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La Chine propose au Maroc un accord de libre-échange

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Le Maroc étudie une offre chinoise de libre-échange, actuellement en phase d'analyse avant toute ouverture de négociations.

 

 

La Chine a proposé au Maroc la signature d'un accord de libre-échange. C'est ce qu'a annoncé le ministre marocain de l'Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, précisant que le dossier est actuellement en phase d'étude, sans qu'aucune négociation formelle n'ait été engagée à ce stade.

Le gouvernement marocain cherche avant tout à mesurer les effets d'un tel rapprochement sur son tissu industriel ainsi que sur ses engagements commerciaux existants.

Dans un entretien accordé à la presse locale, le ministre a insisté sur la prudence de l'exécutif. Toute décision éventuelle devra être précédée d'une évaluation approfondie, notamment sur l'impact que pourrait avoir une ouverture plus large aux produits chinois sur l'économie nationale, mais aussi sur les accords déjà conclus avec l'Union européenne, les États-Unis et d'autres partenaires stratégiques du royaume.

" Nous devons évaluer l'impact que cela aurait sur notre économie et la manière dont cela pourrait affecter nos autres accords de libre-échange ", a déclaré Ryad Mezzour.

Un partenariat encore largement asymétrique

Depuis plusieurs années, la Chine ne se contente plus d'investir en Afrique, elle cherche clairement à y renforcer son influence commerciale. Elle a d'ailleurs récemment mis en place un régime de suppression des droits de douane sur la quasi-totalité des lignes tarifaires pour les pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Une mesure qui vise à fluidifier les échanges et à consolider, un peu plus, sa présence économique sur le continent.

 

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Dans cette stratégie, le Maroc occupe une place à part. Pays déjà industrialisé, tourné vers l'export, intégré à un réseau dense d'accords de libre-échange avec l'Europe et les États-Unis, il s'impose aussi comme une plateforme entre l'Afrique et l'Europe. Autrement dit, un point central naturel pour les ambitions chinoises.

Les échanges entre les deux pays ont d'ailleurs fortement progressé ces dernières années. Mais derrière cette montée en puissance, le déséquilibre reste net. La Chine exporte massivement vers le Maroc des machines, des équipements industriels, de l'électronique, des pièces automobiles et des biens de consommation. Le Maroc, lui, reste cantonné à un panier plus étroit, dominé par les phosphates, quelques produits chimiques et des matières premières.

Dès lors, l'idée d'un accord de libre-échange ne relève pas seulement d'une opportunité commerciale. Elle pose une vraie question de fond pour Rabat : comment ouvrir davantage le jeu avec la deuxième économie mondiale sans fragiliser ses industries, ni bousculer l'équilibre déjà fragile de ses accords commerciaux existants ?

Jihen Mkehli

 

Publié le 15/06/26 10:18

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