Après 14 ans de présence, Jumia se retire d'Algérie pour se recentrer sur les marchés à plus fort potentiel, face à des contraintes structurelles et une rentabilité limitée.
Après avoir quitté la Tunisie, le plus grand site de vente en ligne en Afrique, Jumia, a annoncé qu'il quitterait également l'Algérie à partir de février 2026, après 14 ans de présence dans le pays.
La décision a été rendue publique le mardi 10 février, à l'occasion de la publication par Jumia Technologies AG de ses résultats financiers pour l'année 2025, qui montrent une forte pression sur la rentabilité et une volonté de recentrer les activités du groupe.
Dans son communiqué, l'entreprise indique qu'" en février 2026, Jumia a décidé de cesser ses activités en Algérie ", un marché qui représentait environ 2 % de son volume brut de marchandises (GMV) en 2025. La filiale locale, Jade E‑Services Algeria SARL, a déjà commencé à informer ses vendeurs partenaires que le site ne sera plus accessible au plus tard le 10 mars 2026, mettant fin à toutes les opérations commerciales dans le pays.
Dans l'immédiat, cette décision se traduira par des coûts de sortie, comme la résiliation de contrats de location, les indemnités de fin de contrat pour les employés et la liquidation de certains actifs. À plus long terme, l'entreprise estime que cette réduction de son empreinte géographique améliorera son efficacité opérationnelle et lui permettra de mieux allouer ses ressources dans ses marchés " cœurs de métier ".
Jumia quitte un marché moins rentable
Ce retrait de l'Algérie s'inscrit dans une stratégie de restructuration plus large de Jumia, commencée depuis plusieurs années.
Le groupe a choisi de se recentrer sur les marchés à fort potentiel de croissance et de rentabilité, comme le Nigeria ou l'Égypte, tout en se retirant progressivement de marchés moins performants, parmi lesquels la Tunisie, l'Afrique du Sud ou certains pays d'Afrique centrale.
Selon des analyses basées sur le rapport financier de Jumia et des experts du secteur, plusieurs facteurs ont pesé dans cette décision. D'abord la contribution faible au chiffre d'affaires global, l'Algérie ne représentait qu'une part limitée du volume brut de marchandises (GMV) de Jumia, ce qui rendait difficile l'atteinte d'économies d'échelle suffisantes pour générer des profits durables.
Malgré la croissance de l'accès à Internet et du commerce en ligne, les politiques commerciales restrictives, les contrôles d'importation et une économie encore largement marquée par le paiement en espèces compliquent les opérations et limitent les marges des plateformes e‑commerce étrangères.
Jumia cherche à rationaliser ses ressources et à concentrer ses investissements et son attention managériale sur des marchés où les perspectives de croissance durable et de rentabilité sont plus nettes.
Jihen Mkehli
Publié le 11/02/26 13:24




