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Tunisie Valeurs - Année boursière 2020 : Entre nuages et éclaircies

ISIN : TN0007790017 - Ticker : TVAL
La bourse de Tunis ouvre dans 63h3min

Dans un climat qui offre peu de visibilité, il est difficile de dresser une tendance pour 2020. Alors que l'environnement de taux élevés et le flou politico-économique nous incitent à la prudence, la résilience dont fait preuve le secteur privé depuis la Révolution et le niveau plancher des valorisations poussent les analystes de Tunisie Valeurs à un optimisme " justifié " pour l'investissement en bourse. Selon eux, les actions cotées resteront toujours un investissement attrayant même s'ils recommandent un horizon de placement plus long. Retour sur l'année boursière 2019 avant de se projeter en 2020.

L'année 2019 s'est terminée moins bien qu'elle n'avait commencé. Le marché actions a affiché un essoufflement quasi général après avoir enchaîné trois exercices consécutifs dans le vert. Les deux indices phares de la cote, le Tunindex et le Tunindex 20, ont respectivement décroché de 2,1% et de 3,7%.

Le parcours terne de la bourse de Tunis en 2019 contraste avec le bon millésime pour la plupart des grandes places financières internationales. Celles-ci ont affiché les meilleures performances depuis le choc des Subprimes, une décennie plutôt. L'indice MSCI monde qui suit les actions dans les pays développés a bondi de 24%.

Le bilan 2019 du marché Tunisien va aussi à l'encontre de la majorité des marchés frontier. L'indice MSCI Frontier Markets, auquel appartient la Tunisie, a réalisé une ascension de 13,5% grâce à la bonne performance des places Koweitiennes (une reprise de 23,7%) et Vietnamiennes (une progression de 7,7%). Seuls le Liban (une chute de 19,6%), le Bangladesh (une baisse de 17%), le Nigéria (un repli de 14,6%), la BRVM (une décrue de -7,6%) et la Jordanie (un recul de 4,9%) qui ont accusé des contreperformances plus soutenues que la bourse de Tunis.

Le parcours du Tunindex n'est nullement surprenant : assèchement des liquidités, ralentissement de la croissance économique, durcissement des conditions de financement, un paysage politique post-élections fragmenté et tractations autour de la formation du nouveau gouvernement, autant de facteurs qui ont pesé sur le moral des investisseurs et déconcerté la communauté boursière l'année écoulée.

2020 : Entre nuages et éclaircies

2019 a été une année chargée d'évènements : promulgation d'une nouvelle loi sur l'amélioration du climat d'investissement, déroulement des élections présidentielles et législatives, retrait de la Tunisie de la liste noire de GAFI, tractations autour de la formation du nouveau gouvernement et bien d'autres évènements qui ont animé les investisseurs par une large palette de sentiments. Comme ses prédécesseurs, 2020 s'annonce riche en défis. Le marché actions devrait y être tiraillé entre un contexte politique fragmenté, une situation économique mitigée, les changements annoncés dans la fiscalité et le niveau attractif des valorisations.

  • Une situation économique mitigée

Malgré le ralentissement des perspectives de croissance en 2019, les indicateurs économiques de la Tunisie affichent un certain redressement en 2019 avec la décélération de l'inflation, le repli du déficit budgétaire, la reprise graduelle du tourisme et l'amélioration relative des équilibres extérieurs reflétée dans la consolidation des réserves en devises et dans le retracement du dinar.

En 2020, le gouvernement espère réaliser une croissance de 2,7% (contre des projections de 2,4% pour le FMI) grâce à une amélioration prévue de l'activité agricole (une bonne récolte d'huile d'olive en vue) et à la reprise des industries non manufacturières (augmentation de la production du phosphate et entrée en exploitation du champ Nawara et Halk El Menzel). Le redressement des perspectives du tourisme et le rebond attendu des exportations qui découlera d'une bonne saison agricole et de la réduction du déficit énergétique (de 30% grâce à l'entrée en production du champ Nawara) devraient continuer à soutenir les réserves en devises.

