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Mohamed Hammami, CEO de Sobflous : «Il est impératif de faciliter l’accès du paiement international aux Tunisiens»

Le paiement en ligne a été boudé depuis fort longtemps en Tunisie. Mais ces dernières années, le digital a commencé à prendre le dessus. Et les choses se sont vite accélérées depuis la crise sanitaire du Coronavirus. Et ce ne sera pas Mohamed Hammami, fondateur de la solution Sobflous, qui viendra à l'encontre de ces faits. Il revient dans cette interview accordée à IlBoursa sur sa solution et les perspectives de l'essor du paiement électronique.

Ingénieur en télécommunication et ayant travaillé sur des plateformes en ligne depuis quelques temps, Mohamed Hammami a décidé en 2011 de créer une plateforme facilitant le paiement en ligne pour les Tunisiens. " En 2011 j'ai commencé tout seul à mettre en place une solution de recharge téléphonique. Les utilisateurs peuvent créer un portefeuille en ligne qui servira à recharger leurs lignes téléphoniques ", a-t-il lancé.

Mais dès lors, le fondateur de Sobflous avait seulement le statut de marchand. Lentement mais sûrement, l'équipe s'est développée et la boite avait repris du poil de la bête. " Au départ j'étais seul puis on est devenu une communauté avec des partenaires. J'ai surtout travaillé entièrement sur la solution et me suis concentré sur ce projet. J'étais sûr qu'on arrivera un jour à réaliser le projet de porte-monnaie virtuel en Tunisie. Le terme porte-monnaie virtuel n'existait même pas ", souligne le CEO de Sobflous

Sa technologie veut que le compte ne soit lié à aucune carte. Il ne s'agit pas d'un porte-monnaie électronique mais d'un porte-monnaie virtuel. " On peut citer PayPal, Skrill dans le monde, ce sont des solutions qui ressemblent à des porte-monnaie virtuels ", a-t-il ajouté. Et de rassurer que Sobflous ne dépend d'aucune entité et qu'on peut l'utiliser pour plusieurs opérations. Il s'agit en gros d'une couche supérieure aux banques et aux établissements financiers en Tunisie qui permet de faciliter la communication entre les clients.

Décashing dites-vous ?

Un terme qu'on ne cesse d'entendre depuis quelques années. Le décashing a suscité un énorme débat mais le CEO de Sobflous avait indiqué que l'effort déployé par les autorités n'était pas extraordinaire. " Il est vrai que tout le monde préfère payer en cash. Il n'y avait pas de réglementation ni de solutions. La Tunisie était vierge en solutions de paiement digital et c'est toujours le cas actuellement ", a regretté Mohamed Hammami.

Il est vrai néanmoins que Sobflous a été destiné aux porteurs de cartes bancaires. " On incitait les gens à aller aux banques pour avoir une carte afin de pouvoir bénéficier des services sobflous ", ajoute le CEO. Et de marteler : " Sobflous a toujours fait des efforts pour aider l'État dans le processus du décashing. C'est une locomotive pour les autres solutions ".

Pour lui, c'était une évidence d'aller vers la digitalisation du paiement. C'était un but et un objectif et la persévérance ne lui manquait pas. " Jusque-là on attend toujours l'approbation de la banque centrale mais ça ne va pas tarder à venir. On a travaillé avec des partenaires étrangers et nous avons de l'expérience en ce terrain ", assène Mohamed Hammami.

Des contraintes de taille

Les bâtons dans les roues, ça connait tout entrepreneur innovant en Tunisie. " On a essayé de mettre en place des solutions de paiement en Tunisie avec les coupons d'achat internationaux mais la banque centrale nous a bloqués pour ces projets ", a soutenu le CEO de Sobflous. Et d'ajouter : " Nous sommes un établissement de paiement et cela a toujours été clair. Au départ nous avons eu beaucoup de problèmes, même si nous avions le label de startup. Nous étions déclarés comme marchand revendeurs de cartes de recharge téléphonique. D'ailleurs, le compte wallet était seulement destiné à la recharge téléphonique ".

Quand bien même les contraintes réglementaires, Sobflous a montré de la résilience et n'hésite pas à essayer de lancer de nouveaux services. " L'arrivée de la carte technologique a un petit peu libéré les contraintes. Et maintenant, nous visons l'international " a-t-il confié.

Il est question de réaliser le rêve des jeunes tunisiens : payer en ligne. Aujourd'hui, pour Mohamed Hammami, on est plus proche de la réalité en Tunisie. " C'est un travail énorme qui a été déployé au sein de Sobflous pour arriver à avoir le titre d'établissement de paiement. Nous avons énormément de clients et de Freelancers " a-t-il avancé.

Avec le partenariat avec la Poste Tunisienne où tous les clients peuvent ajouter leur carte à leur compte virtuel conjugué à la solution déployée en 2020, notamment l'ajout des cartes bancaires, un Tunisien lambda pourra payer avec des codes virtuels sans avoir à confier les données bancaires à chaque achat en ligne. Ces codes seront enregistrés aux services monétiques et bancaires. " On doit notre succès à nos solutions de sécurité, la vérification de l'identité des clients et la protection continue de leurs données ", affirme Mohamed Hammami.

Une ambition inarrêtable

Pour le fondateur de Sobflous, l'objectif est clair : franchir la barre d'un million de clients inscrits, offrir aux Tunisiens la possibilité de payer depuis chez eux et avoir un écosystème pour les jeunes entrepreneurs. " Nous pouvons aider les Freelancers et les étudiants dans leurs vies quotidiennes. Nous allons aussi mettre en place le paiement international avec la carte internationale très prochainement et nous avons eu l'accord d'une banque pour ce faire ", a-t-il rassuré. Surtout que la moyenne d'âge des inscrits sur Sobflous est à 70% entre 18-35 ans, à 20% entre 35-45 ans.

J'espère que Sobflous ne sera pas le dernier porte-monnaie virtuel en Tunisie. Il faut que la concurrence s'active dans ce secteur et que les partenariats solides se multiplient ", a-t-il conclu.

Propos recueillis par Azyz MEDDEB

Publié le 28/05/2020 11:53:14

1 COMMENTAIRE SUR CET ARTICLE
Faraon


16/07/20 17:03
pourquoi pas encore de PayPal, alors qu'il est déjà présent au Maroc ??
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