Le projet, porté par Fertiglobe, spécialisé dans la production d'engrais azotés et phosphatés, prévoit la construction d'un complexe industriel d'une capacité annuelle de 1,3 million de tonnes.
Plus de 1,3 milliard d'euros d'investissement pour produire 1,3 million de tonnes d'engrais par an. Le groupe émirati ADNOC, à travers sa filiale Fertiglobe, étudie la construction d'un complexe industriel à Aïn Sokhna, en Égypte, dont la mise en service commerciale est envisagée en 2031.
Le projet a été abordé dimanche 18 octobre lors d'une rencontre entre le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Badawi, et le directeur général de Fertiglobe, Ahmed El-Hoshy.
Implanté à Aïn Sokhna, sur la rive occidentale du golfe de Suez, le futur complexe nécessiterait un investissement supérieur à 1,5 milliard de dollars, soit plus de 1,3 milliard d'euros. Il afficherait une capacité annuelle de 1,3 million de tonnes de phosphate diammonique (DAP), un engrais largement utilisé dans l'agriculture.
Les études de faisabilité encore en cours
Le projet en est toutefois au stade préliminaire. Fertiglobe finalise une étude de faisabilité avec des consultants, tandis que plusieurs conditions restent à examiner avant de déterminer les modalités de sa réalisation.
La sécurisation des approvisionnements en minerai de phosphate figure parmi les principaux enjeux. Les autorités égyptiennes ont demandé à Fertiglobe de coordonner ses travaux avec les organismes miniers du pays afin d'identifier les ressources disponibles et d'évaluer la possibilité de conclure des accords d'approvisionnement à long terme.
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Les études devront également préciser les technologies de production à retenir, les besoins énergétiques ainsi que les infrastructures nécessaires. L'entreprise examine par ailleurs les possibilités d'intégrer la production d'acide phosphorique à celle des engrais finis, en tirant parti de la disponibilité de l'ammoniac et des installations industrielles déjà présentes en Égypte.
Le Caire et la transformation locale du phosphate
Le projet s'inscrit dans la volonté de l'Égypte de tirer davantage de valeur de ses ressources naturelles. Le pays entend développer les activités industrielles en aval, plutôt que de privilégier l'exportation de matières premières peu transformées.
La stratégie vise notamment à renforcer la production d'acide phosphorique et d'engrais phosphatés, tout en soutenant les exportations et en attirant des investissements industriels. L'Égypte dispose déjà d'une base de production de phosphate et cherche à mieux articuler ses activités minières avec ses industries manufacturières.
Le projet de Fertiglobe viendrait s'ajouter à d'autres initiatives dans cette filière. En août 2026, les autorités égyptiennes ont lancé la construction d'un complexe d'acide phosphorique à Abou Tartour, évalué à 658 millions de dollars.
En avril, un partenariat entre le groupe indonésien Indorama et Phosphate Misr avait également été annoncé pour développer une unité d'engrais phosphatés d'une capacité de 600 000 tonnes par an.
Lors de leur rencontre, les deux parties ont également évoqué une éventuelle production locale d'AdBlue, une solution à base d'urée utilisée par certains véhicules pour réduire les émissions d'oxydes d'azote. Cette piste ferait elle aussi l'objet d'une évaluation technique et économique avant toute décision.
Jihen Mkehli
Publié le 26/10/26 10:08




