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Ahmed El Karm s'attend à une chute de 20% des bénéfices des banques en 2020

Les banques sont désormais dans une situation délicate. C'est ce qu'a souligné Ahmed El Karm, ancien président de l'Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers (APTBEF), sur les ondes d'Express Fm.

D'ores et déjà, il a indiqué que le retour vers le sentier de croissance au niveau des banques de la place est hors de question pour l'année 2020. Tout en soutenant que " les répercussions de la crise sanitaire sur les performances économiques et financières commencent à se faire sentir. Les produits nets bancaires vont certainement être mis à mal au terme de l'année 2020 ".

De plus, il a fait savoir que les bénéfices espérés pour l'exercice 2020 seront affectés. " On s'attend à une chute de 20% des bénéfices du secteur pour cette année puis que les banques seront amenées à constituer des provisions assez importantes pour amortir le choc de cet exercice ", a-t-il estimé.

Interrogé au sujet de la crise de liquidité, Ahmed El Karm a tenu à souligner que la Banque centrale se doit de faire tourner la planche à billet et de financer les crédits des banques commerciales. " La liquidité va être injectée et on sera loin de voir la crise de liquidité ressurgir ", a-t-il martelé. Plus encore, il appelle à ne pas bloquer les circuits économiques par peur de la flambée des prix. " Le coût de l'inaction sera dur à encaisser ", estime M. El Karm.

Selon lui, les vrais problèmes économiques que vit la Tunisie depuis la révolution sont d'ordre structurel. " La sphère financière en Tunisie est intacte. Les vrais soucis résident dans la sphère réelle ". Et de rappeler que la mission d'une banque commerciale est de financer l'économie et non pas l'Etat.

" Nous avons constaté une baisse vertigineuse des déclarations et intentions d'investissements depuis 2018. Et ceci trouve son explication dans les augmentations successives du taux directeur de la BCT puis que les agents économiques préféraient placer leur argent au détriment de l'investissement ", assène Ahmed El Karm qui appelle à rétablir la confiance avec les investisseurs et les porteurs de projets pour relancer l'investissement.

Dans ce même sillage, il a invité les parties prenantes dans le financement des projets à accompagner les jeunes entreprises et les aider dans leur essor. Et de conclure : " 80% des PME financées par les banques meurent après 3 ans de leur création, faute d'accompagnement. Ces PME doivent survivre dans un environnement hostile et ne doivent pas être livrées à elles-mêmes ".

Azyz MEDDEB

Publié le 17/07/2020 18:16:44

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