La Libye renoue avec des niveaux de production pétrolière élevés et remet au premier plan ses ambitions énergétiques, entre retour progressif sur les marchés et volonté de redevenir un fournisseur clé de l'Europe.

La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a annoncé avoir atteint, en 2025, son niveau moyen de production de pétrole brut le plus élevé depuis dix ans.
Dans un communiqué, la compagnie publique précise que l'année 2025 a enregistré les meilleurs niveaux de production de la dernière décennie, avec une moyenne de 1,374 million de barils par jour.
Sur l'ensemble de l'année, la production totale de pétrole brut s'est ainsi élevée à 501 millions de barils, un volume record depuis le milieu des années 2010.
La NOC attribue ces performances à la mise en œuvre progressive de sa stratégie de relance des capacités de production. " Ces résultats témoignent du succès des efforts déployés pour augmenter les cadences, grâce à l'engagement des équipes sur les différents champs et installations de production ", souligne l'entreprise.
La Libye disposerait de l'une des plus importantes réserves de gaz naturel de la région. Les réserves conventionnelles sont estimées à environ 70 billions de pieds cubes, tandis que les ressources non conventionnelles, d'après les évaluations de l'Agence internationale de l'énergie, dépasseraient 129 billions de pieds cubes, avec un potentiel pouvant atteindre 200 billions de pieds cubes.
Un potentiel freiné par l'instabilité et le sous-investissement
Selon le ministre libyen du Pétrole et du Gaz, la Libye est aujourd'hui considérée comme le marché le plus proche et le plus prometteur pour l'approvisionnement énergétique de l'Europe, grâce à sa proximité géographique, à ses vastes réserves et à ses infrastructures d'exportation.
Parmi elles, le gazoduc Greenstream, qui relie la Libye à l'Italie via la Sicile, constitue un lien stratégique direct vers le marché européen ; cependant, il fonctionne actuellement à moins de 20 % de sa capacité annuelle, bien en deçà de son potentiel théorique d'environ 8 à 10 milliards de mètres cubes par an.
Ce faible taux d'utilisation n'est pas qu'un détail technique. Il traduit les effets de l'instabilité politique, des défis opérationnels et du manque d'investissements dans la modernisation des installations gazières libyennes. En conséquence, les flux de gaz vers l'Italie, seul client européen du pays, restent très bas, parfois à des niveaux historiquement faibles, alors même que l'Europe cherche à diversifier ses sources d'énergie depuis la réduction des approvisionnements russes.
Sur le plan pétrolier, la Libye cherche parallèlement à renforcer rapidement sa production après des années de perturbations. En 2025, l'objectif moyen atteint avoisine environ 1,38 million de barils par jour, un niveau record depuis une décennie. Le gouvernement et la NOC a annoncé une feuille de route visant à porter cette production à 1,6 million de barils par jour d'ici 2026, avec des projets de modernisation des champs existants et la remise en service de sites longtemps hors ligne.
Jihen Mkehli
Publié le 02/01/26 10:03




