ilboursa arabic version ilboursa

Fitch Ratings pointe la dépendance croissante de la Tunisie au financement direct de la BCT

 

L'agence de notation Fitch Ratings a confirmé, hier mardi 8 septembre 2026, la note souveraine de la Tunisie à " B- " avec perspective stable.

Cette décision traduit un constat contrasté. En effet, en dépit d'une position extérieure du pays qui s'est améliorée, ses finances publiques restent structurellement fragiles, notamment en raison d'une dépendance croissante au soutien de la Banque centrale de Tunisie (BCT), un mécanisme dont l'agence anticipe l'extinction dès 2027.

Un recours massif et croissant à la Banque centrale

Depuis 2024, l'État tunisien s'appuie de façon inédite sur des financements directs de la BCT pour combler ses besoins budgétaires.

Selon Fitch, la Banque centrale a accordé des prêts sans intérêt de 7 milliards de dinars en 2024, puis un montant équivalent en 2025, soit respectivement 4,4 % et 4,1 % du PIB. La loi de finances 2026 prévoit d'aller plus loin encore, avec une enveloppe de 11 milliards de dinars, représentant environ 6,1 % du PIB attendu cette année-là.

 

Lire aussi : Fitch maintient la note de la Tunisie à " B- " avec perspective stable

 

Ce mécanisme a notamment permis à la Tunisie de rembourser intégralement, en juillet 2026, son unique Eurobond encore en circulation, d'un montant de 700 millions d'euros.

Une fin de cycle annoncée pour 2027

Fitch estime toutefois que ce recours au financement monétaire ne pourra pas se prolonger indéfiniment. L'agence table sur un arrêt de ce soutien de la Banque centrale dès 2027, faute d'échéances extérieures importantes à honorer cette année-là, l'argument qui avait jusqu'ici justifié l'ampleur de ces avances.

Conséquence directe : l'État devra se tourner beaucoup plus lourdement vers le marché intérieur pour se financer.

Fitch prévoit une hausse spectaculaire des emprunts nets domestiques, qui passeraient de 1,7 % du PIB en 2026 à 6,5 % en 2027. Une bascule qui, selon l'agence, risque de " mettre sous pression le secteur financier domestique ", les banques tunisiennes étant déjà fortement exposées au secteur public, celui-ci représentant environ 20 % de leurs actifs totaux.

Omar EL Oudi

 

Publié le 09/09/26 09:39

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

Y5Neeegio43X6POP51wz8Fjje6yR6OMOmlH2wuX0Z40 False