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Le rapport mondial de la CSI révèle des violations systématiques des droits des travailleurs en Tunisie

L'indice de la Confédération Syndicale Internationale des Droits (CSI) a examiné 144 pays afin de recenser les violations des droits collectifs du travail internationalement reconnus, infligés par les gouvernements ou par des employeurs. En 2020, la Tunisie stagne dans la quatrième catégorie, celle des pays dans lesquels il y a des " Violations systématiques des droits ". Il sied de noter que l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) est le seul membre tunisien de la CSI.

La CSI répertorie des informations sur les violations des droits collectifs au travail en s'appuyant sur des conventions et sur la jurisprudence de l'Organisation Internationale du Travail (OIT). Ainsi, la méthodologie se base, en particulier, sur la liberté syndicale, le droit à la négociation collective et le droit de grève.

Les pays sont classés dans des catégories en fonction de leur respect des droits collectifs au travail. Il en existe cinq, de 1 (la meilleure note) à 5+ (la pire note qu'un pays puisse obtenir). " Le classement d'un pays dans une catégorie élevée signifie que sa main-d'œuvre ne peut s'exprimer collectivement parce que le gouvernement ne parvient pas à garantir les droits ", indique le rapport.

Les droits des travailleurs sont-ils snobés en Tunisie ?

La Tunisie se trouve dans la quatrième catégorie, celle des " Violations systématiques des droits ". Elle se retrouve au côté de 18 pays africains à l'image de la Côte d'Ivoire, la République Démocratique du Congo et de l'Éthiopie. Dans la quatrième catégorie de l'indice de la CSI, se trouvent également trois États de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA), à savoir la Jordanie, le Liban et le Qatar.

Les travailleurs et les travailleuses des pays classés dans cette catégorie ont signalé des violations systématiques des droits. " Les pouvoirs publics et, ou les entreprises  s'efforcent vigoureusement de faire taire la voix collective de la main-d'œuvre, menaçant constamment les droits fondamentaux ". En revanche, les États-Unis sont aussi considérés comme étant un pays où les violations des droits des travailleurs et des travailleuses sont systématiques.

Les régions et les pays les plus menaçants pour les droits des travailleurs ?

La région MENA est la pire zone au monde pour les travailleurs et les travailleuses en obtenant un score de 4.44. La CSI indique que " dans 50% des pays de la région MENA, les employés ont subi des attaques violentes ". L'Asie-Pacifique est la deuxième région la plus dangereuse pour la main d'œuvre avec une note de 4.09. Elle est suivie par l'Afrique (3.77), le continent américain (3.48) et l'Europe (2.49).

Les dix pires pays pour les travailleurs sont le Bangladesh, le Brésil, la Colombie, l'Égypte, le Honduras, l'Inde, le Kazakhstan, les Philippines, la Turquie et le Zimbabwe. L'absence inédite de l'Arabie Saoudite de cette nomenclature s'explique par " les changements législatifs qui ont eu lieu d'avril 2019 à mars 2020 " et qui sont actuellement promulgués et appliqués.

Les pays dans lesquels les droits des travailleurs et des travailleuses sont le plus respectés sont l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Finlande, l'Irlande, l'Islande, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, la Slovaquie, la Suède et l'Uruguay. Les huit pays figurent dans la première catégorie, celle rapportant des " Violations sporadiques des droits ". En revanche, le pays des droits de l'Homme, la France, se situe dans la seconde catégorie qui regroupe les " Violations réitérées des droits ".

Mariem Ben Yahia

Publié le 07/04/2021 14:10:05

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