La Tunisie figure parmi les pays répondant aux exigences minimales de transparence budgétaire fixées par les États-Unis. Il s'agit d'une évaluation annuelle menée par le Département d'État américain dans le cadre de sa politique d'aide extérieure.
Le Département d'État américain a publié, le 11 août 2026, son Rapport sur la transparence budgétaire (Fiscal Transparency Report) 2026, une évaluation annuelle destinée à mesurer la capacité des gouvernements à rendre publiques des informations fiables et suffisamment détaillées sur la gestion de leurs finances publiques.
Pour cette édition, Washington a examiné les pratiques budgétaires de 139 gouvernements et de l'Autorité palestinienne, sur la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2025.
Au total, 73 gouvernements remplissent les exigences minimales de transparence budgétaire, contre 67 qui ne les remplissent pas. Parmi ces derniers, 14 ont néanmoins réalisé des progrès significatifs vers le respect de ces exigences.
La Tunisie dans le groupe des pays conformes
La Tunisie figure parmi les gouvernements considérés comme conformes aux exigences américaines en matière de transparence budgétaire. Elle rejoint ainsi le groupe des pays pour lesquels Washington estime que les principales informations relatives aux finances publiques sont suffisamment accessibles et documentées.
Cette appréciation signifie que, sur la base des informations examinées pour l'année 2025, la Tunisie respecte le socle de critères retenus par Washington concernant l'accès du public aux informations budgétaires et la transparence de certains processus de gestion des ressources publiques.
▐ Lire aussi : Les investissements internationaux en Tunisie frôlent les 2 milliards de dinars au premier semestre
Le rapport américain ne constitue toutefois pas un classement des pays selon leur niveau de transparence. L'examen porte notamment sur la disponibilité publique des principaux documents budgétaires, leur exhaustivité et leur fiabilité, ainsi que sur la publication d'informations relatives aux dépenses publiques, à la dette, aux marchés publics et, dans certains cas, aux revenus issus de l'exploitation des ressources naturelles.
Plusieurs pays africains répondent aux exigences
À l'échelle africaine, plusieurs pays figurent parmi les gouvernements répondant aux exigences américaines en matière de transparence budgétaire. Il s'agit notamment du Bénin, du Botswana, du Burkina Faso, du Cap-Vert, de la Côte d'Ivoire, du Ghana, du Kenya, de Maurice, de la Mauritanie, du Maroc, de la Namibie, de l'Afrique du Sud, de l'Ouganda, du Rwanda et des Seychelles.
Au Maghreb, la Tunisie, le Maroc et la Mauritanie figurent parmi les pays considérés comme conformes aux exigences minimales établies par Washington. À l'inverse, l'Algérie et la Libye ne figurent pas dans cette catégorie pour l'édition 2026.
Le contraste est notamment marqué avec l'Algérie, pour laquelle le Département d'État relève plusieurs insuffisances en matière de transparence budgétaire. Le rapport pointe notamment la publication incomplète de certaines informations financières ainsi que le manque de données concernant certaines entreprises publiques, limitant ainsi l'accès du public à une information complète sur la gestion des ressources de l'État.
Un rapport lié à l'aide extérieure américaine
Le Fiscal Transparency Report n'est pas un classement international de la bonne gouvernance ni un indice mesurant le niveau général de transparence d'un État. Il s'agit d'un mécanisme institué par le Congrès américain, qui impose au Département d'État d'évaluer chaque année les pratiques de transparence budgétaire des gouvernements concernés par l'aide extérieure américaine.
L'objectif est notamment de déterminer si les informations permettant de comprendre la manière dont les ressources publiques sont collectées et dépensées sont suffisamment accessibles.
Pour établir ses conclusions, le Département d'État examine notamment si les principaux documents budgétaires sont accessibles au public, suffisamment complets et généralement fiables. Il s'appuie sur les informations recueillies auprès des ambassades et consulats américains, d'autres agences du gouvernement américain, d'organisations internationales ainsi que de la société civile.
Le statut attribué à un pays n'est enfin pas définitif. Le Département d'État actualise régulièrement les critères utilisés pour son évaluation. Les conclusions peuvent ainsi évoluer d'une année à l'autre en fonction des changements dans les pratiques de gestion financière, de la publication de nouvelles informations ou de l'évolution des exigences américaines.
Jihen Mkehli
Publié le 20/08/26 08:40




