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Qui est le Tunisien Brahim Soua, l'homme fort au sein du Groupe Alstom ?

Le Tunisien Brahim Soua est l'homme qui a, entre autres, dirigé la filiale d'Alstom au Maroc et qui a contribué au premier projet de grande vitesse ferroviaire sur le continent africain. Baptisé Al Boraq, ce nouveau train marocain a été inauguré en grande pompe par le Roi du Maroc Mohammed VI et le Président français Emmanuel Macron.

Né à Gafsa où il a effectué toutes ses études primaire et secondaire, Brahim Soua est fier d'être le produit de l'enseignement public tunisien. Le baccalauréat en poche, l'Etat tunisien lui attribue une bourse pour faire ses classes préparatoires aux Grandes Ecoles d'Ingénieurs en France. Il intègre l'Ecole Nationale Supérieure d'Arts et Métiers, ParisTech, puis il effectuera une thèse de Doctorat à l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées sur "l'Etude de l'usure et de l'endommagement du Roulement ferroviaire". Un sujet de thèse qui lui a valu une intégration immédiate au sein d'Alstom, constructeur ferroviaire français et acteur incontournable des Transports dans le monde.

"J'ai toujours eu le goût du challenge depuis le début de ma carrière, l'entreprise m'a souvent offert la possibilité de travailler sur des projets d'importance stratégique. Cela me plaît car j'aime relever les défis", a déclaré Brahim Soua à ilBoursa. A Alstom, où il a effectué toute sa carrière depuis 21 ans, Brahim Soua multiplie les projets ferroviaires et bat des records internationaux.

Challenger dans l'âme, il commence à gravir très rapidement les échelons à Alstom. Il débute en tant que responsable technique pour le Train Acela aux Etats-Unis. Pour la réalisation de ce projet, il passera deux ans entre le Colorado, Philadelphie et la France pour la qualification et la préparation à la mise en circulation service commercial de ce train reliant Boston, New York et Washington à 250 km/h, le train le plus rapide aux Etats-Unis. En 2007, il participera au programme d'Excellence Ferroviaire française lancé par Alstom, la SNCF (Société nationale des chemins de fer français) et le RFF (Réseau ferré de France) pour battre le record du monde de train sur rails (574.8 km/h le 03 Avril 2007). Il est également fier d'avoir participé au record d'Afrique des trains sur rails (357km/h le 04 Mai 2018 au Maroc).

Brahim Soua a également exercé la fonction de Vice-Président des équipements à Alstom avec à sa charge plusieurs usines basées en Europe. En application à la stratégie de l'entreprise, il avait alors lancé plusieurs unités importantes de production d'équipements basés dans plusieurs pays.

Au Maroc, où il a occupé le poste de Directeur Général d'Alstom Maroc dès début 2016, il a signé pour plus de 200 millions d'euros de contrats avec à la clé les projets d'extensions des Tramways de Rabat et de Casablanca, ainsi qu'un projet de locomotives. Brahim Soua a également contribué à la définition et au déploiement de la stratégie de localisation permettant de dynamiser l'écosystème ferroviaire au Maroc.  C'est durant cette période qu'il commence à travailler sur le projet du TGV Al Boraq. "L'entité d'Alstom au Maroc avait en charge la réception du matériel (fabriqué à l'usine de la Rochelle) et le montage final au dépôt à Tanger. S'en est suivi deux années de validation et de certification de ce matériel. Tout ce travail a été bouclé en juin 2018 pour l'inauguration d'Al Boraq le 15 novembre 2018", a-t-il précisé.

Sa mission au Maroc s'est achevée, Brahim Soua est de retour à Paris où il occupe désormais le poste de Vice-Président de la Plateforme des Trains Régionaux d'Alstom. Sur son expérience au Maroc, Brahim Soua a déclaré à Ilboursa "J'ai beaucoup apprécié cette première expérience dans un pays maghrébin. J'ai rencontré des gens compétents, motivés et positifs, avec le souci permanent de servir le développement du Maroc ».   

Un TGV en Tunisie, un projet plausible ?

Interrogé sur la possibilité d'un projet similaire en Tunisie, Brahim Soua a répondu que l'expression de besoins revient aux autorités en charge au pays. Dans l'hypothèse où un besoin d'une ligne à Grande vitesse est identifié, et considéré stratégique pour le pays, suivront les étapes classiques de sécurisation de financement et d'exécution. 

Concernant les projets réalisés par Alstom en Tunisie, Brahim Soua a rappelé que l'entreprise française est très présente depuis plusieurs années en Tunisie, et notamment lors de la mise en service commerciale des métros légers Citadis à Tunis.

Al Boraq, une expérience unique en Afrique

Le programme LGV a été lancé en 2007 par S.M. Le Roi Mohammed VI et l'ex-président français Nicolas Sarkozy. Le coût total du projet LGV s'élève à 2 Milliards d'Euros, financé à hauteur de 51% par l'État français, 500 Millions d'Euros de financement national marocain, et le complément est apporté par les fonds Saoudien, Koweitien, d'Abu Dhabi, ainsi que le fond arabe pour le développement économique et social.

Inaugurée le 15 Novembre 2018 dans une ambiance de fête, la nouvelle ligne Tanger-Casablanca est d'une longueur de 350km (dont 200 km de ligne à grande vitesse permettant de rouler à 320 km/h) et reliera les deux régions les plus dynamiques du Royaume en 2h10 au lieu de 4h45 auparavant. Une avancée significative qui a eu pour incidence la modernisation des gares classiques marocaines et a poussé à la construction de gares nouvelles générations à la fois esthétiques et fonctionnelles à Tanger, Kenitra, Rabat et Casablanca. Les mots d'ordre étant fluidité, mobilité durable, accessibilité et intermodalité. L'impact de ce projet sur le développement local des villes, l'urbanisme et l'aménagement du territoire est d'ailleurs déjà perceptible.

Khawla Hamed

Publié le 30/11/2018 15:44:37

1 COMMENTAIRE SUR CET ARTICLE
Mouhandes


30/11/18 13:55
"notamment lors de la mise en service commerciale des métros légers Citadis à Tunis"
il a encore le culot de parler de ce scandale retentissant des Trabelsi ?
http://nawaat.org/portail/2014/10/10/corruption-les-proces-dalstom-et-de-snc-lavalin-remettent-le-clan-ben-ali-trabelsi-a-lordre-du-jour/
Voyant Alstom, représentée par Mr Soua, encore se vanter de ce scandale et se la péter d'avoir volé l'argent des tunisiens, laisse penser qu'on n'a pas encore tourné cette page de malversation et de corruption soutenue diplomatiquement par la France dans ses anciennes colonies. ِCela peut encore marcher au maroc oui mais ne doit pas passer en Tunisie
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