Union Capital, intermédiaire en bourse, publie une note flash saluant une opération jugée " légitime sur le fond " et offrant une décote significative aux souscripteurs.
Le réassureur tunisien Tunis Re ouvre ce mardi 15 septembre 2026 la période de souscription à une augmentation de capital d'envergure, destinée à faire passer son capital social de 100 à 200 millions de dinars.
Dans une note publiée le 14 septembre, Union Capital recommande de souscrire à l'opération, estimant que le prix d'émission de 8 dinars par action offre une décote substantielle par rapport à la valeur réelle du titre.
Une opération en deux temps
L'assemblée générale extraordinaire du 24 avril 2026 a validé le principe d'un doublement du capital social par l'émission de 20 millions d'actions nouvelles. L'opération se décompose en deux volets distincts.
D'une part, une augmentation en numéraire portant sur 15 millions d'actions nouvelles proposées au prix de 8 dinars, soit 5 dinars de nominal et 3 dinars de prime d'émission, selon un ratio de trois actions nouvelles pour quatre anciennes, permettant de lever 120 millions de dinars.
D'autre part, une attribution gratuite de 5 millions d'actions supplémentaires, à raison d'une action nouvelle pour quatre anciennes, financée par prélèvement sur la prime d'émission.
Le calendrier prévoit une clôture des souscriptions le 2 octobre, suivie d'une éventuelle redistribution du reliquat entre actionnaires puis d'une offre au public fin octobre en cas de titres non souscrits.
Une entreprise en position de force, pas en difficulté
Le point central de l'argumentaire d'Union Capital tient à la nature de l'opération : il ne s'agit pas d'un renflouement, mais d'un changement d'échelle. Les fondamentaux de Tunis Re se sont nettement redressés ces dernières années.
En 2025, le résultat technique a plus que doublé pour atteindre 30,1 millions de dinars, porté par un net recul de la sinistralité, tandis que le résultat net progressait de 26 % à 27 millions de dinars.
Le ratio combiné net, indicateur clé de la rentabilité d'un assureur, est ainsi passé de 96,4 % à 89,3 % sur l'exercice, et la dynamique s'est confirmée au premier semestre 2026 avec un résultat net en hausse de près de 42 %.
La société affiche par ailleurs une solvabilité déjà confortable, avec un ratio de 158 % fin 2025. L'augmentation de capital vise donc moins à consolider une situation fragile qu'à lever une contrainte de taille qui pèse sur la notation financière de l'entreprise et sur son accès à certains marchés internationaux, où les exigences de fonds propres se sont durcies.
L'enjeu : transformer les fonds propres en rétention
Selon Union Capital, la véritable création de valeur de l'opération réside dans sa capacité à améliorer le taux de rétention de la société, c'est-à-dire la part des primes que Tunis Re conserve au lieu de les céder à ses propres réassureurs.
Ce taux, actuellement de 72 %, pourrait atteindre 79 % à l'horizon 2030 selon le business plan présenté dans le prospectus d'émission, qui table sur un chiffre d'affaires porté à plus de 405 millions de dinars et un résultat net de 59,3 millions de dinars à cette échéance.
Mécaniquement, l'opération devrait porter les capitaux propres au-delà de 400 millions de dinars et faire grimper le ratio de solvabilité à 214 %, offrant à la société une marge de manœuvre substantielle pour développer son activité de souscription.
Une décote jugée attractive
Sur le plan de la valorisation, Union Capital retient quatre approches complémentaires, actualisation des dividendes, rentabilité des fonds propres, résultat résiduel et multiples boursiers, pour aboutir à une valeur moyenne pondérée de 11,05 dinars par action après l'opération.
Le prix d'émission de 8 dinars ferait ainsi ressortir une décote d'environ 38 % par rapport à cette estimation, et de près de 21 % par rapport au cours théorique ex-droit, calculé à 10,095 dinars.
Pour les actionnaires historiques, la note souligne que les droits de souscription attachés à chaque action ancienne ont une valeur théorique de 4,095 dinars : ne pas les exercer, ni les céder en bourse, reviendrait selon Union Capital à abandonner cette valeur sans contrepartie.
Des risques à surveiller
La note n'occulte pas les zones de vigilance. L'exposition au risque de change reste le principal facteur de volatilité du compte de résultat de Tunis Re, les pertes de change ayant amputé d'environ un tiers le gain dégagé sur la sinistralité en 2025.
La réussite du plan dépend également de l'obtention d'une meilleure notation financière et du rétablissement des relations commerciales sur certains marchés étrangers, deux paramètres qui échappent en partie au contrôle direct de la société.
Un actionnariat aligné
L'actionnariat de Tunis Re, composé à plus de 54 % de compagnies d'assurances tunisiennes et à près de 26 % de banques, constitue selon Union Capital un facteur de succès pour l'opération : ces institutions sont aussi les cédantes de primes au réassureur et partagent donc un intérêt direct au renforcement de sa capacité de souscription.
Union Capital positionne finalement cette opération comme un placement destiné à un investisseur de moyen terme, dans le cadre d'un portefeuille diversifié.
Télécharger la Note de Union Capital
Omar El Oudi
Publié le 14/09/26 15:25