Par ailleurs, le resserrement du déficit budgétaire favorisera une poursuite de la décélération des prix et permettra d'écarter encore une fois le spectre d'une crise de la dette souveraine. En somme, le desserrement progressif des contraintes économiques donnera plus de flexibilité au policy-mix et contribuera à restaurer graduellement le moral des investisseurs.

  • Où va le dinar ?

Depuis mars 2019, le marché des changes a fonctionné dans des conditions relativement apaisées qui ont permis au dinar de gagner en résilience, s'appréciant de 8% face à l'euro et de 7% par rapport à la devise américaine (en 2019).

Certes, le parcours du dinar en 2019 est partiellement tributaire de facteurs temporaires comme les recettes de la privatisation du groupe Zitouna. L'offre de devises émanant des agents économiques (que ce soit spéculative ou non) est limitée et les financements extérieurs de la dette souveraine, du déficit commercial ou des agents financiers ne sont pas infinis. Notre premier partenaire, la Zone Euro, pâtit d'une croissance léthargique. Nos exportations et notre tissu industriel n'ont pas retrouvé leur forme et le déficit commercial a atteint des sommets (17,8 milliards de dinars à fin Novembre 2019).

Cependant, il y a des facteurs qui prêtent à l'optimisme sur la poursuite de cette réconciliation avec la monnaie nationale. La poursuite du redressement du tourisme, les bonnes récoltes de dattes et d'huile d'olives en vue et l'allègement de la facture énergétique (-30% en 2020 selon les estimations du gouvernement) qui découlerait de l'entrée en production des champs Nawara (gaz naturel) et Halk El Menzel (pétrole) sont autant des facteurs qui soutiendront le dinar.

Ne tenant pas comptes des variables exogènes à notre économie (qui ont trait au marché de change international), tous les arguments cités plus haut renforcent la thèse d'une fluctuation plus maitrisée et d'un " intervalle de confiance " plus réduit pour le dinar par rapport aux années passées qui ont vu des évolutions deux chiffres pour la monnaie nationale.

Sur le long terme, nous continuerons à défendre que la maitrise du déficit commercial reste la clé de voûte d'une confiance retrouvée dans le dinar. Cet objectif ne peut passer que par une mobilisation nationale pour extirper le bassin minier de l'immobilisme et pour soutenir la compétitivité de nos exportations et par une reprise des investissements, étrangers principalement.

Quelle stratégie d'investissement en 2020 ?

En 2020, les sociétés cotées devraient composer avec un environnement socio-politique similaire à 2019. Cette situation continuera à mettre à rude épreuve la trésorerie des entreprises et les orientant vers une gestion plus rigoureuse des ressources pour juguler l'inflation et vers l'export pour échapper à la morosité ambiante. Quant aux banques, elles seront amenées à être plus sélectives pour minimiser le coût du risque. Ce faisant, la qualité du management, la solidité des fondamentaux et le faible profil de risque restent notre ligne de conduite dans ce climat imprévisible. Nous prônons une stratégie sélective qui favorise les sociétés au faible levier financier, celles qui affichent une bonne maitrise du cœur de métier, une croissance récurrente et des niveaux de marges confortables, à même d'absorber les coûts prohibitifs de la dette et des importations.

L'horizon de placement est également un facteur non négligeable dans notre stratégie d'investissement. Pour déjouer la morosité actuelle du marché et profiter d'un bon retour sur investissement, nous recommandons un horizon de placement relativement long, d'au moins deux ans. Nous mettons également les investisseurs en garde contre les mouvements moutonniers et les vagues vendeuses " injustifiées " sur certaines valeurs.

Télécharger la Rétrospective 2019 et les perspectives 2020 du marché actions

Publié le 29/01/2020 16:38:44

2 COMMENTAIRES SUR CET ARTICLE
elinoja


29/01/20 17:28
La dernière phrase a bien résumé le marché tunisien !! Bravo

Nous mettons également les investisseurs en garde contre les mouvements moutonniers et les vagues vendeuses " injustifiées " sur certaines valeurs.
ANALYSE


29/01/20 17:39
oh oui tgh et autre
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