L'Algérie prévoit d'investir 71,6 milliards de dollars dans les hydrocarbures d'ici 2030, dont 52 milliards consacrés à l'exploration et à la production.

L'Algérie prévoit de mobiliser 71,6 milliards de dollars dans son secteur des hydrocarbures à l'horizon 2030. Le programme vise à augmenter la production de pétrole et de gaz, mais aussi à développer le raffinage et la pétrochimie, alors que la demande intérieure progresse et que les exportations restent essentielles aux recettes du pays.
L'annonce a été faite le 17 octobre 2026 par le ministre d'État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, devant la commission des finances et du budget de l'Assemblée populaire nationale, dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances pour 2027.
52 milliards de dollars pour l'exploration et la production
L'essentiel de l'enveloppe annoncée sera consacré aux activités en amont, qui regroupent notamment l'exploration et la production. Ce volet mobilisera 52 milliards de dollars. Près de 13 milliards supplémentaires sont prévus pour le raffinage et la pétrochimie, selon les précisions du ministre.
À travers ce programme, l'Algérie entend porter sa production primaire d'hydrocarbures à environ 201 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) en 2030, contre 193 millions de TEP attendues en 2026.
Elle vise également à porter le taux de transformation et de valorisation des hydrocarbures à plus de 50 % de la production primaire, contre environ 30 % actuellement.
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Le renouvellement des réserves constitue un autre axe de cette stratégie. Depuis le début de 2026, Sonatrach a réalisé 17 nouvelles découvertes d'hydrocarbures avec ses propres moyens, a indiqué Mohamed Arkab.
En parallèle, le groupe public poursuit ses partenariats avec des compagnies internationales, dont l'italienne Eni, l'indonésienne Pertamina, l'espagnole Repsol, la chinoise Sinopec et l'américaine Occidental Petroleum.
L'Algérie cherche aussi à attirer de nouveaux investisseurs dans l'exploration. L'appel d'offres international " Algeria Bid Round 2026 ", lancé par l'Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), porte sur sept périmètres répartis dans les wilayas d'Ouargla, d'Illizi, de Touggourt et d'El Bayadh.
Le raffinage et la pétrochimie pour mieux valoriser les ressources
Le programme doit renforcer les capacités de transformation locale. Parmi les projets cités figurent la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, une unité de production de méthyl tert-butyl éther (MTBE) à Arzew, un complexe de polypropylène dans la même zone industrielle, ainsi qu'une unité de production d'alkylbenzène linéaire à Skikda. Un projet de polypropylène est également prévu en Turquie.
La raffinerie de Hassi Messaoud doit afficher une capacité de traitement de 5 millions de tonnes par an. À Arzew, l'unité de MTBE est destinée à produire 200 000 tonnes par an d'un additif utilisé dans l'essence sans plomb. Ces installations doivent notamment contribuer à réduire le recours aux importations de produits transformés et à dégager, à terme, des volumes exportables.
L'objectif est de capter une part plus importante de la valeur ajoutée sur le territoire national, plutôt que de s'appuyer principalement sur la vente de pétrole et de gaz bruts. Le développement de ces activités doit également répondre aux besoins des industries locales en carburants et en matières premières pétrochimiques.
Pour rappel, entre janvier et septembre 2026, les exportations d'hydrocarbures ont rapporté 37,5 milliards de dollars à l'Algérie.
Jihen Mkehli
Publié le 21/10/26 09:00




