En juin 2026, une seule startup tunisienne a réussi à lever des fonds, pour un montant de 100.000 dollars, dans un écosystème régional des startups largement concentré autour de trois marchés dominants.

L'activité d'investissement dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) a marqué un net ralentissement en juin 2026. Selon les données mensuelles compilées par la plateforme Wamda, les startups de la région ont levé 148,2 millions de dollars au cours du mois, à travers 41 opérations.
Ce montant traduit une baisse de 76 % par rapport à mai 2026. Cependant, sur un an, les financements restent en forte progression, avec une hausse de 190 % par rapport à juin 2025.
Selon Wamda, l'essentiel du recul observé en juin s'explique par un effet de base et par la nature des opérations enregistrées sur les deux derniers mois. En excluant les financements par emprunt, l'écart entre mai et juin se réduit à environ 15 %, ce qui atténue nettement l'ampleur du ralentissement.
Surtout, le nombre de transactions a, lui, progressé, passant de 33 opérations en mai à 41 en juin, un indicateur qui suggère une activité plus diversifiée, malgré des montants plus faibles par deal.
" Le recul mensuel semble important au premier abord. Cependant, si l'on exclut les financements par emprunt sur les deux mois, l'écart se réduit nettement, ce qui laisse penser que l'écosystème se remet progressivement des turbulences régionales ayant pesé sur l'activité d'investissement au premier semestre ", analyse Wamda.
Une activité quasi inexistante en Tunisie
Le mois de juin a également été marqué par une recomposition des flux de capitaux au sein de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, tant sur le plan géographique que sectoriel, bouleversant quelque peu le classement habituel des écosystèmes les plus attractifs.
Les Émirats arabes unis conservent leur position de premier marché de la région, avec 12 startups ayant levé un total de 93,8 millions de dollars. L'Égypte s'impose à la deuxième place des marchés les plus financés de la région MENA, avec huit startups ayant levé 41,4 millions de dollars.
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À l'inverse, l'Arabie saoudite, habituellement l'un des deux principaux moteurs de la région, recule nettement à la troisième position, avec cinq startups ayant levé 5,7 millions de dollars, un niveau relativement faible au regard de son poids habituel dans le paysage régional.
Le Maroc signe un retour dans le classement après un mois de mai sans aucune opération enregistrée. Il se hisse à la quatrième place, porté par une seule transaction : la levée de 5 millions de dollars par la startup proptech Agenz.
Enfin, la Tunisie n'a enregistré qu'une seule opération en juin, une levée de 100.000 dollars, soit le montant le plus faible de la région sur le mois.
Un marché dominé par les phases early-stage
En ce qui concerne la répartition sectorielle, l'intelligence artificielle appliquée aux entreprises s'est imposée comme le principal pôle d'attraction des capitaux en juin. Le segment ne compte pourtant que deux startups financées, mais celles-ci ont levé à elles seules 76 millions de dollars.
La fintech conserve, pour le deuxième mois consécutif, sa place de deuxième secteur le plus financé. Elle reste également le plus actif en nombre d'opérations, avec 13 startups ayant levé un total de 43,5 millions de dollars.
La regtech suit avec 15,2 millions de dollars levés à travers trois opérations, tandis que les startups proptech ont attiré 7 millions de dollars, répartis sur trois tours de table.
Parallèlement, le mois de juin n'a enregistré aucun tour de table de capital de second rang (late-stage), les financements se concentrant quasi exclusivement sur les phases early-stage et sur le financement par emprunt. Dans le même temps, 14 startups n'ont pas communiqué leur stade de financement.
Sur le plan des modèles économiques, les startups B2B dominent largement, avec 96,3 millions de dollars levés à travers 27 opérations. Les modèles B2C restent plus modestes, avec moins de 50 millions de dollars répartis sur 11 transactions, tandis que le reste des capitaux a été dirigé vers des modèles hybrides combinant plusieurs segments de clientèle.
Jihen Mkehli
Publié le 07/07/26 08:40




