L'industrie automobile allemande a perdu 42.300 emplois en un an, ramenant ses effectifs à 691.500 salariés, leur plus bas niveau depuis 2005.
L'industrie automobile allemande traverse une crise qui dépasse désormais les difficultés de quelques constructeurs. Entre suppressions d'emplois, fermetures potentielles d'usines et perte de compétitivité, le secteur du " made in Germany " est confronté à une profonde remise en cause de son modèle industriel.
Selon l'Office fédéral des statistiques (Destatis), à la fin du premier semestre 2026, l'industrie automobile allemande ne comptait plus que 691.500 salariés, soit 42.300 de moins qu'un an auparavant, une baisse de 5,8 %. Il s'agit du niveau d'emploi le plus faible dans le secteur depuis 2005. En 2018, au moment du pic, la filière employait encore environ 841.000 personnes.
Cette dégradation intervient alors que les principaux constructeurs et équipementiers allemands multiplient les programmes d'économies. Volkswagen se trouve au cœur de cette restructuration, avec des scénarios de réduction massive des effectifs et de capacités industrielles actuellement discutés.
Volkswagen au cœur de la tourmente
Chez Volkswagen, l'ampleur du plan envisagé reflète la profondeur de la crise. La direction travaille sur une restructuration qui pourrait concerner jusqu'à 100.000 emplois à l'échelle mondiale, selon des informations révélées en juin. Le constructeur cherche notamment à réduire ses surcapacités et ses coûts de production face à la concurrence croissante des constructeurs chinois.
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Les représentants des salariés et le Land de Basse-Saxe, actionnaire important du groupe, s'opposent à une partie des propositions de la direction. Plusieurs scénarios sont discutés, dont des fermetures de sites et des réductions d'effectifs pouvant atteindre 50.000 postes supplémentaires dans certaines propositions. Le conseil de surveillance doit examiner le dossier le 4 septembre.
Selon Reuters, le scénario actuellement étudié pourrait même conduire à 70.000 suppressions de postes et à la fermeture de quatre usines, ce qui constituerait l'une des restructurations les plus importantes de l'histoire du groupe.
Les équipementiers frappés à leur tour
La crise ne se limite pas aux constructeurs. Les grands équipementiers allemands sont eux aussi contraints de réduire leurs coûts et leurs effectifs.
Bosch prévoit ainsi de supprimer 22.000 emplois dans sa division automobile, dans le cadre de sa restructuration. Le groupe estime que ces mesures doivent contribuer à améliorer la rentabilité de cette activité, alors que la production automobile allemande ralentit et que la transition vers l'électrique s'avère plus coûteuse et plus lente qu'anticipé.
Chez ZF Friedrichshafen, le plan annoncé prévoit la suppression progressive de 11.000 à 14.000 emplois en Allemagne d'ici fin 2028. Le groupe explique cette réduction par la nécessité d'adapter ses capacités à une demande automobile attendue plus faible et de rendre son réseau industriel allemand plus efficace.
BMW a également engagé un programme de réduction des effectifs et d'amélioration de l'efficacité de son organisation en Allemagne. Le constructeur a notamment conclu un accord portant sur un programme de départs volontaires pour certaines fonctions indirectes.
Un modèle industriel à réinventer
C'est la compétitivité du modèle automobile allemand qui est remise en question. Les constructeurs historiques doivent simultanément absorber le coût de la transition vers les véhicules électriques, faire face à des coûts de production élevés en Allemagne et affronter une concurrence chinoise devenue beaucoup plus agressive, notamment sur les véhicules électriques.
La Chine constitue un point particulièrement sensible pour Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz. Les constructeurs allemands y ont longtemps bénéficié d'une position dominante, mais voient désormais leurs parts de marché et leurs marges sous pression face à des marques locales capables de proposer des véhicules électriques à des prix compétitifs.
Reuters souligne notamment que les bénéfices de Volkswagen en Chine ont chuté de plus de 80 % au cours de la dernière décennie, tandis que ses marges ont été plus que divisées par deux entre 2021 et 2025.
À cette pression s'ajoutent les droits de douane américains, la faiblesse de la demande sur certains marchés et le coût de l'énergie en Allemagne.
Jihen Mkehli
Publié le 04/09/26 08:28




