ", a annoncé Nadia Fettah Alaoui.
Le mouvement, né fin septembre 2025 après des tragédies sanitaires, a rapidement mobilisé des milliers de jeunes à travers le pays. Organisés via des plateformes numériques comme Discord, les manifestants réclament des réformes profondes dans les domaines de la santé, de l'éducation et de l'emploi, tout en dénonçant la corruption gouvernementale et les inégalités sociales.
En réponse, le gouvernement a annoncé l'extension du programme d'aide sociale directe à 4 millions de ménages, représentant environ 60% des foyers non couverts par un régime d'allocations familiales. Cette aide, variant de 500 à 1 200 dirhams par mois, vise à pallier les déficits sociaux et à soutenir les familles vulnérables.
Jihen Mkehli
Publié le 20/10/25 10:30




