Tunisair vient de rendre publics ses indicateurs d'activité trimestriels pour le deuxième trimestre et l'ensemble du premier semestre 2026. L'analyse détaillée de ces chiffres révèle que la compagnie nationale fait preuve d'un redressement opérationnel, tout en essuyant de plein fouet des contraintes financières externes particulièrement sévères.

Au terme des six premiers mois de l'année 2026, Tunisair a transporté 1.196.899 passagers, contre 1.155.997 durant la même période en 2025, soit une progression globale de 3,5%.
Les revenus du transport de passagers suivent cette même tendance ascendante, atteignant 724,7 millions de dinars (MD), contre 708,8 MD un an plus tôt (+2,2%), maintenant une recette moyenne stable autour de 605 dinars par passager.
Cette performance globale reflète également un renforcement de sa position concurrentielle. En effet, la part de marché de Tunisair s'est établie à 22,3% sur l'ensemble du premier semestre (contre 21,8% au premier semestre 2025), et à 20,5% sur le seul deuxième trimestre.
Crise du Golfe et envolée du kérosène
Si le premier trimestre avait donné une impulsion très favorable, le deuxième trimestre 2026 (avril-juin) a traversé une zone de turbulences. Le nombre de passagers s'est rétracté de 1% sur le trimestre à 656 248 clients, contre 660 802 au premier semestre 2025), directement consécutif au déclenchement du conflit armé dans la région du Golfe qui a perturbé le trafic aérien international.
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Sur le plan financier, le choc le plus violent provient de la facture énergétique. Les dépenses en carburant ont bondi de +93% (164 MD contre 85 MD à fin juin 2025), tirant la facture pétrolière semestrielle à 242 MD (+46,7%).
Cette hausse vertigineuse s'explique par la conjonction de la flambée du pétrole Brent et d'un écart exceptionnel (crack spread) entre le cours du brut et celui du Jet A-1.
Gains d'efficacité opérationnelle et ponctualité en hausse
C'est sur le plan opérationnel que le transporteur national enregistre ses progrès les plus spectaculaires. En s'appuyant sur une flotte exploitée constante de 19 appareils (dont 7 en propriété, 3 en leasing financier et 9 en location longue durée), Tunisair a optimisé l'usage de ses propres moyens.
L'utilisation quotidienne de la flotte est passée de 7,50 heures/jour par avion à 9,42 heures/jour. Cette montée en puissance a permis à Tunisair d'augmenter son nombre d'heures de vol sur ses propres appareils de +10,5% au semestre (+16% au second trimestre), réduisant drastiquement le recours aux affrètements extérieurs coûteux (-46,5% sur le semestre).
Signe d'une qualité de service en redressement net, le taux de ponctualité de la flotte (retards inférieurs à 15 minutes) s'est hissé à 47% sur le semestre, marquant un bond remarquable à 54% durant le deuxième trimestre, contre 39% un an plutôt.
La politique de rationalisation des coûts de fonctionnement porte également ses fruits. Ainsi, les effectifs ont été ramenés à 2 465 employés au 30 juin 2026, contre 2 721 un an plus tôt, soit une baisse de 9,4%.
Les loyers d'avions ont baissé de 7,7% sur le semestre (84 MD), tandis que les charges d'entretien et de réparation ont été fortement engagées (60 MD contre 15 MD au premier semestre 2025) pour garantir la disponibilité et la fiabilité technique de la flotte.
Au niveau du bilan, les liquidités de la compagnie s'établissent à 153 MD au 30 juin 2026, en très net renforcement par rapport aux 90 MD affichés un an auparavant (+70%).
Néanmoins, l'endettement global s'est alourdi à 728 MD (+22,5%), sous l'effet du tirage de nouveaux crédits bancaires fin 2025 et début 2026 destinés à financer le programme d'entretien et le besoin en fonds de roulement.
Omar EL Oudi
Publié le 17/08/26 13:41




