Selon l'Organisation mondiale du commerce, si les échanges restent pour l'heure solides, les effets des perturbations autour du détroit d'Ormuz devraient apparaître plus nettement dans les prochaines données.
Le commerce mondial des marchandises a jusqu'ici résisté à l'aggravation des tensions géopolitiques et aux incertitudes entourant les politiques commerciales.
Selon le dernier Baromètre du commerce des marchandises de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), publié le 9 septembre 2026, le dernier Baromètre du commerce des marchandises de l'OMC s'est établi à 102 points à la mi-2026, contre 101,7 points dans l'édition publiée en juin 2026. Il reste ainsi au-dessus de son niveau de référence de 100.
Cette résistance s'explique notamment par la vigueur de la demande en composants électroniques et autres produits nécessaires au développement de l'intelligence artificielle (IA). L'indice correspondant affiche la progression la plus élevée parmi les composantes du baromètre, à 104,9, confirmant le rôle croissant des investissements dans l'IA comme soutien au commerce mondial.
L'OMC souligne que cette résistance contribue à compenser une partie des effets négatifs du conflit au Moyen-Orient.
Les commandes à l'exportation restent bien orientées
Les perspectives à court terme demeurent également relativement favorables. L'indice des commandes à l'exportation, considéré par l'OMC comme un indicateur avancé de l'évolution future du commerce, a atteint 103,5, ce qui laisse entrevoir une poursuite de la croissance des échanges de marchandises dans les prochains mois.
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Le fret aérien international affiche pour sa part un indice de 102,8, tandis que le commerce des matières premières agricoles atteint 102,6. L'indice des produits automobiles s'établit également au-dessus de sa tendance, à 101,5.
Un seul indicateur passe toutefois sous le seuil de référence : celui du transport maritime par conteneurs, à 99,6. Ce recul traduit les premières difficultés rencontrées par les chaînes logistiques mondiales face aux perturbations du transport maritime et les tensions autour des routes énergétiques.
Le détroit d'Ormuz, prochain test pour les échanges
L'OMC estime par ailleurs que les conséquences des perturbations liées au détroit d'Ormuz devraient devenir davantage visibles dans les données du deuxième trimestre, une fois celles-ci disponibles.
Les chiffres du premier trimestre restent pour l'instant solides. Le volume du commerce mondial des marchandises a progressé de 1,9% sur un trimestre et de 3,2% sur un an. En valeur, les échanges ont augmenté de 2% sur un trimestre et de 11% sur un an.
Le commerce mondial se trouve ainsi pris entre deux forces contradictoires. D'un côté, l'essor des investissements dans l'IA et la demande en biens technologiques soutiennent les échanges ; de l'autre, les conflits géopolitiques, les perturbations logistiques et le risque d'une hausse durable des coûts de l'énergie pourraient peser davantage sur la dynamique au second semestre.
L'OMC doit en effet publier une mise à jour de ses prévisions commerciales en octobre 2026, qui permettra de mesurer plus précisément l'impact de ces différents facteurs.
Jihen Mkehli
Publié le 10/09/26 09:55




