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Le copinage et les connexions politiques, caractéristiques distinctives du secteur privé tunisien

ISIN : TN0009050014 - Ticker : PX1
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Environ 28% des entreprises formelles déclarent avoir un lien politique en Tunisie, selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur " Le paysage de l'emploi " dans le pays. L'institution alerte sur " une caractéristique distinctive du paysage du secteur privé tunisien " en se référant aux " copinage et connexions politiques ".

La part des entreprises concernées est plus élevée que la moyenne de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) et dépasse également la moyenne affichée par les pays à revenu intermédiaire.

La Banque mondiale affirme que " les entreprises connectées ont abusé des réglementations d'entrée pour leur propre bénéfice " et met en avant le constat suivant : " elles sont plus susceptibles d'éviter les droits et taxes d'importation ". Elles restent, par ailleurs, privilégiées pour l'accès à des financements externes par rapport aux entreprises d'autres régions du monde.

Malgré les inégalités de traitement, les microentreprises dominent le secteur privé. En 2019, sur plus de 780 mille entreprises enregistrées auprès de l'administration fiscale, environ 87% étaient des entreprises unipersonnelles, c'est-à-dire des travailleurs à leur compte ou des unités de microproduction sans employés officiels.

L'étude de la Banque mondiale indique, en outre, que les microentreprises représentent près de 50% du total des emplois, contre 25% pour les moyennes et grandes entreprises. Ainsi, les petites entreprises constituent 22,3% de l'intégralité des emplois alors que les microentreprises contribuent à hauteur de 45,8% du total des emplois. Autrement dit, près d'un travailleur sur deux est employé dans des entreprises de moins de 10 travailleurs.

La croissance atone des entreprises et de l'emploi en Tunisie résulterait " du manque de rivalité et de concurrence sur les marchés de produits ". En effet, même si les taux d'entrée et de sortie sont élevés, ils " n'indiquent pas nécessairement un dynamisme du marché ".

Par ailleurs, l'institution de Bretton Woods met en avant un certain nombre d'indicateurs permettant de saisir les distorsions induites par la présence de l'État sur les marchés de produits. La Banque mondiale fait référence " à la portée et la gouvernance des entreprises d'État, les marchés publics, l'implication du gouvernement dans les opérations commerciales ", notamment par le contrôle des prix. Les freins à la concurrence se matérialisent également en des lacunes juridiques et réglementaires qui ne garantissent pas la neutralité concurrentielle, " essentielle pour mettre sur un pied d'égalité les entreprises d'État et leurs homologues du secteur privé ".

En effet, les entreprises publiques oeuvrant dans des secteurs commerciaux impètrent un soutien dont ne peuvent pas profiter les concurrents du secteur privé et d'un financement garanti par l'État.

Les données regroupées par la Banque mondiale mettent en relief " une présence significative " des entreprises d'État. Au moins une entreprise d'État est présente dans 40 des 44 secteurs et sous-secteurs, soit un total de 195, " même dans les secteurs où la justification économique de cette présence n'est pas claire ".

Mariem Ben Yahia

Publié le 08/12/22 09:17

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