Les exportations de GNL d'Algérie chutent en 2025 à un niveau historique, concentrées quasi exclusivement sur l'Europe.
En Algérie, les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) ont chuté en 2025 à leur niveau le plus bas depuis deux décennies.
Selon des données officielles, les volumes exportés ont atteint 9,54 millions de tonnes, contre 11,62 millions en 2024 et 13,45 millions en 2023.
Ce recul annuel de près de 18 %, soit une perte de 2,08 millions de tonnes, ramène la performance du pays sous le seuil critique atteint en 2020, année de la pandémie de Covid-19, où les exportations s'étaient maintenues à 10,6 millions de tonnes.
Tout au long de 2025, les expéditions trimestrielles n'ont jamais dépassé la barre des 2,63 millions de tonnes. Le premier trimestre s'est ouvert avec seulement 2,23 millions de tonnes, enregistrant une baisse record de 750 000 tonnes par rapport à la même période en 2024.
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Le troisième trimestre a touché un plancher historique avec 2,14 millions de tonnes, avant de clore l'année avec 2,62 millions de tonnes au quatrième trimestre, ce qui a limité l'écart avec l'année précédente à 140 000 tonnes.
La consommation intérieure freinent les exportations
Sur le plan géographique, l'Europe reste la destination quasi exclusive du gaz naturel liquéfié (GNL) algérien, absorbant près de 96 à 97 % des cargaisons exportées, en raison de sa proximité et de l'intégration des infrastructures énergétiques entre les deux rives de la Méditerranée.
La Turquie conserve sa place de premier client, avec environ 3,14 millions de tonnes importées, malgré une baisse estimée à près de 910 000 tonnes par rapport à 2024. En deuxième position figure la France, qui a reçu 2,31 millions de tonnes de GNL algérien, mais qui enregistre la plus forte contraction absolue des volumes, d'environ un million de tonnes sur un an.
À l'inverse, l'Italie se distingue par une progression, avec une hausse d'environ 230 000 tonnes, portant ses importations à 1,62 million de tonnes, tandis que l'Espagne continue d'importer de manière significative (1,44 million de tonnes) et que le Royaume‑Uni affiche une progression notable, avec un gain d'environ 250 000 tonnes.
Il est à noter que plusieurs facteurs expliquent ce recul des volumes exportés. D'une part, des opérations de maintenance répétées sur les installations de liquéfaction, en particulier au complexe de Arzew/Bethioua, ont réduit les capacités opérationnelles disponibles.
Ces travaux, destinés à moderniser et fiabiliser les trains de liquéfaction du GNL, cœur de la capacité exportatrice algérienne, ont temporairement ralenti la production et limité le nombre de cargaisons disponibles pour l'exportation.
D'autre part, la consommation nationale de gaz en Algérie a continué de croître, absorbant une part plus importante de la production de gaz. Le pays dépend presque exclusivement du gaz pour sa production d'électricité (près de 99 %), ce qui renforce la pression sur les volumes disponibles pour l'exportation, surtout en période de forte demande intérieure.
Jihen Mkehli
Publié le 22/01/26 10:14




